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Écoles d'art : l'Andea appelle à une réforme statutaire des enseignants

Mersiha Nezic
Publié le
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Le DN MADE, réforme nécessaire mais compliquée
L'Andea milite pour la fin de la différenciation des enseignants en école d'art. // ©  DR
Les uns sont agents de la fonction publique d’État, les autres fonctionnaires territoriaux. Les enseignants des écoles d’art publiques, appuyés par l'Andea, attendent depuis des années une réforme statutaire.

Ils accomplissent des missions identiques, mais leurs statuts sont dissymétriques. Il y a, d'une part, les enseignants qui exercent dans les écoles dites "nationales", dépendant directement du ministère de la Culture, qui sont agents de la fonction publique d’État (Ensad Paris, Ensa Nice, Bourges ou Limoges), et, d'autre part, leurs collègues enseignant dans les écoles estampillées EPCC (Établissements publics de coopération culturelle), dites "territoriales", qui sont, eux, agents de la fonction territoriale. Une situation alambiquée pour laquelle l’Andea (Association nationale des écoles supérieures d'art et design publiques) appelle, depuis plusieurs années, à une réforme statutaire permettant un alignement.

"En 2002, il y a eu une différenciation des statuts, explique Loïc Horellou, professeur à la Haute école des arts de Strasbourg et co-président de l’Andea. Les professeurs en écoles nationales ont vu leurs missions précisées. Par ailleurs, ils ont bénéficié d’une progression de carrière plus rapide et mieux rémunérée." De leur côté, la moitié des professeurs en écoles territoriales sont contractuels, donc non titulaires, et la raréfaction des concours fait qu’ils sont également titularisés tardivement.

Sur un pied d'égalité

Plus problématique, les enseignants des écoles territoriales n’ont pas de statut spécifique à des missions d’enseignement supérieur. "Il est régulièrement signalé que les écoles pourraient ne pas être en mesure d’attribuer des diplômes valant grades universitaires, alors que la qualité des enseignements est reconnue par le Hceres (Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), indique Loïc Horellou. Cela pourrait remettre en cause toute l’organisation pédagogique de ces écoles suite à la réforme LMD".

De plus, les professeurs territoriaux d'enseignement artistique assurent un service hebdomadaire à temps complet de seize heures d’enseignement. Alors que le temps de travail des enseignants des écoles nationales est, quant à lui, annualisé, avec une obligation annuelle de service d'enseignement fixée à 448 heures par an.

"Ces statuts différents n’aident pas à créer une circulation des professeurs entre établissements des deux fonctions publiques", déplore Loïc Horellou. C'est pourquoi, l’Andea souhaite "un réajustement ambitieux pour toutes les écoles, au bénéfice de tous les enseignants et tous les étudiants, qui soit porteur d’un réel projet d’enseignement supérieur de l’art et du design sur l’ensemble du territoire, et préservant la singularité de ce réseau assez unique".


Mersiha Nezic | Publié le

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