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Université Sorbonne-Paris-Cité : Sciences po sort du jeu

Morgane Taquet
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Sciences po a rejoint la CGE en juillet 2016.
Sciences po ne fera pas partie de l'université cible de l'USPC. // ©  Camille Stromboni
C'est une énième volte-face pour USPC. L'élaboration d'un nouveau projet sans Paris 3 mais avec Sciences po et l'IPGP devait permettre de récupérer le label Idex. Mais la rue Saint-Guillaume claque finalement la porte, à quelques semaines du dépôt du dossier, et reste néanmoins membre de la Comue.

La vie des regroupements universitaires en (re)conquête d'Idex n'est pas de tout repos. Après Saclay, mercredi 25 octobre, où le président de la République, Emmanuel Macron, a acté la séparation en deux pôles distincts, c'est au tour de l'Université Sorbonne-Paris-Cité d'être sur le devant de la scène, jeudi 26 octobre. L'heure tourne, il est vrai, pour ces ensembles. Le 18 décembre 2017, chacun d'entre eux devra avoir déposé son dossier pour le nouveau round Idex. Pour l'USPC, il s'agit ni plus ni moins que de retrouver le précieux label... et ses financements.

Le périmètre de "l'université cible" de l'USPC n'a cessé de bouger depuis l'été. Alors qu'un nouveau projet d'un EPSCP avec statut dérogatoire réunissant Paris 5, Paris 7, l'IPGP et Sciences po, est depuis quelques semaines sur la table, l'école de la rue Saint-Guillaume a ainsi annoncé ce matin qu'elle ne fera finalement pas partie de cet ensemble. La raison invoquée ? "Le calendrier du dépôt du dossier ne lui permet pas de mettre en œuvre, dans les délais impartis, le degré d'intégration exigé par les Initiatives d'excellence." En septembre déjà, l'université Paris 3 s'en était retiré.

Une large majorité contre le projet

Le conseil d'administration de la FNSP (Fondation nationale des sciences politiques) et le conseil de l'IEP, auquel assistait François Houllier, se sont respectivement réunis le 25 et 26 octobre sur ce sujet. Selon les informations recueillies par EducPros, le CA de la Fondation s'est prononcée à l'unanimité contre le projet. "Les trois conseils (conseil scientifique, conseil de l'Institut et CA de la Fondation) ont voté à une large majorité dans le sens d'une non-intégration à l'université cible", confirme Frédéric Mion.

Peut-on parler de revirement ? "Il n'est absolument pas question d'une volte-face. Nous avons annoncé en septembre à nos communautés qu'un projet d'intégration dans une université cible plus resserrée était à l'étude. Après avoir beaucoup instruit le dossier, nous avons consulté nos instances afin de mesurer le degré d'engagement qui était souhaitable. Le sujet était de se positionner à très court terme dans un projet à forte ambition du point de vue du niveau d'intégration des établissements. Or, ce laps de temps nous a semblé trop bref pour pouvoir nous porter à ce niveau d'intégration et donner toutes les chances de succès au projet d'Idex."

Nous restons pleinement intégrés à USPC et il n'est pas question de se tourner vers un autre regroupement.
(F. Mion)

Sciences po, membre associé ?

Sciences po qui reste membre de la Comue USPC dit vouloir soutenir "pleinement, et de toutes les manières qui seront utiles, la dynamique de création de cette nouvelle université de recherche regroupant Paris-Descartes, Paris-Diderot et l'IPGP. Sciences po continuera de s'investir pleinement dans USPC et développera tous les partenariats, nationaux et internationaux, qui sont au cœur de son projet depuis l'origine."

Quelle sera la nature de la collaboration avec ce futur établissement ? "Ce n'est pas décidé, mais le statut de membre associé est généralement le premier mode de travail et de coopération", précise Frédéric Mion. "Nous restons pleinement intégrés à USPC et il n'est pas question de se tourner vers un autre regroupement. Notre souhait sera de bâtir toutes les coopérations possibles avec ce futur établissement", assure le directeur qui se dit très confiant dans les chances de succès d'USPC devant le jury Idex en mars prochain.

Une nouvelle université avec trois établissements

Dans un mail adressé à leurs communautés, et dont EducPros a eu copie, les présidents de Paris 7 et Paris 5 et le directeur de l'IPGP indiquent que "le périmètre de la nouvelle université est aujourd'hui finalisé. Les universités Paris-Descartes, Paris-Diderot et l'Institut de Physique du Globe de Paris, qui conservera sa personnalité morale, porteront ce projet d'une nouvelle université dans le cadre des Initiatives d'excellence. Le projet d'Idex proposé portant sur cet ensemble resserré, composé de nos trois établissements dont les pratiques de travail sont installées de longue date, tant en formation qu'en recherche, présente les meilleures chances de réussite." Au tour de leurs conseils d'administration de se prononcer.

USPC : un Idex à rebondissements
Après avoir vu la labellisation Idex de l'USPC stoppée en avril 2016, les gouvernances des quatre universités membres du regroupement (Paris 3, 5, 7 et 13) s'étaient engagées à l'été 2016 sur la voie de la fusion, avant d'en exclure Paris 13 à l'automne. En janvier 2017, les établissements avaient adopté une "feuille de route" fixant notamment les grandes lignes de la future université issue de la fusion de Paris 3, Paris 5 et Paris 7. Un rapprochement validé par les trois conseils d'administration qui prévoyait la création d'un nouvel EPSCP de droit commun, doté de la personnalité morale. Avant de revoir sa stratégie à l'été 2017 et de proposer une nouvelle "université cible" sans Paris 3 mais associant Paris 5, Paris 7, Sciences po et l'IPGP.

Morgane Taquet | Publié le

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