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La poursuite d'études des bacheliers pro et techno de nouveau en question

Laura Taillandier
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Les conclusions de la concertation sur les filières courtes et professionnalisantes sont attendues pour la mi-décembre 2018.
Les conclusions de la concertation sur les filières courtes et professionnalisantes sont attendues pour la mi-décembre 2018. // ©  ©Nicolas TAVERNIER/REA
Une nouvelle concertation s'ouvre au ministère de l'Enseignement supérieur. Découlant des débats sur le Plan étudiants, ces discussions doivent permettre de proposer des filières courtes plus adaptées à la réussite des bacheliers technologiques et professionnels. Et le retour des concepts de diplôme en un an et de DUT en trois ans.

Proposer de nouvelles formations aux bacheliers professionnels et technologiques dans le supérieur : c'est un des objectifs de la concertation lancée jeudi 18 octobre 2018 par le ministère de l'Enseignement supérieur. L'accès de ces étudiants à la licence étant devenu plus difficile depuis la mise en place de la réforme de l'entrée à l'université, celui des BTS et IUT compliqué avec l'afflux des bacheliers généraux… il faut donc "imaginer des filières courtes professionnalisantes qui répondent aux aspirations des bacheliers professionnels et technologiques et qui puissent répondre aux attentes du marché du travail", résume Frédérique Vidal dans une interview au "Figaro Etudiant".

Vers des formations diplômantes ?

Lancée il y a plus d'un an par le Premier ministre, Édouard Philippe, au moment de l'élaboration de la loi ORE, la création de "diplômes de qualification à bac+1" pourrait donc être concrétisée. Ce sujet avait alors occupé une bonne partie des débats avant d'être abandonné au profit d'une augmentation des places en BTS et la mise en place de parcours adaptés à l'université.

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L'idée reste la même : s'inspirer des formations complémentaires d’intérêt local. "Ce sont des cursus qui sont à la fois théoriques et pratiques, avec notamment beaucoup de stages. Sur cette base, nous pouvons travailler et faire en sorte qu’elles puissent s’insérer dans des parcours de formation ou d’insertion professionnelle", précise la ministre. Parmi les filières évoquées : le numérique, le secteur social, l’aéronautique… L'objectif de la concertation serait d'aboutir à une formation diplômante ou du moins donnant lieu à des crédits ECTS.

Faire évoluer le DUT

Une autre réflexion, déjà engagée par le ministère, devrait également occuper les débats : celle de la transformation des DUT en trois ans, avec 180 ECTS. "Toutes les pistes doivent pouvoir être examinées, qu’il s’agisse de faire évoluer les DUT et d’aller vers des formations en trois ans, de questionner la licence professionnelle et son articulation au reste du dispositif, ou de mieux reconnaître les formations innovantes qui voient le jour dans notre enseignement supérieur", a ainsi exposé la ministre en ouverture de la concertation. Une question qui pose aussi celle du positionnement des BTS, situés dans les lycées et donc jugés trop cloisonnés, mais aussi celle de ses contenus d'enseignement pour permettre une meilleure réussite des bacheliers professionnels dans ces formations.

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Plus largement, ce groupe de travail coprésidé par François Germinet, le vice-président formation de la CPU, et Rodolphe Dalle, le président de l'Association des directeurs d'IUT, et regroupant représentants des partenaires sociaux et des grandes conférences doit permettre de répondre à une série d'interrogations sur les formations courtes diplômantes. Comment s’assurer que les diplômes actuels offrent une insertion professionnelle de qualité à bac+2 ou bac+3 ? Comment favoriser le dialogue entre les formations professionnalisantes ? Comment créer des passerelles et des équipes pédagogiques mixtes entre formations professionnalisantes ?

Une discussion ouverte

"Il n'y a pas de solution préétablie. Nous sommes prêts à tout entendre", assure le ministère. Une méthode satisfaisante le Sgen-CFDT, qui pointe certains points de vigilance : "Si l'on nous dit qu'il faut développer l'alternance à l'université, mais que l'on réserve cette option aux étudiants en difficulté, nous ne serons pas d'accord. De même, si l'on part sur un DUT en 180 ECTS, il faut débattre du public accueilli et de la concurrence avec la licence", illustre Franck Loureiro, co-secrétaire général du syndicat. Pour sa part, le Snesup-FSU est lui "perplexe". "On ne voit pas trop sur quoi cette énième concertation peut aboutir à part à un bouleversement total de la licence. Le nouveau cadre réglementaire permet déjà de faire beaucoup de choses", souligne Pierre Chantelot, secrétaire national du syndicat.

Les premières réponses devraient arriver rapidement, la conclusion de la concertation étant attendue pour la mi-décembre, au terme de six réunions de travail. Certains sites pourraient proposer de nouvelles formations dès la prochaine rentrée selon la ministre. "Nous sommes dans le bon timing puisque l’inscription des formations sur la plate-forme se déroule avant la mi-janvier", relève-t-elle. Les changements de plus grande ampleur, notamment dans les IUT, ne devraient pas voir le jour a minima avant la rentrée 2020.


Laura Taillandier | Publié le

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