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Réforme du bac et du lycée : instauration du contrôle continu et fin des séries générales

Erwin Canard
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Blanquer
La réforme du baccalauréat a été lancée le 14 février 2018. // ©  Nicolas Tavernier / R.E.A
Jean-Michel Blanquer l'a annoncé officiellement mercredi 14 février 2018 : le futur baccalauréat, qui entrera en vigueur lors de la session 2021, sera désormais évalué par le contrôle continu, à hauteur de 40 %. La disparition des séries des voies générales a également été entérinée.

"En préparant le bac, on se prépare à ce qui fait suite." C'est ainsi que Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, a résumé la réforme du baccalauréat et du lycée présentée en Conseil des ministres, puis en conférence de presse, mercredi 14 février 2018.

Le futur bac, qui entrera en vigueur lors de la session 2021, est fidèle sur bien des points aux propositions émanant du rapport Mathiot, la "base [du] travail" du ministre. Les candidats à l'examen de fin d'études secondaires ne passeront plus que quatre épreuves terminales (cinq, si l'on ajoute l'épreuve anticipée, écrite et orale, de français), de manière à être "fidèle à la promesse du président de la République", a insisté Jean-Michel Blanquer. Ces épreuves compteront pour 60 % de la note totale de l'examen.

Deux de ces épreuves porteront sur les disciplines de spécialité choisies par l'élève. Elles se dérouleront au retour des vacances de printemps, afin de pouvoir être comptabilisées dans Parcoursup. Son calendrier reculera d'ici à 2021. Les mentions et les rattrapages oraux, eux, sont maintenus.

40 % de contrôle continu

Les deux autres épreuves seront la philosophie et un oral, "l'innovation majeure de ce baccalauréat", selon Jean-Michel Blanquer. Il durera vingt minutes, sera passé individuellement et sera consacré à un projet préparé par l'élève, d'abord en groupe, en première, puis individuellement, en terminale. Cette épreuve devrait permettre, selon le ministre, de "s'orienter davantage, au cours des années lycée, vers l'acquisition des compétences fondamentales" et d'aller ainsi vers "plus d'égalité".

Mais une des grandes révolutions de ce baccalauréat nouvelle formule est bien la prise en compte du contrôle continu, qui comptera pour 40 % de la note totale de l'examen, sous deux modalités différentes. Les lycéens passeront trois sessions d'épreuves ponctuelles durant le cycle terminal (première et terminale) sur toutes les matières étudiées. Celles-ci représenteront 30 % de la note. Les sujets seront tirés d'une "base nationale", les copies seront anonymes et corrigées par d'autres enseignants que ceux de l'élève.

Si le nombre d'enseignants est insuffisant, le ministre laisse la possibilité aux lycées d'échanger leurs copies avec les établissements à proximité. Les dates de ces épreuves ponctuelles seront fixées par les lycées, même si le ministère propose que les deux sessions de première se déroulent en janvier et en avril et celle de terminale en décembre.

Les 10 % restants de la note seront établis à partir des bulletins scolaires de première et de terminale. La prise en compte du contrôle continu pour le baccalauréat répond à la nécessité, selon Jean-Michel Blanquer, "de ne pas tout jouer sur une seule session d'examen, d'éviter les accidents". En outre, cela "incite à travailler en continu plutôt que de bachoter", ajoute-t-il. Globalement, selon le ministre, "les vertus du nouveau baccalauréat sont plus d'égalité, plus de liberté, plus de véritable réussite, plus de simplicité et plus de modernité".

Concernant l'organisation du lycée, la réforme entérine la fin des séries générales (les séries technologiques, elles, demeurent), remplacées par des "spécialités". L'objectif ? "Se conformer aux choix qui correspondent le plus aux goûts des élèves", souligne Jean-Michel Blanquer. Cette future organisation du lycée s’avérera "beaucoup plus simple que les séries actuelles", assure-t-il.

Un socle et des spécialités

À partir de la rentrée 2019, pour les élèves entrant en première, la voie générale sera formée d'un "socle de culture commune", composé des disciplines suivantes : français (puis philosophie en terminale), histoire-géographie, deux langues vivantes, EPS et une nouvelle discipline, appelée "humanités scientifiques et numériques".

Les contours de cet enseignement restent flous pour le moment, son nom pouvant même évoluer d'ici à sa mise en œuvre. Jean-Michel Blanquer a simplement indiqué qu'il pourrait s'agir notamment de "sciences, de philosophie, d'histoire-géographie". Elle sera dispensée par des enseignants de plusieurs disciplines, "en coopération". Le ministre a également laissé entendre qu'un plan de formation au numérique pour les enseignants serait à l'étude.

En plus de ce socle, les élèves devront choisir trois spécialités en première (quatre heures hebdomadaires pour chaque choix), puis deux en terminale (six heures hebdomadaires chacune) parmi : arts ; écologie, agronomie et territoires ; histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; langues et littératures étrangères ; mathématiques ; mathématiques et sciences informatiques ; SVT ; sciences de l'ingénieur : sciences économiques et sociales ; physique-chimie.

