Newsletter

L'université Stendhal Grenoble 3 refuse de voter son budget 2014

Camille Stromboni
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Université Grenoble 3 Stendhal © Université Stendhal
Université Grenoble 3 Stendhal © Université Stendhal

Le conseil d'administration de l'université Stendhal Grenoble 3 a refusé d'adopter le budget 2014, vendredi 13 décembre 2013, s'élevant dans une motion contre "une situation budgétaire critique induite par un désengagement de l'Etat, comme dans la plupart des établissements".

L'établissement n'est pas en crise financière et pourtant... "Il s'agit de rappeler à l'Etat nos difficultés et sa responsabilité", souligne Lise Dumasy, présidente de l'université Grenoble 3. Son conseil d'administration a voté contre le budget présenté vendredi 13 décembre 2013 et adopté une motion s'opposant au "désengagement de l'Etat" vis-à-vis des universités.

L'établissement ne connait pas de déficit, contrairement à une vingtaine d'établissements, et dispose encore d'un fonds de roulement confortable, il n'empêche. "Si nous ne sommes pas en déficit, c'est en raison d'une gestion extrêmement rigoureuse, souligne la présidente. Nous sommes totalement contraints, nous avons déjà tout comprimé mais ce n'est plus acceptable. Nos personnels sont en tension permanente, nous ne pouvons plus développer nos projets, les conditions d'études ne cessent de se dégrader. Nous ne savons même pas comment nous allons pouvoir mettre en place les 1.500 heures en licence à la rentrée 2014..."

Le modèle d'allocation des moyens en question

Que se passera-t-il par la suite ? Le budget sera présenté de nouveau à la mi-janvier 2014 devant le conseil d'administration. Pour les premières semaines de la nouvelle année, les crédits sont débloqués à 80% à titre provisoire. Si le budget est de nouveau rejeté, il reviendra sous la houlette du recteur, qui se substituera à l'établissement.

"Pour la bonne gestion de l'université, je préfèrerais bien sûr que le budget soit voté. Mais je ne sais pas ce que le conseil décidera.Cela dépendra aussi de la réponse de l'Etat, et des perspectives de changement", explique Lise Dumasy. Dans la motion adoptée par le conseil sont en effet demandés la sécurisation de la masse salariale et la remise à niveau du financement de l'université, "sous-dotée en raison de l'iniquité du sytème Sympa [d'allocation des moyens aux établissements]".

"Nous avons besoin d'un modèle plus juste pour les arts, les lettres, les langues, les sciences humaines, insiste Lise Dumasy. Nos étudiants ne peuvent continuer à compter pour quatre fois moins que ceux d'IUT."

Un budget rejeté à Lyon 2
Le conseil d'administration de l'université Lyon 2, fortement sous tension depuis plusieurs semaines, a également voté contre le budget, avec une majorité très serrée (13 voix pour, 14 contre, 1 vote blanc), vendredi 13 décembre 2013.

Certains établissements ont de leur côté annulé et/ou reporté la réunion de leur conseil d'administration autour du budget; comme l'université du Maine ou celle de Lorraine.

A l'université de Versailles-Saint-Quentin, qui risquait d'être en cessation de paiement en décembre 2013 sans un appui supplémentaire de l'Etat, le conseil d'administration budgétaire "a été annulé et repoussé en janvier, grâce à l'action des étudiants et des personnels", assure la section Unef de l'UVSQ.

Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires