Mobilisation enseignante : le privé sort de sa réserve


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Manifestation du 27 septembre ©SdT
Manifestation du 27 septembre ©SdT
La grève du 27 septembre a pour la première fois réuni les enseignants du privé et du public. Selon l’intersyndicale, ils étaient en tout 165 000 manifestants réunis en France dont 45 000 à Paris (110 000 et 8500 selon le Ministère de l'intérieur) à défiler (presque) la main dans la main.  Educpros a rencontré lors de la manifestation parisienne l’équipe enseignante d’un établissement privé de Montlhéry (91), mobilisée contre le manque de formation et la hausse des effectifs.

« Non à l’éducation en batterie, c’est pas des poulets nos petits ». Banderoles, tee-shirts humoristiques, les enseignants du privé étaient très visibles et motivés même s’ils étaient venus en petit nombre le 27 septembre à la manifestation parisienne. L’équipe enseignante de l’école primaire du Sacré-Cœur de Montlhéry (91), arrivée au grand complet, déplorait le manque de formation des enseignants et l’augmentation des effectifs en classe sur des tee-shirts jaunes : « Vous aimez les Beatles ? Devenez prof d’Anglais », « Vous savez écrire en bâton : devenez professeur de maternelle ».

Manque de formation des enseignants

Pour  la plupart, c’était la première fois qu’ils défilaient, « à part en 1984 pour défendre l’école libre ». Pour Martine, la directrice, l’élément déclencheur a été la fermeture d’une classe, « faute d’effectifs suffisants, ce qui nous a obligé à avoir cette année des classes de 33 élèves en maternelle, c’est ingérable pour nous », explique telle. Ses enseignants sont aussi venus pour dénoncer l’absence d’AVS (assistante de vie scolaire) dans le privé. « Peu de gens savent que dans le privé les AVS ne sont pas payés par l’état, et si nous accueillons un enfant handicapé, nous devons payer l'AVS avec nos propres deniers ».

Difficile pour le privé d’imposer ses banderoles !

A côté des enseignants de Montlhéry, Bruno Lamour, secrétaire générale de la FEP-CFDT, un des syndicats enseignants du privé, a rejoint ses collègues du public pour dénoncer les suppressions de postes, « surtout dans le Nord, l’Auvergne, le Limousin, la Vendée et dans certaines quartiers défavorisés, car nos structures sont très fragiles. Le fait de venir à une manifestation est un grand tournant pour nous, affirme-t-il, toutefois, les querelles idéologiques n’ont pas été complètement absentes et nous avons dû nous imposer pour mettre nos banderoles ». Même déception pour Nadya Daly, secrétaire générale du Synep CFE-CGC, qui a quitté le cortège avant 14h30, « Nous n’avons pas pu mettre nos banderoles, il n’était  pas question pour nous de nous cacher, nous ne voulons pas être des parias », lâche-t-elle déçue. En revanche, du coté des responsables syndicaux nationaux, pas de doute, l'union sacrée a été réalisée.

Les enseignants du primaire mobilisés
Un enseignant sur deux était en grève le 27 septembre selon Sebastien Sihr, secrétaire générale du SNUIPP-FSU ; 29 %  dans le premier degré - plus touchés par les suppressions de postes - contre 22,3 % dans le second degré selon le Ministère. « Il y a urgence, rappelle le représentant du SNUIPP-FSU, nous souhaitons que le gouvernement revienne sur le projet de suppression des 14 000 postes en 2012 et propose un plan de rattrapage. Le rapport de l’OCDE a bien montré que la situation était alarmante, dans le primaire en particulier, nous dépensons 15 % de moins que la moyenne de l’OCDE, et nous avons un système particulièrement inégalitaire, les écarts s’accroissent d’année en année. L’OCDE a aussi pointé les différences de salaires : 10 000 € de moins par an par rapport à un Allemand ».

Lire aussi le billet de Pierre Dubois, blogueur EducPros, avec les photos de la manifestation à Strasbourg : Strasbourg, la manif en photos


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