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Parcoursup : turbulences au décollage

Laura Taillandier
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Pour le moment, la grande inconnue reste le comportement des lycéens dans l'acceptation de leurs vœux.
436.000 candidats ont reçu mercredi 23 mai une réponse positive sur Parcoursup. // ©  HAMILTON/REA
S'il est encore trop tôt pour dresser un premier bilan, le crash de Parcoursup annoncé par certains n'aura pas eu lieu. L'ouverture de la plate-forme, mardi 22 mai 2018 au soir, a survécu à plusieurs bugs et des places se libèrent à mesure des désistements. Le point sur sa mise en œuvre.

Au lendemain de l'ouverture du bal Parcoursup, l'heure n'est pas à la gueule de bois au ministère de l'Enseignement supérieur. Malgré quelques bugs et la déception des nombreux candidats "en attente", la machine est lancée et délivre son flot de réponses.

Sur les 419.000 candidats ayant reçu une première réponse positive le 22 mai 2018 à l'heure fatidique, 64.000 ont fait leur choix dans la nuit, libérant au matin des places pour les autres candidats encore "en attente". Dans "les prochains jours", 350.000 nouvelles propositions seront faites aux élèves, selon Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur. L'algorithme va continuer ainsi sa moulinette jusqu’au baccalauréat.

En revanche, pour les 29.000 candidats n'ayant reçu que des réponses négatives, ce sera à la commission d'accès à l'enseignement des académies de se pencher sur leurs cas.

Lire aussi. Parcoursup : le plan du ministère pour éviter la surchauffe

Des sites de repli pour éviter les débordements

La surchauffe de Parcoursup n'aura donc pas eu lieu en dépit des problèmes de connexion. Face à la forte affluence sur la plate-forme, plusieurs sites "de débordement" ont été mis en place par la Rue Descartes : Version 1, 2, puis 3 et 4… Les lycéens se sont vus dirigés vers ces sites supplémentaires leur donnant accès aux réponses des établissements à leurs vœux. Une solution temporaire : ces plates-formes ne leur donnant pas la possibilité d'y répondre de manière immédiate.

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, ces "sur-connexions" auront duré une quinzaine de minutes et, depuis hier soir, le site "normal" fonctionne à nouveau. Autre problème signalé par de nombreux candidats : des incohérences, parfois surprenantes, concernant leur place sur la liste d'attente… Alertée, la Rue Descartes assure que ces situations ont depuis été résolues.

Au fur et à mesure que les lycéens regardent de plus près leur dossier, de nouvelles questions se font jour : où se trouve la fiche avenir à laquelle ils doivent avoir accès ? Pourquoi les classes préparatoires publiques n'indiquent-elles pas toutes le rang du candidat sur la liste d'attente ? Au ministère de faire le service après-vente et, surtout, d'expliciter le "en attente" et les délais de réponse laissés aux candidats.

Lire aussi. Premier bug Parcoursup : "l’année de césure" dévoilée par erreur aux formations

Mention "peut mieux faire"

Ces couacs n'ont pas manqué de faire réagir les organisations opposées à la réforme de l'entrée à l'université, comme l'Unef, l'UNL et la FCPE. "La liste des problèmes rencontrés par les jeunes ne va faire que s'allonger dans les prochains jours, en témoignent les consignes reçues par plusieurs rectorats visant à chercher à rassurer les jeunes et les parents d’élèves", exposent dans un communiqué commun les trois organisations qui viennent d'ouvrir une plate-forme daide en ligne pour répondre aux interrogations sur la procédure de préinscription.

D'autres acteurs, à l'image du syndicat de chefs d'établissements, le SNPDEN, dressent un bilan mitigé de ce lancement en nuançant "le catastrophisme" ambiant. "Il est difficile de se satisfaire du niveau initial de réponses positives, parfois inférieur ou très inférieur à 50 % dans certaines zones géographiques et souvent générateur d'inquiétudes chez les élèves."

Et de prévenir : "Les bilans finaux et les taux de satisfaction seront à observer de près afin de pouvoir se prononcer valablement sur la fiabilité d'ensemble du dispositif retenu."

Miser sur les désistements

De leur côté, les universités tentent de rassurer parents et lycéens sur le bon déroulement de la procédure ; chiffres à l'appui. L'université de Cergy-Pontoise a répondu "favorablement" à 22.960 candidatures sur les 39.000 reçues. L’université de Rennes 1 affirme, quant à elle, accueillir en principe "tous les bacheliers ayant fait une inscription en licence".

À l'Université Grenoble-Alpes, qui a reçu près de 33.000 vœux, 67 % des candidats se sont vus proposer dès l'ouverture de Parcoursup un "oui" ou un "oui, si". L'établissement l'assure, confiant : il pourra répondre positivement à tous les bacheliers de l'académie au cours des prochaines semaines avec "le jeu des désistements".

Il faut donc compter sur la participation rapide des lycéens, comme le résume la CPU (Conférence des présidents d'université) sur les réseaux sociaux : "Merci à tous les étudiants qui jouent le jeu de libérer des places !" Un "jeu" engageant, qui demande néanmoins aux lycéens de prendre le temps de la réflexion.


Laura Taillandier | Publié le

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mal_pensant.

On ne pourra juger du bon fonctionnement -ou pas- de ce système centralisé qu'à la fin du processus -sachant aussi que les échecs au bac vont aussi naturellement libérer quelques dizaines de milliers de place ou sortir quelques dizaines de milliers de candidats des listes d'attente. En tout cas, il y a au moins un point positif, c'est d'avoir imposé aux universités de prendre, comme les autres établissements, d'accéder aux dossiers de leurs candidats et donc, si elles ont fait correctement leur boulot, d'écarter des candidatures trop inadaptées et/ou de prendre conscience de la nécessité de développer des parcours adaptés.