L’UHA vote son rattachement à l’UdS : une première étape vers la fusion ?

Sophie Blitman
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UHA ?
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Les universités alsaciennes se rapprochent. Encore un peu plus. Le conseil d’administration de l’université de Haute-Alsace (Mulhouse) s’est prononcé, le 15 mars 2011, en faveur d’un rattachement à l’université de Strasbourg (UdS). Un aboutissement après des années de discussions entre ces établissements. Le point sur les conséquences à venir sur l'offre de formations et les personnels.

Cela faisait trois ans que se posait la question du rapprochement entre l’université de Haute-Alsace (UHA) et l’université de Strasbourg (UdS). Un premier pas a désormais été franchi, une "étape importante, qui s’est faite sereinement", souligne Alain Brillard , président de l’UHA, rappelant qu’il n’a fallu que deux heures au CA pour voter, par 23 voix sur 24, en faveur d’un rattachement au sens de l’article 719-10 du code de l'éducation .


Conformément à ce texte, une fois les votes entérinés dans ces deux universités autonomes depuis 2009, un décret d’application devra être publié, avant qu’une convention ne matérialise les missions partagées par l’UHA et l’UdS. Un cheminement administratif qui pourra prendre du temps. Alain Brillard espère que la convention pourra être signée d’ici le 1er janvier 2013, pour le début du nouveau contrat quinquennal.

Harmonisation des offres de formation

En effet, "nous allons reconfigurer notre offre", confirme Alain Brillard, et dans ce cadre "nous allons être obligés de nous recentrer sur nos valeurs, notamment l’aspect très professionnalisant de notre offre de formation". Ainsi, l’UHA pourrait "abandonner certaines formations au profit de l’UdS, et symétriquement", avance son président qui se dit par ailleurs "prêt à ce que les diplômes aient le sceau de l’UdS". Quant à savoir s’il pourra s’agir d’une double habilitation, rien n’est encore décidé.
Côté personnels, enseignants et administratifs, cette harmonisation de l’offre de formation pourrait aboutir au déplacement de certains d’entre eux.

Risque d’absorption ?

A l’issue de ce vote à l’UHA, la question, désormais, est celle d’une éventuelle fusion des deux universités qui aboutirait à un ensemble de quelque 50 000 étudiants (dont 7800 pour l'UHA). "Tout est envisageable", confie Alain Brillard qui "n’exclut pas une fusion. Mais d’abord, nous voulons mieux travailler ensemble". Sans oublier l’identité mulhousienne ! Au contraire, "nous allons renforcer notre identité", affirme le président qui met en avant "la complémentarité de l’UHA, très axée sur "la recherche partenariale avec l’environnement socio-économique, alors que l’UdS est davantage tournée vers les sciences fondamentales".

Le président de l’UHA souhaite aussi harmoniser les bonnes pratiques mises en place dans les établissements, notamment en ce qui concerne le référentiel des enseignants-chercheurs, mais aussi la communication, pour laquelle "on peut imaginer une concertation plus forte que ce que l’on fait déjà" : l’enseignement supérieur alsacien pourrait en effet communiquer dans son ensemble, notamment au niveau international.

Plus de visibilité

Alors que la région travaille à lancer une marque Alsace , le rattachement de l’UHA à l’UdS pourrait s’intégrer à cette démarche, permettant aux établissements de gagner en visibilité.

C’est ainsi que le vote de l’UHA a été salué au niveau politique par Philippe Richert, ministre chargé des Collectivités territoriales et président du conseil régional d’Alsace : "l’union des universités de Haute-Alsace et de Strasbourg, a-t-il déclaré, ce sont des coopérations renforcées, une coordination accrue, une mutualisation de compétences et de moyens qui permettront de mieux positionner notre région dans la compétition internationale et d’offrir des cursus de qualité à l’ensemble des étudiants alsaciens".


Sophie Blitman | Publié le

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