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Offre de masters et fusion : Sorbonne Paris Cité sous tension


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La situation se tend à Sorbonne Paris Cité. En cause : l'intervention du PRES dans les maquettes de masters, qui doivent être déposées d'ici la mi-novembre 2012. En toile de fond : la fusion.

"Je démissionne de ce conseil dont je pense qu'il n'a plus de raison d'être dans les circonstances actuelles où le PRES (1) décide de l'avenir des universités sans avoir aucun mandat l'y autorisant". Jean-Marie Rifflet, vice-président du CEVU de l'université Diderot, a envoyé sa lettre de démission fin septembre 2012, tandis que 6 UFR ont déposé des motions dénonçant les "décisions du PRES à propos de la présentation des dossiers de masters".


"Le document de travail qui nous a été communiqué présente des altérations significatives, des erreurs importantes et des réattributions arbitraires d' établissements porteurs", écrit l'UFR Lettres, Arts et cinéma. Le conseil scientifique de l'université Paris 13 a lui exprimé dans une motion sa vive préoccupation "quant à ce qui apparait comme une réorganisation en cours de l'offre de masters".

"Le PRES a modifié des intitulés et des établissements porteurs pour montrer à l'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) que la chasse aux doublons était ouverte. Mais il n'a aucune compétence pour modifier l'offre de masters", déplore Etienne Boisserie, enseignant-chercheur membre du CA de l'Inalco (par ailleurs porte-parole de SLU).

Juxtaposition des calendriers : dépôt des maquettes-fusion-Idex

Les présidents des universités du pôle parisien pointent avant tout des incompréhensions et la nécessité de poursuivre le dialogue. "Nous avons un grand nombre de secteurs avec des recouvrements disciplinaires entre établissements du PRES. Etant donné qu'une université ne peut avoir deux mentions [de master] strictement identiques, et que nous nous dirigeons vers une grande université ensemble, on ne peut faire l'économie d'une réorganisation de notre offre commune dès maintenant. La discussion est en cours depuis plusieurs mois", justifie Frédéric Dardel, président de l'université Paris 5 , qui souligne surtout la contrainte de calendrier.

Les maquettes doivent être bouclées en cette rentrée 2012 (d'ici le 15 novembre), pour une habilitation qui dure cinq ans, tandis que la grande université Sorbonne Paris Cité est prévue à l'horizon 2016.

"Aucun conseil d'administration n'a voté le principe de la fusion, ni l'acceptation de l'IDEX [dans sa version définitive], réagit Etienne Boisserie. Nous sommes dans une fuite en avant, où le fait précède le droit. C'est comme si une vingtaine de personnes décidait de l'organisation d'une université de 120.000 étudiants, avec l'accord des autorités de tutelle, alors qu'on ne connaît même pas le cadre législatif dans lequel s'inscrira cette nouvelle université".

Et ce n'est pas le principe de réduire ou réorganiser l'offre de master qui pose problème, affirme l'enseignant chercheur. "La question de la mutualisation des masters doit se poser, d'autant plus à l'intérieur d'un PRES. Mais pas comme ça, et pas dans ces délais. C'est irrespectueux envers les collègues et la réflexion qui doit être menée", dénonce-t-il.

Certains masters ne seraient pas notés

La tension s'explique également par les règles quelque peu modifiées que l'AERES a proposé d'appliquer pour ce cas bien particulier. Un ajustement tout d'abord a été prévu avec l'agence : un certain nombre de mentions, sur lesquelles le projet n'est pas totalement abouti, ne devraient pas être notées par l'agence mais donner lieu à une forme d'évaluation prospective, avec des recommandations. "Nous pensions que ce processus permettait d'aider les collègues, mais cette absence de notes semble poser problème pour certains", explique Frédéric Dardel.

Deux peurs cohabitent à ce sujet : celle de récolter de mauvaises notes si la mutualisation n'est pas assez aboutie et que l'ensemble des maquettes du PRES ne fait pas sens ; celle de l'impact négative de voir sa mention ne plus être notée, auprès des étudiants ou sur l'image du master et de l'université.

Un seul établissement peut déposer une maquette portée par plusieurs

Second facteur d'inquiétude fort : l'AERES demande qu'une mention portée par plusieurs établissements soit déposée par un seul de ces établissements. "Nos collègues associent ce dépôt unique à une prise de pouvoir de l'université qui dépose. Mais ce n'est qu'une procédure technique", estime le président de Paris 5.

Une première tentative de la simplification de la carte des masters voulue parla ministre de l'Enseignement supérieur , qui montre toute la complexité de l'exercice.

(1) Le PRES réunit les universités Paris 3, 5, 7 et 13, Sciences po Paris, l'Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales), l'EHESP (Ecole des hautes études en santé publique), l'INPG (Institut de physique du globe de Paris)

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- Sur le site de SLR (Sauvons la recherche) : Motions autour du coup de force délibéré du bureau du PRES Sorbonne-Paris-Cité

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