Formations en ostéopathie et chiropratique : de nouveaux agréments pour 2012-2013


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Plusieurs textes législatifs publiés au Journal Officiel laissent présager un remue-ménage dans les formations des ostéopathes et des chiropracteurs.
Un premier décret, daté du 19 septembre 2011, a annoncé la prorogation et le renouvellement des agréments des établissements de formation en ostéopathie pour 2011-2012. Et ce « dans l’attente d’une possible modification du régime d’agrément applicable à compter de la rentrée 2012-2013 ». 

Agréments tous azimuts

Pour bien comprendre l’enjeu, il faut se remettre dans le contexte. En septembre 2007, les premiers agréments accordés par le ministère de la Santé à une poignée d’écoles provoquent un tollé général. Malgré des avis négatifs de la commission d’agrément, le ministère, dépassé, agrée tous azimuts. Les critères utilisés seraient trop flous, pas assez exigeants ni conformes aux besoins de la profession selon les syndicats. Résultat : environ 2.500 jeunes obtiennent le titre d’ostéopathe (indispensable pour exercer) chaque année. On recense aujourd’hui 14.000 ostéopathes en France, contre à peine 4.000 en Angleterre pour une population équivalente, d'après le SFDO (Syndicat français des ostéopathes). 

Une remise à plat attendue

Aujourd’hui, les premiers agréments donnés aux écoles d'ostéopathie arrivent à leur terme. L’occasion pour le ministère de procéder à une remise à plat après l’année scolaire en cours. « Cette année va donner le temps de restructurer la formation, telle qu’elle aurait dû l’être dès le départ », indique Roger Caporossi, vice-président du SNESO (Syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie) , par ailleurs directeur général de l’ESO (École supérieure d’ostéopathie de Paris-Marne-la-Vallée) .

Ostéopathes et chiropracteurs s’inspirent mutuellement

Les chiropracteurs entrent alors en jeu… Plusieurs textes officiels relatifs à leur formation et à l'agrément des écoles de chiropratique sont publiés au Journal Officiel en septembre 2011 . Une première pour la profession. « Les chiropracteurs se sont servis de toute la chienlit span style="font-weight: bold;">qui a entouré la procédure d’agrément des écoles d’ostéopathie et des conclusions du rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), jamais rendu public, pour construire une formation structurée dès le départ. À présent, nous allons nous-mêmes nous servir de ce travail pour restructurer la nôtre », déclare Roger Caporossi.

3520 heures de formation minimum

Les chiropracteurs ont choisi d’emblée des critères les plus exigeants possibles pour déterminer la base de cet agrément à durée indéterminée. Un arrêté impose ainsi une durée de formation minimale de 3520 heures (contre 2660 heures pour les ostéopathes). « On espérait une durée d’études plus longue. On demandait l’équivalent de 6 ans au lieu de 4 pour s’aligner sur les normes internationales. Les négociations étaient proches d’aboutir mais ont probablement échoué pour des raisons liées à l’organisation des soins et à la crainte de certains lobbys. Il n’est jamais simple d’innover, de bousculer les habitudes et préjugés », explique Thierry Kuster, directeur de l’IFEC (Institut franco-européen de chiropratique) d’Ivry , qui propose une formation initiale à temps plein.
Autre exemple de conditions à remplir : un décret impose une superficie minimale des locaux de 4m² par élève dévolus spécifiquement à la formation de la chiropratique ou encore un nombre minimal d’enseignants permanents. « Si on applique la même rigueur aux écoles d’ostéopathie, il n’en restera plus que 7 ou 8 agréées », selon Roger Caporossi, vice-président du SNESO (Syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie).

L’IFEC, unique école de chiropratique

Ce cadrage devrait éviter la dérive de la multiplication des écoles agréées. « Il ne faut pas que l’aspect « business » puisse s’insérer là où il n’a pas sa place. En matière d’éducation chiropratique, l’élément central est et doit rester la qualité », avance Thierry Kuster. Pour l’heure, l’IFEC d’Ivry reste, avec son antenne toulousaine, la seule école de chiropratique en France. L’établissement dispose d’un an pour déposer sa demande d’agrément. « Ce sera fait avant. Normalement, nous avons tous les critères requis », assure son directeur. Il ne reste plus qu’à découvrir les textes sur le contenu de la formation qui devraient être bientôt publiés.

Ostéopathe et chiropracteur : quelle différence ?

Ostéopathe et chiropracteur sont deux professions de santé manuelles reconnues en France la même année, en 2002. Le chiropracteur s’intéresse « au diagnostic, au traitement, et à la prévention des troubles du système neuro-musculo-squelettique ainsi qu’aux effets de ces désordres sur le fonctionnement du système nerveux et sur l’état de santé général de l’individu », selon les textes officiels. Il axe davantage ses soins sur le squelette, en particulier de la colonne vertébrale, que sur les tissus mous comparé à l’ostéopathe.  


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