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Bientôt des DUT en trois ans ?

Laura Taillandier
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IUT de l'université Paris Descartes - mai 2014
Le passage des DUT de deux à trois ans devrait être effectif à la rentrée 2019. // ©  Isabelle Dautresme
Le ministère de l'Enseignement supérieur ouvre une réflexion sur un allongement du DUT de deux à trois ans qui conférerait le grade de licence. Une réforme qui pourrait voir le jour pour la rentrée 2019.

Un DUT en trois ans pour la rentrée 2019 ? La "réflexion est engagée avec les directeurs des IUT" pour allonger les études d'une année, annonce Frédérique Vidal, dans les colonnes de l'Est républicain, le 16 novembre 2017. "Nous travaillons avec les IUT en vue d’accroître les formations qui favorisent l’alternance, avec des modules plus professionnalisants. L’apprentissage dans le supérieur est déjà considéré comme une voie d’excellence, c’est une voie à fortifier", souligne la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. 

Le principe de cette évolution qui permettrait au DUT d'avoir le grade de licence est déjà validé par l'ADIUT (Assemblée des directeurs d'IUT), qui s'est réunie le 10 novembre. "Ensemble, les directeurs d’IUT se sont prononcés favorablement à l’évolution d’un DUT en 180 ECTS. Cette première étape initie une réflexion portée par l’ensemble du réseau des IUT et dont les premiers éléments de structure seront débattus début décembre", expose l'ADIUT dans un communiqué. 

Se positionner face à la licence professionnelle

"Cette discussion que nous démarrons avec le ministère est issue de la concertation sociale sur le premier cycle dans la mesure où la licence professionnelle va être amenée à être repositionnée sur une durée allant d'un à trois ans", relate Rodolphe Dalle, le président de l'ADIUT. D'autres éléments aiguillent l'assemblée vers cette voie comme le taux d'insertion professionnelle à bac + 3 et le fait que 90 % des étudiants poursuivent leurs études après un DUT. "L'intérêt que nous y voyons aussi est de favoriser les passerelles entre les IUT et les formations du premier cycle universitaire dans les deux sens. Un étudiant de licence générale qui finalement s'est trompé de voie pourrait rejoindre nos cursus", ajoute Rodolphe Dalle. 

Le calendrier de la réforme n'est pas encore arrêté mais la mise en place pourrait être effective au plus tôt à la rentrée 2019 au regard des modifications qu'elle nécessite. "Nous allons devoir revoir de fond en comble nos programmes pédagogiques conjointement avec les partenaires sociaux en y introduisant des éléments de valeur ajoutée sur la question de l'ouverture à l'international et des soft skills par exemple", précise le président de l'ADIUT. L'occasion également de mieux prendre en compte les besoins des bacheliers technologiques. "Lorsque ces filières ont été rénovées, nous avons modifié nos programmes en simultané mais sans réelle visibilité des besoins et des manques des élèves." 

Cette réflexion sur un DUT en trois ans s'ouvre alors qu'une expérimentation de parcours technologiques de grade licence (PTLG) s'est engagée à la rentrée dans 46 des 113 IUT. "Si l'objectif sur l'employabilité à bac + 3 est identique, ce n'est pas la même chose et n'aura pas vocation à se poursuivre si la réforme aboutit. Avec le DUT en trois ans, nous serons sur un séquençage en six semestres et non en deux années d'IUT plus une en licence professionnelle. Ce qui va nous permettre de tester de nouvelles modalités d'alternance", commente Rodolphe Dalle. Dans les IUT qui testent des PTLG, l'heure est actuellement à l'identification des candidatures. Une réunion d'étape est prévue le 1er décembre. Une expérimentation dont la durée de vie est suspendue à la réforme du DUT en trois ans. 


Laura Taillandier | Publié le

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Georges.

Vouloir envoyer en iut des élèves moins bons, c'est le rêve des directeurs d'ufr qui sont jaloux du succès de ces formations plébiscitées par les jeunes et par leurs familles. Au lieu de cela, il faudrait écouter cette demande de formations qui permettent à la fois une insertion professionnelle et une poursuite d'études longues. Et créer des places en nombre dans les iut, ce qui aurait pour effet de réguler naturellement les flux et augmenterait l'insertion professionnelle en rendant les iut moins sélectifs. Mais on est en France, on aime rabaisser l'enseignement professionnel, c'est une culture...

Esther.

Est-il vraiment prioritaire de réformer les iut, qui fonctionnent plutôt bien, alors que la priorité serait plutôt les premières années à l'université?

Jp.

Les départements d'iut sont très différents,notamment secondaire tertiaire, il faudrait prendre en compte cette différence car la réforme va surtout servir les départements tertiaires.

Arno.

Evitons de bloquer les jeunes des villes moyennes qui n'ont pas les moyens d'aller dans de plus grandes au début de leurs études. Eux aussi ont droit de poursuivre des études longues et les iut sont pour eux la seule solution.

bruno t.

Ayant enseigné plus de 35 ans en iut, (dans 3 départements différents), à la retraite depuis 3 ans, je déplore la prolongation des études à 3 ans. Des études courtes et denses, bien reconnues par les professions, convenaient très bien à la majorité des étudiants. Quand on s'inscrit à l'iut, pour un dut en deux ans, on voit le bout du tunnel ; c'est motivant. Et en pratique souvent après ces deux ans l'étudiant peut choisir de travailler (indispensable pour certains, pour des raisons économiques, nécessité de gagner sa vie, ou un ras-le-bol des études et une envie de se confronter à la vie "active"). Je crains que le sel de l'iut ne s'affadisse fortement avec ce passage à 3 ans.

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