Terra Nova veut restructurer l’université

Olivier Monod
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Terra Nova esquisse une nouvelle structuration pour les universités. Dans une note publiée le 5 novembre 2012, le think tank social-démocrate s’intéresse à la structure de l’enseignement supérieur et à la réussite étudiante. Focus sur quelques propositions.

Loin de revenir sur les années Pécresse-Sarkozy, Terra Nova propose de réorienter les outils mis en place à cette époque. La remise en cause du principe d’autonomie des établissements n’est pas au programme. Au-delà des problèmes financiers, Martin Andler, l’un des auteurs de la Note, souhaite insister sur d’autres problèmes de fond.

Rééquilibrer les pouvoirs au sein de l’université

La gouvernance des universités autonomes est au cœur des problèmes. «La LRU a institué un déséquilibre, le pouvoir du président est bien trop important, explique le membre du pôle enseignement supérieur et recherche de Terra Nova. Nous voulons voir émerger des contre-pouvoirs dans les universités.»

Ces Montesquieu de l’enseignement supérieur imaginent donc un président fort en charge du management associé à un sénat académique, légitime scientifiquement, susceptible de lui résister. «À Harvard, on a déjà vu des présidents démissionner suite à un vote de défiance du sénat académique», précise Martin Andler.

Universités, le modèle strasbourgeois

Les rapprochements d’établissements impulsés par la politique des PRES (Pôles de recherche et d'enseignement supérieur) ont abouti à une grande diversité dans les structures. Terra Nova souhaite tendre vers un système lisible au cœur duquel les universités jouent un rôle majeur. «Aujourd’hui, nous avons des structures dont on ne sait pas où est le cœur et où est la tête, peste celui qui est également professeur de mathématiques à l’UVSQ. Nous voulons des universités pluridisciplinaires, avec un centre de décision bien identifié.» Mais attention, cette politique de rapprochement ne doit pas donner lieu à des mastodontes impossibles à gérer. «La notion de collégialité est importante dans les universités. Si les AG doivent se tenir au Zénith pour accueillir tout le monde, cela ne fonctionnera pas…»

Nous voulons voir émerger des contre-pouvoirs dans les universités


Sélectionner à l’entrée en master

La France est restée bloquée entre son précédent système maîtrise-DEA-DESS et le LMD. «C’est dommage, on ne peut pas mettre en place des cursus cohérents en deux ans», regrette Martin Andler. La sélection s’opérant aujourd’hui entre le M1 et le M2, la continuité entre les deux années n’est pas toujours de mise. Pourtant, un système fort master-doctorat permet d’augmenter l’attractivité internationale des formations. Pour imaginer un master cohérent en deux ans, il faut donc déplacer la sélection de l’entrée en M2 à l’entrée en M1, estime le think tank.


Rapprocher les IUT des universités

Plus de 80% des titulaires de DUT poursuivent leurs études. Pour Terra Nova, il est temps de tirer les conséquences de cette tendance. «Prenons acte et incluons les DUT dans notre rénovation du cursus de licence, propose Martin Andler. Rapprocher les IUT des universités rendra service aux étudiants car ils seront mieux préparés à la poursuite d’études en master.» Dans le détail, le think tank suggère que l’université propose aux équipes pédagogiques des IUT de prendre en charge des cours au-delà du niveau bac+2. De leur côté, les IUT sont appelés à sortir de leur «irrédentisme». Voilà qui devrait leur plaire.



Olivier Monod | Publié le