Les classements internationaux sous l'oeil des experts

Maëlle Flot
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Les classements internationaux sous l'oeil des experts
Valérie Pécresse a annoncé lors de la présidence française de l’Union que naîtrait un palmarès européen des universités mondiales d’ici 2010. Sur des critères qui lui seraient plus favorables ? L'appel d'offres de la Commission européenne a été lancé mi-décembre 2008 et le met en tous cas sur les rails. Une étude réalisée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) analyse les principaux classements existants. Une mise en perspective intéressante à l’heure de l’omniprésence des palmarès.

Les auteurs de l’étude de la DEPP n’ont pas succombé aux sirènes des rankings. Ils reconnaissent aux classements internationaux le mérite de délivrer « des messages simples et tranchés », d’avoir un « large impact sur l’image des établissements », mais il s’agit toujours, selon eux, de « simplifications extrêmes ».

Dans ce contexte, tout nouveau classement est bon à prendre, «quels que soient les critères utilisés, la superposition des classements ne pouvant qu’apporter de la profondeur à la photographie générale ». Pour preuve, les sept classements présentés dans l’étude et leurs approches très différentes.

Sept classements, sept approches

Certains classements ne jurent que par la recherche et ses indicateurs. Celui de Shanghai, mais aussi celui du Centre d’études sur les sciences et les technologies (CWTS) de l’université de Leiden (Pays-Bas). Celui du Times Higher Education Supplement repose en grande partie sur le jugement d’experts. Celui du CHE prend en considération le profil des étudiants et des informations sur l’université.

Le devenir des diplômés ou encore la qualité du corps enseignant entrent en ligne de compte pour le classement du Financial Times. Le Webometrics repère la visibilité des institutions sur le Web. Quant au classement des Mines de Paris, il se fonde sur le nombre d’anciens élèves devenus P-DG dans une des cinq cents plus grandes entreprises internationales.

Ne pas confondre classement et évaluation

Une question se pose à tous ces classements. Comment traduire « l’excellence », donnée qualitative, en une graduation sur une échelle ? Les indicateurs bibliométriques semblent apporter une réponse objective face aux enquêtes d’opinion réputées plus « fragiles ». Et pourtant. Les auteurs rappellent que « les indices de citation ne sont au final qu’une traduction chiffrée de la réputation d’une revue ou d’un auteur, sans réelle garantie autre que l’opinion des pairs ».

Ils en concluent qu’une « démarche qui consisterait à assimiler classement et évaluation aurait des effets pervers. Elle pourrait inciter à agir sur les critères qui influencent le classement, sans pour autant améliorer la qualité du service rendu. L’objectif devient alors le classement lui-même, et non l’amélioration de la prestation. » La fusion des universités ou la normalisation de l’adressage des publications jouent « sur les indicateurs, sans nécessairement changer l’efficacité de la gouvernance ni la productivité de la recherche ».

Des pistes pour un futur classement européen

L’étude rappelle l’évidence : ne sont comparables que des entités similaires. La typologie ou mapping remporte ainsi l’adhésion des auteurs. Elle présenterait l’avantage de livrer une représentation plus complète de la diversité des établissements et de leurs missions, à l’inverse du classement hiérarchisé qui oriente vers un modèle uniformisé.

Une vision proche de celle de Valérie Pécresse, qui plaide pour une « véritable cartographie des disciplines en Europe ». Une « évaluation » qui s’effectuerait au niveau des établissements, des composantes et des disciplines. Et devrait permettre de satisfaire (presque) tout le monde...


Maëlle Flot | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires