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Sorbonne-Paris-Cité : Paris-Descartes tarde à valider "l'université de Paris"

Céline Authemayou
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Université Paris Descartes - Paris 5 - Salle de lecture BIU Santé Médecine-Odontologie © Photothèque Paris Descartes Huguette & Prosper
Le conseil d'administration de Paris-Descartes doit encore se prononcer sur le projet d'Idex, appelé "Université de Paris 2019". // ©  université Paris Descartes-Paris 5 Huguette & Prosper
Alors que l’Université Sorbonne-Paris-Cité doit déposer son nouveau projet d'Idex le 18 décembre 2017, l’université Paris-Descartes a dû interrompre son conseil d’administration, mardi 12 décembre. C’est le seul établissement impliqué dans le nouveau projet de la Comue à ne pas avoir encore donné son feu vert pour la feuille de route.

À l'Université Sorbonne-Paris-Cité, les rebondissements sont devenus la norme. Mardi 12 décembre 2017, les conseils d'administration des universités Paris-Diderot (Paris 5) et Paris-Descartes (Paris 7) se réunissaient pour valider le nouveau modèle d'université porté par la Comue,dans le cadre de sa candidature Idex. Or Paris-Descartes n'a pas réussi à se prononcer.

Le conseil d'administration a été bloqué par des syndicalistes, parmi lesquels des représentants de l'Unef. Frédéric Dardel, président de l'établissement, a donc interrompu le conseil.Pour le syndicat étudiant, le projet de fusion donnerait lieu à "une sur-concentration du pouvoir autour du président et d'un conseil d'administration restreint". Sur la forme, l'Unef ne tolère pas que les membres du conseil d'administration de Paris-Descartes, élus il y a deux ans, soient appelés à voter une fusion "qui n'avait pas été évoquée en ces termes".

À ce jour, la date du prochain conseil d'administration, au cours duquel sera soumis le projet n'est pas encore connue. Pourtant, l'échéance approche à grands pas. Le 18 décembre 2017, l'Université Sorbonne-Paris-Cité remettra son dossier Idex au jury international. En jeu : la reconquête du label, perdu en avril 2016. Depuis, la Comue parisienne réfléchit à son modèle. Au fil des mois, elle est passée par plusieurs étapes, faites de hauts et de nombreux bas.

3 CA sur 4 valident le projet Idex

Si le projet validé fin 2016 visait à aboutir à une université intégrée, réunissant Paris 3, Paris 5, Paris 7 et Paris 13, l'union des quatre établissements s'est peu à peu délitée, pour laisser place, à l'automne 2017, à une nouvelle université cible ne comprenant plus que Paris 5, Paris 7 et un troisième établissement, l'IPGP (Institut de physique du globe de Paris). Un temps évoquée, l'arrivée de Science po dans ce nouveau cercle aura fait long feu.

C'est ce nouveau modèle d'université, baptisé "Université Paris 2019", qui a été présenté aux différents conseils d'administration des structures concernées, dans le courant du mois de décembre. Le projet, qui constitue la colonne vertébrale du dossier Idex, a d'ores et déjà obtenu l'aval du conseil d'administration de la Comue parisienne le 6 décembre 2017, à 31 voix pour, une abstention et 6 voix contre. Quant à l'IPGP, il s'est prononcé, par la voix de son conseil d'administration, à 17 voix pour (4 abstentions). Le 12 décembre 2017, Paris-Diderot a validé le projet. Ne manque donc plus que le feu vert de Paris-Descartes. Un feu vert qui pourrait intervenir après le 18 décembre 2017.

Un élément problématique pour déposer le dossier ? Pas vraiment, selon l'université, l'essentiel étant que la validation intervienne avant que le jury Idex ne se penche sur le dossier, en février-mars 2018.

