Neoma rénove sa pédagogie avec un PGE enrichi et un nouveau campus à Reims

Agnès Millet
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Neoma rénove sa pédagogie avec un PGE enrichi et un nouveau campus à Reims
Le campus rémois de Neoma déménagera en 2025. // ©  R.Beurrier/REA
Neoma s'inspire des enseignements de la crise sanitaire pour remodeler ses programmes et notamment son programme Grande école, dont la nouvelle mouture est prévue pour la rentrée 2022. L'école de commerce annonce aussi son projet de nouveau campus à Reims.

Les écoles de commerce continuent de tirer les enseignements de la crise sanitaire. Et Neoma, renouvelée Equis pour cinq ans, s'est inspirée des évolutions liées à la crise Covid pour repenser ses programmes et affirmer ses ambitions.

Un mélange de présentiel et de distanciel mais pas d'hybride

Pour tirer concrètement les enseignements pédagogiques de la crise sanitaire, l'école a mené près de 140 entretiens avec des professeurs et étudiants et analysé des expérimentations conduites dans des établissements internationaux.

Le présentiel restera, à la rentrée 2022, le modèle pédagogique dominant, de 60 à 80% des cours, selon la maturité du public. Le distanciel synchrone, permettant le partage d’écran, sera utilisé pour des séances techniques, des sessions avec des intervenants ou qui mélangent des groupes d’étudiants (multi campus, par exemple). Le distanciel asynchrone restera réservé à des séances théoriques, de mise à niveau ou s'appuyant sur du contenu tel que des vidéos.

En revanche l'école abandonne le format hybride qui "ne fonctionne pas" pour Delphine Manceau, directrice de Neoma BS. "Le professeur regarde soit les élèves, soit la caméra. C'est épuisant et frustrant car l'on perd toujours une partie de son audience." Neoma va rénover progressivement les maquettes selon ce modèle. "Nous raisonnons en termes de séance et non de cycle de cours. C'est plus léger : on ne change qu'un cours sur dix", indique Delphine Manceau.

Neoma : les axes stratégiques toujours "pertinents" malgré la crise

Neoma poursuit le déploiement de formats atypiques

Ce déploiement s'appuie sur des innovations pédagogiques que Neoma va poursuivre à la rentrée 2022 :

le campus virtuel, lancé en septembre 2020. Ce "4e campus" ou "métavers" est utilisé dans tous les programmes, soit plusieurs centaines d’heures d’activités pédagogiques et 10.000 avatars créés.
– le "peer learning" mélange des "étudiants sachants" – par exemple, des M2 ou des internationaux – et des moins sachants. On connaît la puissance de la communication entre pairs. Le professeur devient alors facilitateur, expert, consultant", rappelle Haithem Marzouki, directeur innovation pédagogique.
– l'adaptive learning, est piloté par les datas. Entre chaque cours, des exercices non notés mesurent les acquis pour proposer des entraînements adaptés. "Le but est de personnaliser l'apprentissage afin que tout le monde ait les mêmes compétences le jour du cours, qui a alors une plus forte valeur-ajoutée".
l'interactive learning combine des entretiens d’experts et des contenus interactifs dans une approche "websérie". L’étudiant est mis dans la peau d'un professionnel et accumule des connaissances, au fil des décisions qu'il prend.

En cinq ans, l'école a investi 19 millions d'euros dans le numérique, rappelle Alain Goudey, à la tête de la direction générale adjointe, en charge du digital, créé en avril 2022. Et 20 ingénieurs pédagogiques accompagnent les 200 professeurs.

Quand la mobilité internationale devient virtuelle

Une stratégie internationale "forte et pertinente"

Côté international, Neoma se réfère à l'étude "Covid génération" de l'agence BETC (2022) et observe que 80% des jeunes souhaitent découvrir une culture étrangère. Un élément structurant pour l'école de commerce qui voit cette appétence pour l'international comme "un élément essentiel de notre mission" : "Cela peut paraître un peu pompeux, mais cela contribue à la paix dans le monde. Il s'agit d'expériences vraiment structurantes pour les étudiants, pour toute leur vie", explique Delphine Manceau, directrice de Neoma.

