La région Île-de-France s’engage pour l’enseignement artistique professionnel


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Les troisièmes cycles à vocation professionnelle (musique, danse, théâtre) des conservatoires publics pourront être financés par la région Île-de-France. Une initiative déjà en cours dans le Nord et en Poitou-Charentes.

Le CESER (Conseil économique, social, et environnemental régional) de la région Île-de-France a voté, le 16 juin 2011, en faveur du financement des troisièmes cycles à vocation professionnelle des conservatoires publics où sont enseignés la musique, la danse et le théâtre. Une proposition de Patrick Aracil, membre du CESER. L’auteur d’un rapport (1) très complet sur l’enseignement artistique en Île-de-France a expliqué combien l’enseignement artistique a un rôle crucial dans le développement à la fois de la région et des individus.

Jusqu’à présent, la région ne finançait que la rénovation des bâtiments


Il existe aujourd’hui en Île-de-France 7 CRR (conservatoires à rayonnement régional), 23 CRD (conservatoires à rayonnement départemental) et 132 CRC (conservatoires à rayonnement communal ou intercommunal). On y enseigne principalement la musique (85 % des effectifs), dans une moindre mesure le théâtre (12 %) et la danse (2 %). La région ne finançait jusqu’à présent que la rénovation des bâtiments.

Sous tutelle du ministère de la Culture, les enseignements artistiques y sont organisés en cycles : un cycle d’initiation de un à trois ans qui débute à l’âge de 6-7 ans, un premier cycle de trois à cinq ans, puis un deuxième cycle d’égale durée. Au niveau lycée, les élèves optent soit pour un troisième cycle professionnel de deux à quatre ans, soit pour un cycle amateur de deux à quatre ans également.

C’est ce seul troisième cycle à vocation professionnelle que la région Île-de-France a décidé de financer


Les effectifs du troisième cycle à orientation professionnelle comptaient, en 2006-2007, 3.100 élèves dans les 7 CRR et 23 CRD. Le coût moyen d’un élève du conservatoire était évalué par le DEPS (service statistique du ministère de la Culture) à 2.694 € en 2008. Le coût d’un élève de troisième cycle n’a cependant pas été calculé. En effet, la totalité des élèves de troisième cycle ne terminent pas leur cursus. On relève 36 % d’abandon en première année de troisième cycle. Compte tenu de sa compétence sur les lycées, le CESER d’Île-de-France s’est prononcé sur le financement de ce seul troisième cycle, mais n’a pas encore fixé de montant précis.

Des partenariats de plus en plus fréquents avec les universités parisiennes


Le nombre d’élèves de troisième cycle pourrait augmenter à l’avenir. « Les conservatoires ont tendance à empiéter sur l’enseignement supérieur, et proposent de plus en plus d’enseignement de type professionnel », constate Patrick Aracil.

Ainsi, le conservatoire à rayonnement régional de Boulogne-Billancourt s’est uni avec le CRR de Paris et l’École supérieure d’art dramatique de la Ville de Paris (ESAD). Le PSPBB (Pôle supérieur d'enseignement artistique Paris-Boulogne-Billancourt) dispense aujourd’hui une formation de premier cycle d’enseignement supérieur en musique et en art dramatique en partenariat avec les universités Paris-Sorbonne et Sorbonne-Nouvelle-Paris 3. À l’est de Paris, le conservatoire régional d’Aubervilliers-La Courneuve (93) s’est associé en 2009 à l’université de Paris 8, au CEFEDEM d’Île-de-France et au CFMI-Université de Paris-Sud 11 pour former le Pôle sup 93. Ce qui lui permet de délivrer le DNSPM (diplôme national supérieur professionnel de musicien), à l’instar des CNSMD (conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse) de Paris et de Lyon, ainsi que la licence « Arts, mention musique » délivrée par l’université Paris 8.

Ainsi, si aujourd’hui l’enseignement professionnel est essentiellement dispensé dans les CNSMD de Paris et de Lyon, à l’avenir les autres conservatoires, surtout s’ils sont financés par la région, pourraient développer leur offre destinée aux futurs professionnels. « Ce qui serait une bonne chose pour les élèves car souvent ils n’ont d’autre choix que de s’inscrire dans une école privée, aux frais de scolarité très élevés et à la qualité d’enseignement inégale », conclut Patrick Aracil.

Lire le rapport « Les enseignements spécialisés de la musique, de la danse et du théâtre en Île-de-France : affirmer une gouvernance régionale » .


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