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Cure d'austérité pour l'université de Rennes 1

Laura Taillandier
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L'université de Rennes 1 a voté, jeudi 25 octobre 2018, un plan de retour à l'équilibre sur trois ans.
L'université de Rennes 1 a voté, jeudi 25 octobre 2018, un plan de retour à l'équilibre sur trois ans. // ©  Jean Claude MOSCHETTI/REA
Placée sous la tutelle du rectorat, l'université de Rennes 1 a voté un plan de retour à l'équilibre. Celui-ci prévoit un non-renouvellement important de postes d'enseignants-chercheurs et de personnels techniques, jusqu'en 2021. Selon les syndicats de l'établissement, un "point de non-retour" est atteint.

Pour les syndicats de Rennes 1, le plan de retour à l'équilibre de l'université adopté en conseil d’administration, ce jeudi 25 octobre, a tout d'"un plan social". Mis sous tutelle du rectorat, l'établissement doit en effet redresser la barre de ses finances après plusieurs années de déficit : 5,8 millions d'euros en 2017, puis 2,8 millions d'euros en 2018. Et pour y arriver, le plan prévoit de réduire le principal coût : la masse salariale qui représente 213 millions d'euros sur un budget de 283 millions d'euros.

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Entre 82 et 120 postes non remplacés

C'est désormais la marche à suivre. Les conseils d'administration doivent adopter par délibération des plans de retour à l'équilibre pour l'exercice suivant, soumis à l'avis préalable du recteur. Selon l'université de Rennes 1, ce plan prévoit une réduction sur trois ans de 82 emplois (titulaires et contractuels) sur un total de plus de 3.200.

Un chiffre erroné selon l'intersyndicale (1) qui manifestait devant les bureaux de la présidence en début d'après-midi, avant le conseil d'administration. "Je maintiens qu'il s'agit de 120 postes nets qui ne seront pas renouvelés dont 28 enseignants-chercheurs et 92 personnels ingénieurs, techniciens et administratifs, auxquels s'ajoutent des titulaires qui seront remplacés par des contractuels et des contractuels non renouvelés. Soit une économie de 274 postes au total", détaille Yann Le Page, le secrétaire de la CGT-Ferc de l'établissement. La suppression des postes de titulaires serait permise par le non-remplacement de deux départs en retraite sur trois d'enseignants et de cinq départs sur six pour les personnels techniques.

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Compenser le glissement vieillesse technicité

Les organisations syndicales et étudiantes dénoncent un "point de non-retour". "Cette amputation programmée par le plan de retour à l'équilibre fait suite au plan de 100 suppressions de postes en cours depuis 2016. Il vient s’ajouter à la baisse de 25 % sur les cinq dernières années des crédits affectés par l’université aux formations et laboratoires de recherche, et prévoit une baisse supplémentaire de 15 % alors que, sur la même période, le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter (+ 12 %)." Les syndicats demandent que "l’État assume l'intégralité de la masse salariale en garantissant notamment la compensation du glissement vieillesse technicité (GVT)".

Un point sur lequel s'accorde également David Alis, le président de l'université. "Nous demandons une politique de financement des universités intensive en recherche mieux adaptée et des compensations complètes de l’État sur les hausses réglementaires qu’il décide. En 2018, les universités ont obtenu une compensation sur le GVT et un accompagnement à la mise en place de la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants. La poursuite de cet effort financier est indispensable", souligne-t-il.

L'augmentation de la masse salariale s’explique en effet en partie par des augmentations réglementaires comme le GVT ou la Contribution sociale généralisée (CSG). Le gouvernement s'est pourtant engagé devant les présidents d'université fin juillet 2018 à "prendre en compte cette limite". Une enveloppe de 173 millions d'euros est notamment prévue dans le PLF 2019 pour venir financer le GVT.

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Mais l'université pointe aussi d'autres dépenses incompressibles comme les coûts de fonctionnement de son patrimoine immobilier (5 millions d'euros de coûts de fluides – électricité, chauffage, eau – et 3 millions d'euros de maintenance). Et d'en appeler de nouveau à l’État : "Le patrimoine immobilier des universités en Bretagne n’a pas bénéficié d’un soutien de l’État au titre de plan Campus. L’université de Rennes 1, université de recherche intensive, souffre également de l’absence de prise en compte de critères qualitatifs dans le modèle d’allocations de moyens".

(1) Les organisations qui composent cette intersyndicale sont la CGT-Ferc Sup, le Snprees-FO, le Snesup-FSU, le Sncs-FSU, le Snasub-FSU, le Sgen-CFDT, Snptes, A&I-Unsa, SUD-Éducation, Solidaires et l'Unef.


Laura Taillandier | Publié le

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