Pour renforcer la stratégie internationale de son programme Grande école, Neoma s'appuie sur deux axes : "Strong & Relevant". "Fort", car l'école s'enorgueillit d'un réseau de 390 partenaires (dont 18 nouveaux) dans 58 pays et de 48 doubles diplômes (dont 6 nouvelles propositions). "Pertinent" car l'étudiant "peut aller chercher les plus grandes universités mais également des expertises pointues".

Les élèves peuvent partir de six mois à trois ans, selon différents formats. En 2022–2023, 2.150 étudiants partiront en mobilité internationale, sans payer de frais supplémentaires.

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Un PGE intégrant un parcours de développement durable en master

Côté pédagogie, Neoma repense notamment son PGE pour éviter "la tentation de déserter chez les jeunes", selon Delphine Manceau. Selon la même étude Covid génération, 71% des jeunes estiment qu’il faut des actions radicales pour provoquer un réel changement. "Nous ne voulons pas que les étudiants partent et s'isolent. Nous devons les aider à ne pas déserter mais à contribuer à transformer les entreprises de l'intérieur", affirme ainsi la directrice.

Neoma souhaite "aller au-delà des bonnes intentions" et "intégrer les dilemmes" qui peuvent émerger lorsque l'on concilie aspiration au changement et réalité de l'entreprise. L'école va muscler son PGE, autour du développement durable, avec la création d'un parcours "Global 2 in CSR", soit 400 heures de cursus dédié, à HEC Montréal (Canada) et à Lappeenranta University of Technology (Finlande), pour les M1 en 2022 et d'un MSc in sustainability transformation, pour les M2 en 2023.

Un accompagnement au projet professionnel, mais aussi autour du bien-être, systématisé

Neoma souhaite en outre mieux accompagner les étudiants dans leur projet professionnel mais aussi leur bien-être. "C'est un grand enseignement de la pandémie. Notre métier a changé. Aujourd'hui, il s'agit d'accompagner beaucoup plus qu'avant nos étudiants autour du bien-être et de l'équilibre et, bien sûr, autour de leur projet professionnel", constate Delphine Manceau.

L'accompagnement carrière sera intégré au PGE, via la mise en place de crédits obligatoires. "Ce n'est plus un service optionnel lorsque l'on a des états d'âme. On prendra les étudiants par la main dès leur sortie de prépa, pour mener une réflexion dans la durée", ajoute la directrice.

Le parcours, en distanciel et présentiel, pourra représenter de 53 à 300 heures, au maximum. Nouveauté : en M1, tous devront pitcher leur projet professionnel devant un jury alumni. De plus, la dimension de certification professionnelle sera renforcée pour que 60% des diplômés ajoutent une brique à leur diplôme, avec un objectif de 100% en 2024.

Pour l'épanouissement personnel, le Wellness center crée deux dispositifs en 2022. Le "D Stress on demand" proposera des ateliers en réalité virtuelle pour "vaincre les peurs" qui perturbent l’apprentissage et la vie sociale. De son côté, le "Feel good on demand", rassemblant des modules interactifs en ligne, sur des sujets tels que le sport, la nutrition ou la prévention médicale.

Un nouveau campus à Reims à la rentrée 2025

Neoma, qui a inauguré son nouveau campus à Paris à l'automne 2021, annonce un projet immobilier à Reims. L'école quittera donc le quartier Croix-Rouge université pour le quartier Port-Colbert. Les travaux commencent en avril 2023, pour une ouverture à la rentrée 2025.
Les bâtiments, conçus par le cabinet danois Henning Larsen, mettent au cœur "le bien-être étudiant", avec des espaces aérés et un usage visible du bois. De quoi accueillir 4.700 étudiants, soit 4,5% de plus qu'aujourd'hui. Les 35.000 m² de bâti se déploieront sur un terrain de 18.000 m² et compteront 85 salles de classe, deux amphis de 120 places ainsi qu’un auditorium de 750 places.
Coût de l'opération : 109 millions d’euros
, financés principalement sur fonds propres et par emprunt, puisque l'école devient propriétaire de ses locaux. La communauté urbaine du Grand Reims et de la région Grand Est, apportent, chacune, 10 millions d’euros. Des logements étudiants seront construits dans le quartier, mais non dans le campus même.
À Rouen
, en revanche, les discussions sont encore en cours pour affiner le projet de rénovation et son calendrier.


Agnès Millet | Publié le