PCEM1 : un sésame pour les professions paramédicales

Marianne Chablé
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De trois, le nombre des professions paramédicales, autorisées à recourir à la première année de médecine (PCEM1) et à son concours comme étape de sélection à l’entrée des études, est passé à six. Et ce pour toutes les écoles. Voilà le résultat concret de l'arrêté du 8 août 2008. Ainsi, aux pionniers que sont les masseurs-kinésithérapeutes, les psychomotriciens, les ergothérapeutes et les manipulateurs d’électroradiologie médicale - qui ont expérimenté ce mode de recrutement pour quelques-uns de leurs instituts de formation (1)-, s’ajoutent dorénavant les pédicures-podologues et les techniciens en analyses médicales.

L'idée d'une première année commune de santé

Court de quatre articles, ce texte reprend, là, peu ou prou une idée d’une première année commune de santé défendue, par Domitien Debouzie, dans un rapport remis en juillet 2003, et appréciée dans la communauté médicale. Contre toute attente, cette nouvelle mesure ne rencontre pourtant pas l’approbation générale. Une erreur de calendrier peut-être ? « Cette décision nous préoccupe, explique Hélène Hernandez, vice-présidente de l’Association nationale française des ergothérapeutes (ANFE), chargée de la formation. "Bidouiller" une organisation, là, quand on sait que le PCEM1 va subir des modifications prochainement conduit les directeurs des centres de formation à se demander si cela vaut le coup de l’adopter, cette procédure. »

Les organismes redoutent un flou artistique généralisé

Et Linda Joseph, directrice de l’Institut de formation de techniciens en analyses biomédicales (IFTAB) de l’université catholique de .Lyon de s’étonner : « Nous n’avons pas été consultés. Et puis, en vertu de cette règle, tous les étudiants ne doivent pas en passer par là, mais ils « peuvent » être amenés à le faire. »   Le choix du verbe est en effet important. 100 % PCEM1, 100 % concours traditionnel des écoles paramédicales basé sur le programme de terminale S, une dose de chaque… les différents établissements, en accord avec une université partenaire, seront libres de « faire leur cuisine » pour déterminer leurs futures recrues. Les organismes représentatifs des professions paramédicales citées redoutent un flou artistique généralisé.

Une intégration à niveau licence ?

« Le gros reproche, ajoute Hubert Gain, directeur de l’Institut de formation des masseurs-kinésithérapeutes (IFMK) de Rennes, est surtout la non reconnaissance de cette année supplémentaire. Si les paramédicaux accèdent au niveau bac+3, et non bac+2 comme actuellement, ils intégreront alors la catégorie A des fonctionnaires, et non plus B, ce qui signifie une augmentation des salaires. C’est là que ça coince ! Et puis qu’en est-il des étudiants issus des sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) qui comptaient jusque-là dans notre vivier ? » Beaucoup de question en suspens : ce dossier fera de nouveau parler de lui !

(1) : il y a 21 instituts de formation de kiné, trois d’ergothérapeutes, un pour les psychomotriciens, trois pour les manipulateurs déjà concernés.


Marianne Chablé | Publié le

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