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Ile-de-France : les critères d'affectation dans les lycées, un levier pour la mixité sociale

Isabelle Dautresme
Publié le
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Mesurer les effets des procédures de sectorisation et d’affectation dans les lycées d'Ile-de-France ainsi que le rôle des établissements dans la ségrégation sociale et scolaire. Tels sont les objectifs des trois études réalisées pour l'Observatoire de la mixité sociale et de la réussite scolaire du conseil régional d'Ile-de-France, présentées mercredi 2 juillet 2014.

"On ne pourra parvenir à une plus grande mixité scolaire qu’à condition de mettre en place des politiques volontaristes", martèle Henriette Zoughebi, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France en charge des lycées, après avoir pris connaissance des conclusions des trois études réalisées pour l’Observatoire de la mixité sociale et scolaire d’une région où la discrimination est particulièrement forte.

Paris, Créteil et Versailles au banc d'essai

Pour mesurer l’impact des procédures d’affectation sur cette ségrégation, trois économistes de l'Institut des politiques publiques et de l’École d’économie de Paris – Gabrielle Fack, Julien Grenet et Asma Benhenda  ont observé, entre 2002 et 2012, les critères d’affectation des collégiens dans les lycées généraux d'Ile-de-France.

Il en ressort que les trois académies (Paris, Créteil et Versailles) ont mis en place des règles très différentes. À Créteil et Versailles, le lieu de résidence continue de jouer un rôle prépondérant, malgré l’assouplissement de la carte scolaire.

Paris, en revanche, a fait le choix, avec le dispositif Affelnet, d'accorder un bonus spécifique aux élèves boursiers dans sa procédure d'affectation, ce qui a permis une plus grande mixité sociale. La discrimination scolaire demeure néanmoins, les notes obtenues durant l'année de troisième restant un critère déterminant.

Une ségrégation liée aussi au hasard

Parallèlement à cette ségrégation entre établissements, il existe un "entre soi" à l’intérieur même des lycées, entre les classes. C’est ce que montrent trois chercheurs de l’École d’économie de Paris : Eric Maurin, Son-Thierry Ly et Arnaud Riegert, dans une étude intitulée : "La mixité sociale et scolaire : le rôle des établissements".

D'après eux, cette ségrégation scolaire est d’abord le résultat... du hasard ! Son intensité s’explique alors davantage par l’absence de politique visant à plus de mixité au sein des établissements que par l’existence de politique, délibérément ségrégative.

Faut-il en conclure que la ségrégation sociale est uniquement le résultat du hasard ? Ce serait ignorer les choix de certains chefs d'établissements de regrouper au sein des mêmes classes les élèves ayant choisi des options réputées difficiles, ont souligné les auteurs de l'étude. Et Henriette Zoughebi de conclure : "les marges de progression sont fortes dans les trois académies."


Isabelle Dautresme | Publié le

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Bonnechère.

bonjour je trouve que cet article et l'étude associée sont malheureusement resté à niveau superficiel. Il me semble que l'objectif de l'école n'est pas de mélanger les classes sociales mais de faire réussir les élèves, en particulier quand ils sont de catégorie défavorisée. Il serait intéressant de comparer les politiques d'affectation au lycée selon la réussite des élèves en question. La diversité sociale mise en place (que l'étude semble constater) a t elle un effet bénéfique pour leur réussite ? Pour avoir étudié le système parisien, j'en doute. En effet, pour entrer dans un lycée sélectif, il faut ou bien avoir d'excellentes (vraiement) notes ou bien être boursier. Le poids du critère boursier fait que l'élève boursier, quelque soit son niveau, sera affecté dans le lycée demandé, même très sélectif. En gros, on met ensemble les meilleurs élèves (les meilleures notes en tous cas) avec des élèves qui cumulent un environnement familial moins favorable et des notes faibles. Est ce un moyen pour faire réussir ces élèves ? Quant à moi, j'en doute mais il serait intéressant d'observer cette réussite avant tout. C'est, je crois, ce que l'étude aurait du évaluer. Dernier point : ces élèves faibles à qui l'on permet d'accéder aux lycées sélectifs : qu'est il prévu pour les accompagner et les aider dans les lycées en question. Rien. Questionnez les proviseurs à ce propos. Vous serez édifiés.