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Grand emprunt : il y a une vie après l’IDEX


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Labo IDEX
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Que deviennent les projets des premiers perdants de l’Initiative d'excellence, à l’heure où les 9 derniers candidats déposent leur dossier pour l’IDEX 2, le 8 décembre 2011 ? Pour Lille, Montpellier, l’UEB-Unam, le PRES Paris-Est, Bourgogne Franche-Comté, et Nanterre, le couperet est en effet tombé début novembre : recalés. Les porteurs de projet interrogés n'affichent pas de découragement : ils comptent bien profiter de cette dynamique pour avancer.

L'IDEX : une grande défaite ? Pour Pierre Mathiot, directeur de l'IEP lillois, le débat est clos. "Nous avons décidé de ne pas épiloguer. Rien ne sert de rejouer le match, on ne parle plus d’IDEX."

"Nous avons une âme de combattant intacte"

Pas d’amertume cependant, chez les candidats malheureux aux deux vagues de sélection de l’Initiative d’excellence [IDEX 1 et 2]. Lille, Montpellier, l’UEB-Unam [Université européenne de Bretagne - Université Nantes Angers Le Mans], Bourgogne Franche-Comté et Paris-Est assurent tous que cette non-qualification n’a pas mis fin aux dynamiques enclenchées par cette brique du Grand emprunt.


"On tape du pied et on rebondit !"

"On tape du pied et on rebondit !", prévient Sophie Béjean , présidente de l’université de Bourgogne et du PRES Bourgogne Franche-Comté. "Nous avons une âme de combattant intacte", confirme Bernard Saint-Girons, à la tête du PRES Paris-Est. "Il y a une vie après l’IDEX !", sourit Patrice Quinton, directeur du campus rennais de l’ENS Cachan, membre du projet UEB-UNAM.

Fusions et rapprochements d'établissements : ça continue

Quelle vie ? "Nous enchaînons les réunions et le projet d’Université de Lille avance", se réjouit le directeur de Sciences po Lille. Université fédérale et fusion restent d’actualité respectivement pour le projet de Bourgogne Franche-Comté et celui de Montpellier.

"Cet échec collectif nous a fait prendre conscience qu'il fallait aller au-delà de la seule fusion de nos deux universités [Montpellier 1 et Montpellier 2]"


"Notre projet d’université fédérale [entre les universités de Bourgogne, de Franche-Comté, et les écoles Agrosup Dijon et ENSMM à Besançon] existait avant les Investissements d’avenir. Nous le portons d’abord pour nous", précise Sophie Béjean.

Pour Philippe Augé , président de l’université Montpellier 1 et à la tête du PRES, il s’agit même d’aller désormais plus loin. "Cet échec collectif nous a fait prendre conscience qu'il fallait aller au-delà de la seule fusion de nos deux universités [Montpellier 1 et Montpellier 2]."

L'Ouest persiste dans un modèle en réseau

Effet inverse pour le projet de l’Ouest (UEB-UNAM), qui persévère lui dans son choix d’un modèle différent : en réseau. "S’il existait quelques doutes sur la nécessité de travailler ensemble entre nos deux régions [Bretagne et Pays de la Loire], ils sont définitivement levés, note Yves Lecointe , président de l’université de Nantes. Nous n’allons pas laisser retomber le soufflé : avec ou sans l’aide de l’Etat, nous continuons."

Un travail qui ne sera pas perdu, affirme également le président du PRES Paris-Est, Bernard Saint-Girons . "Nous allons le valoriser dans le cadre du contrat quinquennal, pour construire une offre de formation commune, notamment en économie-gestion entre l’UPEC et l’université de Marne-la-Vallée, qui sont désormais dans la même vague contractuelle."

Des projets ralentis

Même si tous comptent poursuivre leur projet d’IDEX sans le label, l’absence de financement ne sera pas sans conséquence. "L’IDEX nous aurait permis d’aller plus vite. Il est plus facile de constituer une Université autour de projets, ce qui nécessite évidemment des moyens", note Philippe Rollet , président de l'université Lille1.

"L’IDEX nous aurait permis d’aller plus vite"

"Cela nous oblige aussi à nous fixer des priorités", observe Bernard Saint-Girons. Un avantage tout de même : "Nous serons en tout cas moins contraint", ajoute Yves Lecointe.

Vers une troisième mi-temps ?

Et l'hypothèse d'une troisième vague de sélection IDEX ? Le ministère assure que cette question ne se pose pas encore, la réponse dépendant du nombre de projets sélectionnés en février 2012. Les candidats non-qualifiés aux deux premières vagues ne se préparent d’ailleurs pas à cet hypothétique nouveau round.

"S’il y a une opération « pansement », tant mieux, mais quoi qu’il arrive, on poursuit notre chemin", indique Pierre Mathiot, directeur de l’IEP lillois. "Nous comptons sur un accompagnement de l’Etat pour ce projet, que ce soit par une troisième vague ou autre", précise Philippe Rollet, président de l’université Lille 1.

Un sentiment partagé par les autres regroupements, qui comptent bien faire reconnaître leur excellence à eux.

Lire aussi : Universités perdantes à l'IDEX : "On s'y attendait un peu"

Les candidats encore dans la course pour l'IDEX

Ils sont 9 à redéposer un dossier pour l'Initiative d'excellence le 8 décembre 2011.
Quatre ont  été pré-sélectionnés en première vague :
- Sorbonne Universités
- Toulouse
- Lyon - Saint-Etienne
- Grenoble

Cinq ont été pré-sélectionnés en seconde vague :
- Sorbonne Paris Cité
- Aix-Marseille
- Lorraine
- Saclay
- Hésam

Sur les blogs EducPros

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