Pôle universitaire Léonard de Vinci : 120 millions d’euros pour son nouveau plan stratégique

Malika Butzbach
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Le campus initial du PULV, à la Défense.
Le campus initial du PULV, à la Défense. // ©  Gilles Rolle/REA
Nouveau campus, croissance des effectifs étudiants, diversification de l’offre de formation et intensification de l’enseignement commodal… L’équipe de direction du Pôle universitaire Léonard de Vinci présente son plan stratégique et les objectifs à horizon 2027.

Huit ans après sa prise de fonction en tant que directeur général de l’Association Léonard de Vinci, Pascal Brouaye présente le plan stratégique du Pôle universitaire ce 19 octobre 2021. "Nous visons une croissance quantitative et qualitative afin de devenir un établissement de référence", explique-t-il, estimant qu’il est temps "d’ouvrir un nouveau chapitre".

Cependant, "ce plan reste dans la même logique que ce que nous avons développé ces dernières années", précise Sébastien Tran, directeur adjoint de l’association et à la tête de l’école de management Léonard de Vinci (EMLV).

Estimé à 120 millions d’euros, il prévoit notamment l’augmentation du nombre d’étudiants, passant de 8.750 actuellement, à 12.000 en 2027. Interrogé sur le financement, Pascal Brouaye estime que "le système économique du Pôle est excédentaire, ce qui nous permet d’investir. S’ils vont augmenter avec l’inflation, les frais d’inscription n’ont pas vocation à financer notre développement".

Diversifier une offre de formation commodale

L’un des axes du plan stratégique du Pôle universitaire Léonard de Vinci (PULV) est la diversification et l’internationalisation de l’offre de formation. "Cela passe par de nouveaux doubles diplômes et la création de nouveaux programmes, notamment sur les métiers émergents", indique le directeur en citant le cas de la cybersécurité.

Pour l’Institut Léonard de Vinci, qui propose des programmes de formation continue, "cela se traduit par le doublement des MBA spécialisés, notamment en sécurité intérieure et en communication et gestion de crise", souligne Thierry Recolle, directeur du développement des programmes au sein du Pôle.

Hors de question d’opposer les cours en présentiel et en distanciel. La crise a renforcé l’ambition du PULV, déjà en avance sur l’équipement numérique, à mettre en place un enseignement commodal. "Le curseur entre le distanciel et le présentiel dépend de la formation et de son public, commente Pascal Brouaye. Mais la qualité du cours reste la même." Cette intensification du numérique passe par la mise en place d’outils : la plateforme De Vinci Online Education, commune à l’EMLV, l’ESILV et l’IIM.

Par ailleurs, le Pôle se penche sur l’usage des données pour mieux suivre les étudiants. "L’idée est de s’en servir pour améliorer la réussite étudiante, précise Nelly Rouyrès, directrice générale adjointe de l’association Léonard de Vinci. Par exemple pour voir quels sont les facteurs de réussite ou d’échec afin de savoir comment et à quel moment les aider au mieux. Dans le cadre de la réforme du bac, les données nous permettrons aussi d’affiner notre recrutement en prenant en compte les enseignements de spécialités par rapport à la formation."

Trois nouveaux campus à Nantes et à La Défense

Poursuivant l’objectif de se développer en Île-de-France et ailleurs, le PULV ouvrira trois nouveaux campus. À la place du site initial, toujours à la Défense (92), deux nouveaux campus verront le jour. Le premier campus, de l’Arche, qui ouvrira dès 2022, accueillera l’IIM et l’ILV, tandis que le campus du Parc, avec les autres écoles membres, est prévu pour 2025.

De son côté, l’école supérieure d'ingénieurs Léonard de Vinci (ESILV) annonce l’ouverture d’un campus à Nantes (44) dès septembre 2022. "L’objectif est d’accueillir 500 étudiants pour 2027, explique Pascal Pinot, à la tête de l’établissement. Il s’agit pour nous de consolider l’existant à Paris : la formation sera identique sur les deux sites avec environ 25% des cours off line qui seront suivis en même temps sur les deux campus."

Adapter la formation et la recherche aux besoins de la société

En réponse à l’un des enjeux pour l’enseignement supérieur, prendre en compte les besoins de la société, l’un des axes du plan stratégique de PULV est de créer "une tech pour un futur durable". Du côté de la formation, cela se concrétise par le développement d’enseignements majeurs sur la santé, la biotech ou encore l’alimentation. "Avec une forte culture scientifique, précise Pascal Brouaye. La pandémie nous a montré à quel point cette culture est importante dans le débat."

Il s’agit aussi d’instaurer des "nudges" ("coups de pouce", technique visant à changer les comportements des individus, NDLR) dans les cours sur les questions de la responsabilité sociétale des entreprises et du développement durable, complète Sébastien Tran. "Pour l’EMLV, l’objectif est que 50% des cours de business intègrent ces questions."

Concernant la recherche, l’ambition est de "la faire sortir du Pôle", indique Pascal Brouaye. Après avoir mis en place le De Vinci Innovation Center, qui forme des étudiants des trois écoles membres à l’innovation, la recherche et l’industrialisation par la pratique, deux autres instituts sont évoqués : "Skills for complexe world" et "Cryptomonnaie et fintech".


Malika Butzbach | Publié le