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Trésors cachés. Le Potager du roi, entre les mains (vertes) de l'École de paysage de Versailles

Laura Makary
Publié le
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Trésors cachés. Le Potager du roi, entre les mains (vertes) de l'École de paysage de Versailles
Le Potager du roi s'étend sur neuf hectares, à quelques rues de l'entrée du château de Versailles. // ©  Sylvain Duffard
Construit à la fin du XVIIe siècle à la demande de Louis XIV, le Potager du roi est confié en 1873 à la toute nouvelle École nationale d'horticulture. Aujourd'hui devenu École nationale supérieure de paysage de Versailles, l'établissement conserve la responsabilité du potager, classé depuis monument historique.

À quelques rues du château de Versailles, le Potager du roi, entouré de murs, accueille les visiteurs tout au long de l'année. Édifié entre 1678 et 1683 à la demande de Louis XIV, ce jardin de neuf hectares est alors confié au jardinier et agronome Jean-Baptiste de La Quintinie. Au centre de ce "potager", un grand carré, entouré d'une douzaine de jardins.

Ce lieu, classé monument historique en 1926, dispose d'un gestionnaire pas tout à fait comme les autres : l'ENSPV (École nationale supérieure du paysage de Versailles). Un héritage historique, puisque l'ancêtre de l'établissement, à l'époque École nationale d'horticulture, reçoit lors de sa naissance en 1873 la responsabilité du jardin. "Jean-Baptiste de La Quintinie parle du potager comme d'un lieu d'instruction, narre Antoine Jacobsohn, responsable du Potager du roi. Les élèves y viennent alors pour apprendre, au contact du jardin."

Aujourd'hui, les quelque 300 élèves de l'ENSPV, sous statut étudiant ou en formation continue, en profitent toujours. C'est particulièrement le cas des élèves préparant le diplôme d'État de paysagiste, qui suivent plusieurs cours et projets dans le potager lors de la formation.

Sensibiliser les étudiants au vivant

Romain Bacquet est enseignant au département d'écologie de l'école. Pour lui, ce jardin est un outil parfait pour apprendre. "C'est le lieu idéal pour sensibiliser nos étudiants au vivant, au rythme des saisons, mais aussi pour les aider à prendre conscience que, lorsqu'un paysagiste livre un projet, ce n'est pas une fin, mais juste un début, qui vit. C'est aussi un trésor de sensations, au toucher, sous le pied, pour les rendre sensibles aux bruits, aux oiseaux, aux odeurs, mais aussi au goût", souligne-t-il.

Aux côtés des neuf jardiniers permanents, les élèves apprennent donc de cet héritage, qu'ils côtoient au quotidien. "Le paysagiste doit aller dehors, se confronter à l'espace. Les élèves passent beaucoup de temps sur le site, même lors de leur temps libre, idem pour les alumni, qui reviennent régulièrement. On ressent un grand attachement de leur part, aussi bien à l'école qu'au potager", confie Antoine Jacobsohn.



Le jardin regroupe de nombreuses variétés d'arbres fruitiers, de fleurs et de plantes. // © Sylvain Duffard

Un cadre exceptionnel

Pour les élèves de l'école, justement, ce jardin hors du commun est visiblement un argument de poids. Mathilde Sivré, étudiante en dernière année, a choisi l'ENSPV pour pouvoir apprendre au milieu de cet écrin. "C'est un cadre exceptionnel, très agréable, qui donne envie de travailler. C'est la raison qui m'a poussée à choisir cette école, alors que je viens de Clermont-Ferrand. On voit les parcelles évoluer, fleurir, c'est passionnant", raconte-t-elle.

Néanmoins, le responsable le précise : le Potager du roi n'est pas qu'un jardin d'agrément, il est aussi nourrissier. La preuve, à l'entrée des lieux, où les odeurs d'herbes aromatiques envahissent l'espace, un petit stand vend au public les récoltes de fruits, légumes et bouquets d'herbes. En tout, le jardin produit jusqu'à 50 tonnes de denrées chaque année.


Laura Makary | Publié le

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