L'université de Paris, à l'horizon 2019

Pour créer l'université de Paris, Paris 5 et Paris 7 devront fusionner – et perdre au passage leur personnalité morale –, l'IPGP devenant une composante de ce nouvel établissement. Dans le document qui devrait être soumis au jury et qu'EducPros a pu consulter, les rédacteurs reconnaissent un changement de cap et estiment avoir eu les yeux plus gros que le ventre lors de la dernière candidature. "Fusionner deux ou trois établissements est difficile, mais fusionner huit établissements simultanément est quasiment impossible", reconnaissent-ils.

Avec l'université de Paris – dont le nom a d'ores et déjà été déposé –, l'objectif change donc. Autour de ce noyau dur, qui doit voir le jour au 1er janvier 2019, plusieurs partenaires "non intégrés" graviteront, à savoir les autres membres actuels de l'USPC, parmi lesquels Sciences po, Paris 13, ou encore Sorbonne-Nouvelle.

Quant à l'université, elle regroupera trois facultés : sciences, sciences humaines et sociales, et santé. De quoi en faire l'"une des grandes universités de recherche en Europe, avec le plus haut score français en termes de citation par article", promettent les porteurs du projet. Trois instances centrales de gouvernance seront créées : un conseil d'administration, un sénat académique et un comité de direction. Les facultés étant chargées "d'élaborer des propositions, validées par les instances centrales".

Vers la disparition de la Comue USPC ?

Si le calendrier est déjà bien établi – l'université de Paris devant être complètement finalisée en 2023 –, reste cependant un "détail" à régler. Le modèle ne pourra être mis en œuvre que lorsque la législation en matière de politique de site aura évolué. Pour l'heure, les statuts juridiques n'ont pas encore été rédigés et reste à savoir si le projet d'ordonnance, offrant aux regroupements la possibilité d'expérimenter de nouveaux modèles de gouvernance, sera devenu réalité avant le 1er janvier 2019.

Au-delà de cette question institutionnelle, une autre interrogation demeure : quel avenir pour la Comue Sorbonne-Paris-Cité ? Une fois créée, l'université de Paris prendra la tête du projet Idex. "Si nous estimons que la valeur de la structure institutionnelle est limitée, nous dissoudrons la Comue et la remplacerons par une convention entre l'université cible et les partenaires associés", est-il affirmé dans le dossier de candidature. Les rebondissements dans le dossier USPC ne sont pas prêts de s'arrêter.

18 décembre 2017, jour d'Idex
Toulouse. Autre regroupement ayant perdu son label en avril 2016, Toulouse se bat pour présenter un front uni le 18  décembre. Mardi 12 décembre, le conseil d'administration de l'université Toulouse 2 Jean-Jaurès a validé in extremis le projet, la seule voix du président ayant fait la différence. Celui de Toulouse 3 a validé le projet, avec 26 voix pour et 3 contre, ceux de l'INP et de l'Insa ne se sont pas encore déroulés.

Paris-Saclay. Contrairement au 22 décembre 2015, date à laquelle le regroupement avait déposé son projet Idex, la configuration semble aujourd'hui plus simple à Paris-Saclay. La venue d'Emmanuel Macron sur le plateau, le 25 octobre 2017, a acté le nouveau modèle, bâti autour de deux cercles  : d'un côté NewUni, porté par l'École polytechnique, et de l'autre Paris-Saclay, seule porteuse du dossier Idex.

Paris Sciences et Lettres. Dès février 2017, le modèle de PSL était acté, présenté depuis dans les conseils d'administration des établissements membres. Alain Fuchs, élu à la présidence de la Comue après le départ de Thierry Coulhon pour l'Élysée, ne cache pas ses ambitions : "La défense du projet devant le jury Idex en mars, va conditionner l'avenir de l'université PSL. Les efforts devront être entièrement tendus vers la réussite de l'Idex, le jury semble placer la barre assez haut en matière d'intégration institutionnelle", prévenait-il en novembre 2017, dans un éditorial publié sur le site de PSL.

Céline Authemayou | Publié le

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mal-pensant.

Beaucoup de gaspillage de temps et d'énergie pour un résultat des plus incertains.