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Des Pépites pour soutenir l'innovation au sens large

Étienne Gless
Publié le
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Les jeunes étudiants entrepreneurs lauréats des prix Pépite reçus par le président François Hollande // DR
Les jeunes étudiants entrepreneurs lauréats des prix Pépite reçus par le président François Hollande // DR

Moins élitiste, le Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes s'ouvre aux innovations d'usage. Remise des prix le 1er juillet 2014.

"Nous ne proposons pas une nouvelle technologie mais une nouvelle offre de valeurs qui passe par un business modèle différent, une offre de services nouvelle. Mais il n'y a aucun développement technologique de prototype dans notre projet." Adrian Saix, 26 ans, cofondateur de MyArtMakers, a pourtant été récompensé dans le cadre du Concours national d'aide à la créations d'entreprises de technologies innovantes. Sa start-up développe une plate-forme de mise en relation d'artistes contemporains avec des commanditaires (particuliers, entreprises). 

Créé en 1999 par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ce concours est devenu au fil du temps un "must" mais souffrait jusqu'à présent de son côté un peu élitiste. Il a en effet longtemps récompensé les seuls projets très "techno", comme la société Medtech (robotique chirurgicale), ancienne lauréate du concours et désignée "société européenne de l'année 2013".

des profils plus variés

Pour sa 15e édition, le concours amorce un tournant et envisage l'innovation dans son acception la plus large, incluant aussi les innovations marketing, les innovations de service ou les innovations d'usage. Ainsi, à côté des distinctions "création-développement" et "émergence", les prix Pépite - Tremplin Entrepreneuriat Étudiant récompensent désormais 50 lauréats chaque année, qui se partagent 300.000 euros (avec une aide de 10.000 euros pour chacun des premiers lauréats). "Ces prix ont été créés pour encourager et soutenir les projets de création d'entreprise des étudiants et des jeunes diplomés dans tous les secteurs d'activité", fait-on remarquer au ministère.

Aux côtés d'un classique diplômé de Polytechnique ou de l'UTC de Compiègne, on trouve désormais des lauréats aux profils plus variés :  un diplômé de l'IUT de Poitiers, un diplômé de l'IAE de Bordeaux ou encore un étudiant de Science po Paris. Une diversité de profils qui doit stimuler l'esprit d'entreprendre chez les étudiants.

Pour souligner l'attention que porte le gouvernement à cette question de l'innovation, les dix  premiers lauréats des prix Pépite ont été reçus le 20 juin à l'Élysée par François Hollande. "Ce qui est ressorti de notre discussion, c'est la difficulté à se faire accompagner dans la continuité par les multiples organismes d'accompagnement de créateurs qui existent en France", souligne le lauréat-créateur de MyArtMakers. Les étudiants entrepreneurs attendent des pouvoirs publics de la simplicité administrative pour se concentrer sur l'essentiel : développer leurs projets.


Étienne Gless | Publié le

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Olivier Ridoux.

« Moins élitiste, le Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes s'ouvre aux innovations d'usage. » Ce n'est pas être plus au moins élitiste, c'est faire cesser le contresens qui voulait que les innovations les plus importantes soient technologiques. Souvent, les innovations technologiques, aussi sophistiquées soient-elles, ne font que maintenir l'élan d'une innovation d'usage, et la vraie rupture est forcément dans l'usage. En particulier, la fameuse cascade vertueuse, Recherche->Transfert->Développement->Commercialisation, est vaine si il n'y a pas de flèches qui remontent.