Les élèves pourront changer de spécialités entre la première et la terminale, "en concertation avec l'équipe pédagogique". En revanche, il ne sera pas possible d'en changer en cours d'année, comme il était proposé dans le rapport Mathiot. L'année reste organisée en trimestres.

Enfin, outre le socle de culture commune et les spécialités, les lycéens suivront, en première et en terminale, un temps d'une heure trente par semaine consacré à l'orientation.

Des possibilités différentes selon les lycées

L'éventail des possibilités pour les élèves ne devrait pas être le même d'un lycée à un autre. Si le ministre assure qu'il n'y aura "pas de mariage obligé", autrement dit pas de deuxième discipline imposée en cas de choix d'une première, les élèves ne pourront pas forcément choisir la "doublette" qu'ils souhaiteront.

"Il n'y aura pas dans chaque lycée les 30 doublettes", admet Jean-Michel Blanquer, même s'il précise que l'idée est que le choix soit "le plus large possible". Les établissements auront d'ailleurs une marge de liberté pour, selon ses termes, "[en] proposer une que l'on ne trouve pas ailleurs", avec une marge élargie pour les "établissements défavorisés". Reste à voir si ces différences entre établissements quant au catalogue de spécialités proposées influeront sur l'orientation des élèves dans l'enseignement supérieur.

Le calendrier en quelques dates

D'ici au printemps 2018 : changement de nom de la classe de terminale. Jean-Michel Blanquer a indiqué que "classe de maturité" était l'une des possibilités.
Rentrée 2018 : mise en place, pour les élèves de seconde, de 54 heures annuelles sur l'orientation, d'un test de positionnement numérique de français et de mathématiques, passé en début d'année, ainsi que de deux heures d'accompagnement personnalisé hebdomadaires, dédiées à la maîtrise de l'expression écrite et orale.
Fin 2018 : publication des nouveaux programmes de première et de terminale. Le ministre a saisi le Conseil supérieur des programmes sur ce point.
Rentrée 2019 : mise en œuvre de la nouvelle organisation de la classe de première et des nouvelles modalités du baccalauréat, ainsi que du contrôle continu pour les élèves de première. Déploiement des nouveaux programmes.
Rentrée 2020 : mise en œuvre de la nouvelle organisation de la classe de terminale et des nouvelles modalités du baccalauréat, ainsi que du contrôle continu pour les élèves de terminale.


Erwin Canard | Publié le

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Viviane Micaud.

en réalité, c'est contreproductif de supprimer les séries générales, il fallait rajouter des options maths possibles en L et SES, et autoriser avec les "dominantes" SES et S, les exigences en rédaction des filières technologiques. En réalité, les séries ne seront pas supprimer. En effet, Blanquer a promis en Première trois options parmi 11, ce qui fait 195 possibilités (Demandez à un matheux de vous faire la démonstration). C'est impossible à mettre en oeuvre dont il faudrait faire des regroupements imposés d'options. Les lycéens auront le choix entre 4 à 9 regroupements possibles. Pour que le système soit lisible et éviter les délits d'initiés, je propose de leur attribuer un nom et les appeler "séries". Celles et ceux qui n'ont pas fait que de la philo et qui ont appris la logique, ont compris ma démonstration. Les séries ont une utilité fonctionnelle. Toutes les solutions où on s'en passe sont moins efficace. La suppression des séries et ni souhaitable, ni possible, il faut donner des flexibilités dans les options maths et dans le tronc commun associé.

Sabbagh.

Prenons un peu de temps pour voir....Toute réforme peut avoir du bon ? mais le terme proposé " classe de maturité " est RIDICULE ....Pourquoi ne pas maintenir " Terminale" qui montre bien qu'on finit le cycle " Lycée" . A revoir, cher >Ministre !!! car on devient risibles aussi bien en France qu'à l'étranger !!!

Jacques.

Peuit-être simplement que dans les lycées privés les élèves travaillent mieux et ont de meilleurs résultats...et je ne vois pas pourquoi les lycées publics "de seconde zone" ne surnoteraient pas aussi.

Viviane Micaud.

Il y a un seul niveau possible en maths en première et facultative. Ce choix avait été fait en Italie et cela avait détruit les études scientifiques. Puis en Finlande dans les années 1970, puis ils sont revenus en arrière comprenant le danger. Il y a maintenant deux parcours. Je pense que Blanquer est capable de comprendre les dégats que va faire un tel lycée. Inquiétant.

Loïc.

Le socle commun basé uniquement sur les matières littéraires peut être choquant, ce qui me choque le plus c'est le lycée "à la carte". Les enseignants vont être la "variable d'ajustement" des choix d'orientation, ils auront donc plus de classes à suivre et être dans bien des cas affectés sur plusieurs établissements. Pour assurer le suivi des élèves, il y a mieux. En outre, nous savons bien que des établissements privés surnotent leurs élèves pour gonfler les dossiers, maintenant ce sera pour leur faire avoir le bac! Ce qui s'annonce c'est une éducation à plusieurs vitesses, d'une part des lycées bien dotés en personnels et en budget qui pourront offrir tous les choix possibles et d'autre part des lycées de seconde zone moins bien dotés et qui devront composés avec d'autres établissements pour pouvoir faire les emplois du temps et se partager les profs.

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