Succession Descoings à Sciences po : Hervé Crès élu de justesse par le conseil de direction

Camille Stromboni
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Sciences po - Amphi Boutmy - octobre 2012 - © Camille Stromboni
Sciences po - Amphi Boutmy - octobre 2012 - © Camille Stromboni
Suite - et fin ? - du feuilleton de succession de Richard Descoings à la tête de Sciences po Paris. Après avoir été adoubé la veille par le conseil d'administration de la FNSP (fondation nationale de science politique), Hervé Crès a été élu par le conseil de direction de l'IEP mardi 30 octobre 2012.

Une élection un peu particulière, puisqu'elle a débuté, après plus de trois heures de débat, par un vote sur l'opportunité de désigner, ou non, le successeur de Richard Descoings à cette date. Le calendrier est en effet au coeur d'un bras de fer entre le ministère de l'Enseignement supérieur et les dirigeants de Sciences po depuis plusieurs semaines.

Geneviève Fioraso a demandé à de nombreuses reprises aux dirigeants de l'institut de la rue Saint-Guillaume d'attendre le rapport de la Cour des comptes pour faire leur choix. Le recteur de Paris François Weil s'est même déplacé pour rappeler cette position lors du conseil de direction. En vain, mais de justesse : 14 voix sur 29 ont en effet abondé en faveur du report.

Ambiance tendue

Le tout dans une ambiance quelque peu tendue : la demande d'un vote à bulletin secret a été refusée par le président de la séance, Michel Pébereau, indique l'UNEF. Il a donc eu lieu à main levée.

S'en est suivi le vote sur la proposition par l'IEP aux pouvoirs publics d'Hervé Crès pour succéder à Richard Descoings. Le candidat a été élu de justesse également, avec 13 voix pour sur 28 suffrages exprimés (12 votes blancs, 2 votes nuls, 1 voix contre -  un membre a choisi de ne pas participer au vote).

D'ici la prochaine échéance - la parution du rapport de la Cour fin novembre et le décret de l'Etat - s'ouvre une période délicate pour l'administrateur provisoire.

A la question posée lors du conseil au recteur : est-il certain que l'Etat ne posera aucun veto sur le nom proposé par l'IEP ? Ce dernier a répondu qu'aucune décision ne serait prise avant la publication du rapport...

Jean-Claude Casanova, président de la FNSP, avait pourtant avancé hier qu'il avait l'accord de l'Etat pour proposer le nom d'Hervé Crès. Une affirmation que Geneviève Fioraso a de nouveau contestée aujourd'hui dans Les Echos.

Une absence de clarté qui en tous cas, bien qu'un veto paraisse exclu, laisse l'administrateur provisoire dans une position peu évidente pour le mois qui vient, dans un établissement sans directeur depuis plus de six mois, où les dossiers urgents s'accumulent.

Lire aussi sur Hervé Crès

- La biographie d'Hervé Crès
- Son projet pour Sciences po
- Son point de vue dans nos articles sur l'enseignement des affaires en France et la diversité dans l'enseignement supérieur.

Les réactions des syndicats étudiants

Le communiqué de l'UNEF
La réaction de l'UNI-MET

Les réactions des syndicats des salariés exprimées lundi 29 octobre

Le communiqué de l'intersyndicale CFDT-CGT
Le communiqué de la CFTC

Sur Lexpress.fr

Sciences Po: la Cour des comptes pourrait engager des poursuites contre les dirigeants (L'Express)
 Sciences Po: le choix de Crès validé par l'Elysée et Fioraso selon Casanova, la ministre dément (L'Express)


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