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M.-C. Levet (Educapital) : "En 2018, 220 millions seront investis dans la EdTech en France"

Philippe Crouzillacq
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M.-C. Levet (Educapital) : "En 2018, 220 millions seront investis dans la EdTech en France"
Pour Maximilien Bacot et Marie-Christine Levet, la gamification et l’apprentissage personnalisé sont les deux grandes tendances des investissements EdTech. // ©  EducPros
EN PARTENARIAT AVEC L'EM LYON. Marie-Christine Levet, cofondatrice d’Educapital, un fonds d'investissement spécialisé dans les start-up de l'éducation et de la formation continue, et Maximilien Bacot, cofondateur de Breega Capital, décryptent les enjeux du marché de la EdTech aux niveaux européen et mondial. Propos recueillis à l’occasion de la 2e édition d’EdJobTechDay.

Le marché de la EdTech a le vent en poupe. Selon l’observatoire des EdTech, la France compte aujourd’hui plus de 300 start-up dans ce domaine, et en Europe, on en dénombrerait près de 3.000, notamment dans les pays scandinaves.

Au niveau mondial, si le marché représentait déjà 3 milliards de dollars en 2017, il dépassera les 8 milliards d’investissement en 2018. 90 % des investissements étant captés par la Chine et les États-Unis. "Le volume de personnes à former est tel qu’elle doit passer par des solutions digitales", souligne Marie-Christine Levet d'Educapital. Près de 30 milliards d’euros devraient être investis d’ici 2020 dans la EdTech chinoise.

En France, les investissements dans le secteur ont été multiplié par cinq en un an, passant de 40 millions d’euros en 2017 à 220 millions en 2018.

Une réalité contrastée

Mais si le secteur est très actif, il revêt des réalités parfois bien différentes. D’un côté, le paysage de la formation professionnelle et de la formation continue va être recomposé par l'application de réformes gouvernementales de grande ampleur, notamment avec la mise en place du compte personnel de formation à partir du 1er janvier 2019.

Ce mécanisme va permettre à chaque salarié d’avoir 500 euros par pour se former, avec un plafond de 5.000 euros, (800 euros pour les chômeurs, plafonné à 8.000 euros). La réforme pourrait ainsi offrir un "appel d’air" aux start-up du secteur.

De l’autre côté, les jeunes entreprises technologiques souffrent d’un accès au marché difficile du fait de la complexité du processus de décision au sein du système éducatif français.

L’exemple scandinave

"Dans le domaine éducatif on compare souvent la France, avec les pays scandinaves", observe Marie-Christine Levet. “Mais là-bas, les professeurs sont mieux payés et formés, et sont décisionnaires de leurs ressources, le tout au sein d’établissements dotés d’une bien plus grande autonomie qu’en France."

Dans ce contexte, quelles les technologies sont les plus à mêmes aujourd’hui de séduire les investisseurs et quels critères examinent-ils pour arbitrer ?

Les critères d’investissement retenus

Le problème que la solution technologique résout, la taille du marché auquel elle s’adresse, l’analyse de la concurrence, les métriques d’usage, la capacité à délivrer, la composition de l’équipe… sont autant de points d’attention pour évaluer le bien-fondé d’un investissement.

"Nous regardons d'abord les statistiques d’usage", souligne Marie-Christine Levet. La première preuve de succès d’une solution, c’est son adoption par les écoles et les utilisateurs, enseignants et élèves, avec si possible des taux d’usage au-delà de 50 %."

En tant qu’investisseur, "le point sur lequel je m’attarde en priorité, c’est le problème que l'on cherche à résoudre. Et la capacité d’une équipe à développer un plan et à bien évaluer son marché", déclare Maximilien Bacot.

Par ailleurs, "en France, je ne regarde pas les projets qui s’adressent à un marché inférieur à 150 millions d’euros. C’est un seuil minimum", reconnaît le cofondateur de Breega Capital.

Quant aux secteurs qui retiennent le plus l’attention des investisseurs, la tendance est double : d’un côté, on note un fort courant EdTech du côté de la gamification et de l’immersion virtuelle ; de l’autre, l’"adaptative learning" est suivi de très près.

"Une 'EdTech Nation' française"

"Dans le futur on parlera de mentor plutôt que de professeur, d’écosystèmes plutôt que d’écoles", prédit Olivier Bréchard, vice-président international d’EdTech France (et directeur général de WebForce3, un réseau d’écoles qui forment aux métiers en tension du web).

Quel sera la place de la France dans ce nouvel écosystème ? Pas de réponse, mais une ambition claire, celle la feuille de route d’EdTech France : "Faire de la France une ‘EdTech Nation’" en structurant la filière, en rassemblant les bonnes pratiques et en diffusant le savoir-faire de la EdTech française à l'international.

Si les start-up rassemblées au sein d’EdTech France souhaitent "pénétrer les salles de classe pour servir au mieux l’innovation pédagogique", elles ont aussi vocation à répondre à un besoin de plus en plus marqué de formation continue. "Demain, nous passerons 30 à 40 % de notre temps de travail à nous former", rappelle ainsi Olivier Bréchard.

Apprentissage et employabilité demain : impacts et enjeux des nouvelles technologies
Le 29 novembre 2018, L'EdJobTech Day de l'accélérateur de l'EM Lyon organisait avec EducPros une journée pour apporter un éclairage sur les évolutions de ces métiers, au travers de regards croisés d’entrepreneurs, de start-up porteuses d’innovations, de chercheurs, de dirigeants d’entreprises et d’établissements de formation.


Philippe Crouzillacq | Publié le

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