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Les universités défendent la sélection en master 2

Camille Stromboni
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Université d'Auvergne - Clermont-Ferrand - BU Droit © Service Communication UdA - janvier 2011
Université d'Auvergne - Clermont-Ferrand - BU Droit © Service Communication UdA - janvier 2011

La Conférence des présidents d’université a pris la plume en faveur de la sélection à l’entrée du master 2. Suite à la prise de position de Geneviève Fioraso et Benoît Hamon contre toute sélection, les présidents partagent leur inquiétude et demandent l’ouverture d’un vrai débat.

Dans un courrier adressé aux directeurs de composante début juillet 2014, la CPU (Conférence des présidents d’université) confie sa "surprise" face à la "remise en cause de toute forme de sélection en master" par le ministre de l’Éducation nationale, Benoît Hamon, et la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. Les présidents se disent convaincus que cela "affaiblira les masters, à un moment où les universités sont fragilisées".

Une sélection nécessaire pour la CPU

"Les universités ne peuvent pas être les seuls établissements d’enseignement supérieur auxquels on demande de faire réussir encore plus d’étudiants tout en assurant leur insertion professionnelle, sans aucune capacité de choix des étudiants accueillis et sans moyens supplémentaires", écrivent-ils.

"Il s’agissait de rappeler aux responsables universitaires que la situation réglementaire n’a pas changé et qu’il n’y a aucune raison de remettre en cause l’organisation actuelle des formations", ajoute Jean-Loup Salzmann, président de la CPU. En cas de recours, comme celui intervenu devant le tribunal administratif de Bordeaux, qui a rendu son verdict fin 2013, la Conférence promet d'apporter son soutien juridique aux établissements.

"Nous ne sélectionnons pas pour le plaisir en master 2, insiste le responsable. Mais pour des motifs pédagogiques, de capacité d’accompagnement des étudiants, et surtout de débouchés professionnels à la sortie."

Nous ne sélectionnons pas pour le plaisir en master 2, mais pour des motifs pédagogiques et surtout de débouchés professionnels à la sortie.

Au-delà de ce courrier interne, la Conférence a également envoyé une lettre aux ministres. Les présidents appellent à un véritable débat avec les syndicats étudiants sur cette question, forçant ainsi la porte que le ministère a tenté de fermer quelques semaines plus tôt, sur un chantier aussi sensible. La question semblait en effet tranchée pour la rue Descartes, hormis celle concernant quelques filières bien spécifiques comme la psychologie. Le ministère promet une réponse aux présidents dans les semaines qui viennent.

Vers un APB des masters ?

Côté syndicats étudiants, la volonté d'ouvrir le chantier apparaît également présente. L’Unef appelle de ses vœux la mise en place d’un portail d’inscription entre le M1 et le M2, permettant le recensement de tous les M2 et l’accès à l’information pour le plus grand nombre. La Fage soutient elle aussi la mise en place d’un système "APL", pour "Admission post-licence", mais entre la licence et le master 1.

L’Unef demande aussi des comptes aux universités. Pour le syndicat étudiant, chaque université doit avoir la responsabilité d’inscrire ses étudiants de master 1 qui le souhaitent dans un master 2 du même domaine. "Nous sommes contre toute barrière sélective qui irait à rebours de la démocratisation de l’enseignement supérieur, rappelle tout de même William Martinet, à la tête du syndicat. Mais nous sommes réalistes et loin de toute surenchère : nous essayons d’apporter des propositions qui font avancer les choses et pouvant aboutir à un consensus." Le débat est d'ores et déjà lancé.


Camille Stromboni | Publié le

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younes.

Une sélection à l'entrée du Master 2 est indigne des universités. Nous sommes passés au système LMD depuis longtemps mais, les universités continuent à penser "maitrise". Une fois l'étudiant accepté en M1, on doit le faire arriver au M2 voire après des échecs en M1. Mais accepter 2 fois plus d'étudiants en M1 qu'en M2 (et parfois plus) revient à laisser "sur le carreau" des étudiants avec un diplôme obsolète. Le nombre d'étudiants acceptés en M1 devrait être le même que celui du en M2. Dans plusieurs universités, nous assistons à une re sélection en M2 alors que l'étudiant a passé le cap de la licence. Le ministère doit repérer le nombre de titulaire de M1 et le corréler au nombre de titulaires de M2 pour repérer cette aberration choisie par plusieurs universités.