Masters enseignement : CPU et CDIUFM posent leurs conditions

Fabienne Guimont
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Les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale ne lâcheront pas sur le calendrier. Pas question de reporter la réforme de la formation et du recrutement des enseignants d’une année même s’il faut construire dans la précipitation toutes les nouvelles maquettes de master. Le ministère de l’Enseignement supérieur a diffusé en octobre 2008 une circulaire sur la campagne d’habilitation de ces futurs diplômes de master enseignement. Objectif ministériel : en 2010, tous les nouveaux enseignants du primaire et du secondaire seront recrutés sur la base du master.

Un moratoire demandé

Les syndicats se sont émus depuis longtemps de ces délais très contraints. SLU (Sauvons l'université) fédère également les enseignants mécontents en demandant un moratoire sur cette réforme. C’est au tour de la CPU et de la CDIUFM de tirer la sonnette d’alarme de façon formelle par la voie d’un communiqué daté du 6 novembre 2008. Ils demandent de pouvoir différer à février 2009 la date de rendu des dossiers d’habilitation des masters enseignement que les universités doivent construire. Outre ces quelques mois de délais – faute de pouvoir différer d’un an la réforme et de risquer une année blanche dans le recrutement -, ils posent plusieurs exigences.

Les deux conférences - CPU et CDIUFM - demandent la création d’un comité national de suivi de ces masters enseignement, composé de leurs représentants, de ceux des deux ministères concernés et de l’AERES (agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur).

Concurrence entre masters

Par ailleurs, ils mettent en garde contre des masters enseignement qui « siphonneraient » d’autres masters existants. « Le nombre d’étudiants dans les masters enseignement pour le 1er degré pourrait exploser et vider les masters recherche et professionnel. Jusqu’alors, dans les préparations au CRPE [certificat de recrutement des professeurs des écoles] des IUFM, les capacités d’accueil étaient limitées, contrairement aux masters », explique Patrick Baranger, président de la CDIUFM. « Je suis persuadé qu’il y aura, au niveau régional, des mises en concurrence entre universités ou dans les universités pour capter les étudiants. Or, ce n’est pas anticipé ».

Autre préconisation des deux conférences au ministère : la nécessité d’une politique de soutien financier aux étudiants les plus modestes, pénalisés par le rallongement des études d’accès aux métiers de l’enseignement et la mise à disposition de terrains de stage en nombre et en qualité suffisants.     

L’architecture des nouveaux concours et de leurs épreuves sont actées. Restent encore sur le terrain - dans les UFR - les formations à mettre en adéquation avec ce nouveau recrutement (en 2010), les équipes de formation à constituer, les maquettes à faire habiliter…


Fabienne Guimont | Publié le

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