Présidentielle 2012 : les propositions de François Hollande pour l’enseignement supérieur et la recherche

Hélène Lesourd, avec Sylvie Lecherbonnier
Publié le
Envoyer cet article à un ami
François Hollande a fixé lundi 5 mars ses priorités pour l'enseignement supérieur et la recherche s'il est élu président de la République  : la lutte contre l’échec des étudiants en premier cycle accompagnée d’un plan national pour la vie étudiante, une réforme «  en profondeur  » de la loi LRU, le refus des inégalités territoriales et la revalorisation du doctorat et du statut de chercheurs en France. Pour ce faire, 5.000 des 60.000 créations de postes annoncées pour l'Education nationale par François Hollande seront dédiées à l'enseignement supérieur.

François Hollande était en déplacement lundi 5 mars en Lorraine. Dans le cadre de cette visite axée sur l’enseignement supérieur et de la recherche, le candidat socialiste a annoncé les grandes mesures qu’il entend prendre s’il est élu président de la République.

S’appuyant sur un bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy en matière d’enseignement supérieur et de recherche qu’il juge pour le moins peu concluant, François Hollande dresse un portrait inquiétant de la recherche et de l’enseignement supérieur français  : baisse des crédits alloués aux organismes de recherche, dégradation de la situation des jeunes chercheurs et des conditions de vie des étudiants, dotations aux universités insuffisantes, allant même jusqu’à parler de «véritable  bombe à retardement  » laissée par la majorité sortante en ce qui concerne le plan Campus avec le «  mauvais choix  » des partenariats public privé (PPP) pour assurer les financements.

Une «  mobilisation nationale pour les premiers cycles universitaires  »

Parmi les axes qu’il juge prioritaires, François Hollande met l’accent sur la lutte contre l’échec en licence. Il décrète une «  mobilisation nationale pour les premiers cycles universitaires  » en annonçant la création d’un service public de l’orientation présent du secondaire au supérieur. Il entend pour cela y associer les régions et doter les universités, par l’intermédiaire des bureaux d’insertion professionnelle et l’intégration d’une expérience professionnelle dans les parcours de licence, de véritables compétences et moyens pour rapprocher les établissements du monde du travail.

Garantir la réussite des étudiants passe également selon le candidat socialiste par un renforcement de leur encadrement dans les premières années d’étude. 5.000 des 60.000 postes prévus pour l’éducation nationale seront ainsi affectés prioritairement au premier cycle, les implications pédagogiques des enseignants-chercheurs valorisées, les doctorants mobilisés et le tutorat renforcé.

Le candidat socialiste propose par ailleurs d’instaurer des spécialisations plus progressives dans le parcours de licence et conforte le besoin de construire des systèmes de passerelles entre les formations. Il veut ouvrir des écoles supérieures du professorat et de l'éducation pour les étudiants qui se destinent au métier d'enseignant.

Un plan national pour la vie étudiante

François Hollande réaffirme sa volonté de créer une allocation d’études supérieures sous condition de ressources. Elle serait mise en place dans le cadre d’un parcours d’autonomie et adossée à un contrat dit de réussite engageant les étudiants issus de milieux modestes qui souhaiteraient se consacrer à leurs études sans être contraints de recourir au travail pour les financer.

L’amélioration des conditions de vie des étudiants passe en outre selon le candidat socialiste par la simplification du système de caution solidaire, l’extension du chèque santé et un effort tangible en matière de logement. François Hollande annonce pour cela le lancement d'un programme de 40.000 nouveaux logements étudiants sur 5 ans «  auxquels s’ajouteront les logements sociaux auxquels les étudiants devront avoir accès  ».

Réforme en profondeur de la loi LRU

François Hollande n’entend pas remettre en cause le principe d’autonomie des universités mais s’attaque à la mise en œuvre de la loi Pécresse. «  La LRU doit être profondément réformée  » et remplacée par une loi-cadre soucieuse d’assurer une véritable autonomie financière aux universités et une gouvernance plus collégiale et démocratique. Tout transfert de charges de l’état vers les établissements devra être couvert par un transfert de moyens équivalents.

« Une logique de coopération devra se substituer à une logique de compétition ». C’est en ces termes que François Hollande revient sur les investissements d’avenir. Bien que responsables des disparités et déséquilibres que comporte désormais le paysage universitaire français selon le candidat, ce dernier n’entend pas « remettre en cause le travail considérable » accompli par les porteurs de projets «  ni renier la parole de l’Etat  ». Mais les inégalités territoriales et les risques de « déserts universitaires et scientifiques » devront être combattus.

Le candidat socialiste souhaite aussi revenir sur le fonctionnement de l'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) "trop complexe et trop opaque".

Revalorisation du doctorat et du statut de chercheur

En matière de recherche, François Hollande annonce la réforme du Crédit Impôt Recherche « en le recentrant sur les entreprises qui en font le meilleur usage  » et en l’utilisant comme levier d’embauche des docteurs.

Le statut des doctorants fait également l’objet d’une attention particulière dans les propositions faites par le candidat socialiste. Il fixe comme objectif le financement de chaque thèse par un contrat de travail donnant lieu à des cotisations pour la retraite et propose de retenir le statut de doctorant dans les conditions d’accès au concours de la fonction publique.

A lire : 

strong>Le discours de François Hollande

La réaction de Laurent Wauquiez

Il aura fallu moins de deux heures à Laurent Wauquiez pour développer, point par point, un argumentaire contre le diagnostic et les propositions de François Hollande sur l'enseignement supérieur. Pour le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, "François Hollande et le parti socialiste ont 'l'université honteuse'. Ils n'ont jamais osé réformer l'enseignement supérieur autrement que par des discours lénifiants."

Laurent Wauquiez parle de l'investissement "massif et sans précédent" réalisé pour l'enseignement supérieur depuis le début du quinquennat. "Le budget des universités a augmenté de 25% en moyenne", assure-t-il. Et de rappeler l'action du gouvernement depuis cinq ans. SL




Hélène Lesourd, avec Sylvie Lecherbonnier | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires