Loi ESR : un front de députés PS contre les cours en anglais

Olivier Monod
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Une quarantaine de députés PS disent refuser l'essor des cours en anglais prévu par la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche.

La discussion autour de l'article 2 de la loi ESR promet d'être chaude au sein même de la majorité. Une quarantaine de député PS refusent l'augmentation du nombre de cours en anglais.

Pouria Amishahi, député de la neuvième circonscription des Français de l'étranger, a déclaré avoir déposé un amendement afin de retirer cet article du projet de loi en discussion à partir du 22 mai à l'assemblée. 

Le secrétaire national à la francophonie au sein du PS se dit suivi par "quarante-trois députés". Sa prise de position intervient après l'émoi de plusieurs intellectuels français face à ce projet.


Olivier Monod | Publié le

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Ludovic payard.

Il y a au moins 20 ans qu'il existe des cours en anglais dans des universités ayant développé un réseau d'échanges internationaux d'étudiants. Tout simplement parce que la baisse des effectifs dans les filières de lettres françaises est forte et régulière. Si les échanges avec les pays anglophones ne se faisaient que sur la base des étudiants de français désireux de venir en France, on n'aurait que quelques dizaines de place à pourvoir. Aujourd'hui, l'essentiel des candidats à un séjour en France ne sont pas en études françaises mais en sciences humaines, en sciences, en droit, économie, gestion, science politique. Nombreux sont ceux qui ont fait 2 ou 3 ans de français mais c'est un peu court pour suivre des cours en français. Une offre de cours en anglais dans toutes les disciplines citées ci-dessus, assortis de cours de français langue étrangère, permet à ces étudiants de valider un ou deux semestres dans leur discipline tout en apprenant la langue et la culture françaises. Quand ils seront en responsabilité professionnelle, ils seront tout naturellement portés à travailler avec les entreprises françaises. C'est comme cela et non autrement qu'on améliorera le rayonnement de la France au XXI° siècle.

Martin.

Je répondais à Roger qui répondais à PGuillaumin, mais apparemment ça ne marche pas : Question : les cours de français sont obligatoires dans ce master à Grenoble, mais le niveau B2 ou mieux C1 est-il exigé pour le diplôme ? S'ils apprennent le français, pourquoi la formation est-elle uniquement en anglais et pourquoi pas des cours en français la seconde année ? Si vous allez regarder les formations en anglais sur le site de l'agence Campus France, vous pourrez vérifier que 634 sur 795 sont uniquement en anglais, et que l'exigence en français à l'entrée et à la sortie est inexistante. Mais il y a quand même 169 formations partagées entre le français et l'anglais, signe d'un enseignement international, et c'est ce genre de formation qu'il faut encourager en ce qui concerne le type d'étudiant visé.

Martin.

Question : les cours de français sont obligatoires, mais le niveau B2 ou mieux C1 est-il exigé pour le diplôme ? S'ils apprennent le français, pourquoi la formation est-elle uniquement en anglais et pourquoi pas des cours en français la seconde année ? Si vous allez regarder les formations en anglais sur le site de l'agence Campus France, vous pourrez vérifier que 634 sur 795 sont uniquement en anglais, et que l'exigence en français à l'entrée et à la sortie est inexistante. Mais il y a quand même 169 formations partagées entre le français et l'anglais, signe d'un enseignement international, et c'est ce genre de formation qu'il faut encourager en ce qui concerne le type d'étudiant visé.

PGuillaumin.

Si l'on veut que les universités françaises parlent et ne pensent qu'en anglais (quelle idée stupide!), assurons nous d'abord que tous (enseignants et étudiants) maîtrisent cette langue! Cela passerait d'abord par des enseignements intensifs d'anglais dans le Supérieur car les lycéens français ne sont pas bilingues après le bac!! Et les Professeurs d'université, spécialisés dans des domaines très pointus, ne le sont pas forcément non plus!! Publier en anglais est une chose, enseigner en anglais au niveau universitaire en est une autre! Enseigner en globish n'apporterait qu'une réduction de la pensée, fort malvenue à l'université!! Laissons cela aux business schools privées qui font du chiffre! Oui, aux cours de langues intensifs dans le Supérieur, Non aux formations qu'en anglais sans préparation des enseignants et des apprenants! Ne mettons pas la charrue avant les boeufs! Un peu de bon sens! Au demeurant, favorisons le plurilinguisme et non l'hégémonie d'une seule langue. Le monde représente une belle diversité de pensées et de cultures, protégeons les pour plus d'innovations et de créativité scientifiques.

Roger.

Ce commentaire ne répond pas du tout à la proposition de loi sur les cours en anglais. Il caricature la proposition de loi, et le rôle qu'on veut donner aux profs. Je connais un exemple réussi d'une telle formation au niveau master à Grenoble (en sciences) : - ne participent que les profs volontaires et qui maîtrisent l'anglais, - ne suivent que les élèves ayant le double niveau scientifique et linguistique - des cours de français sont obligatoires pour les étrangers non francophones - la formation est reconnu comme un master de haut niveau. Résultat: des candidatures d'étrangers non francophones, et d'excellents niveaux. Et une présence française renforcée, tout comme la diversité culturelle.