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Un baccalauréat "sur-mesure", défendu par le Sgen-CFDT

Erwin Canard
Publié le
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Bac 2016
Le Sgen-CFDT souhaite transformer le bac en contrôle continu des connaissances et des compétences, pour en faire une véritable passerelle entre lycée et enseignement supérieur. // ©  Nicolas Tavernier / R.E.A
Vers un baccalauréat modulaire, basé sur les connaissances et les compétences des lycéens. C'est le projet de réforme défendu par le Sgen-CFDT, présenté mardi 6 septembre 2016, lors de la conférence de rentrée du syndicat.

Le 1er septembre, à l'occasion de la rentrée scolaire, François Hollande affirmait vouloir faire du lycée "la prochaine étape" de réformes. Le Sgen-CFDT a pris au mot le président de la République : le syndicat a dévoilé, mardi 6 septembre 2016, ses propositions pour "une réforme du baccalauréat".

"Le bac actuel, disciplinaire, académique, contraint énormément l’organisation pédagogique des lycées", estime Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT. "Il reste conçu comme l’examen terminal du secondaire", ajoute-t-il, plutôt que comme une rampe d’accès à la poursuite d’études ou au projet professionnel. "Il faut que le bac parle à l’enseignement supérieur, qu’il permette d’avoir une grille de lecture du parcours de l’élève", plaide le syndicaliste.

un cursus modulaire pour arriver au bac

Le Sgen-CFDT imagine ainsi un baccalauréat "sur-mesure", où le projet professionnel du lycéen se constitue année après année. Conséquence directe : les trois voies d’accès au baccalauréat (générale, technologique et professionnelle) doivent disparaître pour laisser place à un cursus "modulaire, polyvalent et diversifié".

Au sein de ce lycée réformé, l’emploi du temps des élèves est constitué de modules "dont la durée est adaptée aux besoins de chacun, sur une base de construction progressive". Les lycéens suivent des cours à effectifs réduits, afin de permettre la "personnalisation du parcours, l’accompagnement personnalisé et le tutorat". Chaque lycéen peut ainsi avoir un parcours différent, en fonction de son projet d’orientation ou d’insertion professionnelle et de son évolution.

Par ailleurs, chacun disposera d’un "compte personnel d’accompagnement" constitué, détaille Frédéric Sève, "d’une part fixe et d’une part variable, car tous les élèves n’ont pas les mêmes besoins".

pour le contrôle continu intégral

Autre changement majeur prôné par le Sgen, l'évaluation même des lycéens. Aujourd'hui "examen de récapitulation des connaissances", le bac doit devenir "une certification des connaissances et compétences", laissant ainsi place au contrôle continu intégral. "Il faut mettre fin à cette machinerie infernale, qui comprend énormément d'épreuves et d'options", argumente Frédéric Sève.

Le syndicaliste voit là l'occasion de redonner au bac sa véritable fonction de "premier grade universitaire", transformant le parcours de l'étudiant en BLMD (bac, licence, master, doctorat) en lieu et place du LMD (licence, master, doctorat) actuel.

"Il faut que se mettent en place des procédures et des contenus cohérents avec le supérieur", plaide le syndicaliste. Ce lien entre lycée et enseignement supérieur doit également passer par l’encouragement et la valorisation d’échanges volontaires de service entre enseignants des lycées et des universités.

"Je crois que nous sommes, aujourd’hui, plus que mûrs pour changer le bac, résume Frédéric Sève. Nous le voyons d’ailleurs avec tous les mouvements actuels dans le supérieur, autour du contrôle continu, de la sélection… Le lycée fonctionne mal, il faut que ça bouge."


Erwin Canard | Publié le

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Martin T..

Pour l'avoir moi même expérimenté pendant mes études à l'Université de Technologie de Compiègne, je peux vous garantir qu'une organisation modulaire des parcours n'entrave en rien la faisabilité des emplois du temps. Un algorithme d'optimisation combinatoire relativement simple suffit à déterminer pour chaque module l'effectif, le créneau horaire et la salle affectée.

Viviane M.

L'Université de Compiègne est sélective: tous les élèves ont les fondamentaux en "lecture, expresssion écrite et orale, capacité de s'autoorganiser pour apprendre par soi-même". Ce n'est pas le cas pour le lycée Français où il y a trois niveaux pour cette compétence: un niveau "bac pro" , un niveau "bac technologique" et un niveau "bac général". C'est cela qui créé les contraintes infiniment plus importante que dans une formation universitaire où il y a une homogénéïté des élèves.

Viviane Micaud.

Question : Ont-ils vérifié la faisabilité des emplois du temps? La réponse est non. Il faut quelques minutes pour s'apercevoir que c'est infaisable. Question : Ont-ils intégré les contraintes en particulier le niveau d'acquis pour avoir une chance raisonnable de réussir un module? La réponse est non. Ce n'est pas très sérieux.