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Les déboires de Michel Rocard dans la commission Pochard


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Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? Michel Rocard a finalement décidé de démissionner de la commission Pochard, le 31 janvier 2008, à la veille de la dernière réunion. L’ancien Premier ministre a été poussé vers la sortie à la suite d’une titraille, pour le moins partisane du Figaro auquel il avait accordé une interview. « Rocard propose de payer les profs au mérite », titrait le quotidien alors que dans le corps de l’entretien, ce dernier affirmait tout le contraire. "J'ai donc démissionné pour rendre visible l'imposture du Figaro", indique Michel Rocard, dans une lettre adressée aux autres membres de la commission. S’estimant victime d’une « exploitation politique », Michel Rocard aurait reçu quelques coups de fil d’amis socialistes l’invitant à se démarquer au plus vite des propos que lui attribuaient le journal.

Même si c’est lui qui, en 1989, avait conduit la grande revalorisation des enseignants, lorsqu’il était Premier ministre, beaucoup se sont étonnés de sa présence au sein de la commission. Plus à l’aise sur les questions économiques ou sur les affaires européennes, l’ancien locataire de Matignon n’a jamais professé une franche passion pour l’éducation. Certains ont alors mis sa présence dans la commission Pochard sur le compte de « l’ouverture » prônée par le président de la République, Nicolas Sarkozy. 

D’abord pressenti comme président, Michel Rocard préfère le statut plus discret de simple membre. La direction des débats revient au conseil d’Etat et ancien directeur général de l’Administration, Marcel Pochard, sans doute plus au fait des méandres statutaires de la Fonction publique. Mais là encore des fuites dans la presse plus ou bien intentionnées le voit présider la commission. La vérité est péniblement rétablie à coup de communiqués.

Nouvel accroc lors d’une audition, quand Michel Rocard tacle sévèrement l’enseignement de l’économie et les professeurs qui en sont chargés. Les propos de l’ancien Premier ministre provoque un tollé notamment chez la puissante association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES). Il est finalement obligé de revenir sur ses déclarations et propose tout de go de faire démarrer l’enseignement de l’économie dès le collège. Mais là encore mal lui en prend. Au ministère, comme à l’Elysée, on le recadre gentiment mais fermement. La commission Pochard est mandatée pour s’occuper du métier enseignant, pas des programmes.

Bref, gageons que Michel Rocard ne gardera pas un grand souvenir de son passage à la commission Pochard. 


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