Université de Bordeaux : former pour imaginer le monde de demain

Sarah Nafti
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Université de Bordeaux : former pour imaginer le monde de demain
L'Université de Bordeaux fait le point sur son évolution et ses projets de transformation. // ©  Université de Bordeaux/A. Pequin
Quelques semaines après la rentrée, l’Université de Bordeaux fait le point sur sa gestion de la crise ainsi que sur ses projets de transformation de l’établissement.

"C'est un grand bonheur de revoir les étudiants sur le campus". En cette rentrée compliquée par le contexte sanitaire, Manuel Tunon de Lara, président de l'Université de Bordeaux sait que "l'équilibre est fragile".

Une anticipation des mesures

"La situation a été anticipée tout au long de l'été", explique le président. Deux millions d'euros ont été investis afin d'équiper les salles de système de captation et de financer des équipements portatifs. Les jauges des salles ont été abaissées, les étudiants alternent entre cours en présentiel et à distance et doivent respecter les gestes barrières. Des consignes strictes, indispensables pour un campus qui compte 56.000 étudiants.

Avec le renforcement des mesures cette rentrée, "nous avons revu les espaces de circulation, les espaces de convivialité ont été fermés". Un grand travail de sensibilisation et de concertation a été mené avec les associations étudiantes, "qui ont été très compréhensives". Le président loue également l'engagement des équipes enseignantes, qui ont dû "changer de modalités pédagogiques", en un temps très limité.

"Le présentiel, en respectant les consignes sanitaires, reste essentiel", rappelle Manuel Tunon de Lara. Les primo-arrivants font l'objet d'une attention particulière, par le biais du tutorat notamment. Car ce contexte particulier peut fragiliser encore certains étudiants précaires. "Nous avons travaillé à identifier les besoins, et à fournir des équipements informatiques avec la Région Nouvelle-Aquitaine. Nous avons également lancé un appel aux dons pour la Fondation Bordeaux Université, qui aide les étudiants précaires. Mais il est certain que les plus fragiles socialement risquent d'être encore plus en difficulté."

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Une actrice de la société

Au-delà du contexte, Manuel Tunon de Lara évoque les différents projets que l'université mène. Il plaide notamment pour une plus grande reconnaissance de l'université en tant qu'acteur de la société. "C'est un endroit où se concentrent les connaissances, les compétences. Elles doivent être exploitées. On doit se demander comment les universités peuvent servir les intérêts du pays dans les filières clés, et plus largement dans les secteurs de l'innovation et de la transition", s'interroge le président.

A ce titre, l'Université de Bordeaux est porteuse de plusieurs projets structurants qui, au-delà de la transformation de l'enseignement supérieur, visent à améliorer l'ensemble de la société. Par exemple, elle abrite une école de santé publique qui joue un rôle clé dans la crise sanitaire actuelle, à la fois "par les personnes qu'elle forme ou a formées" mais aussi par les recherches qu'elle mène.

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Un campus expérimental

Dans cette perspective d'innovation, l'Université de Bordeaux a lancé le projet ACT (Augmented university for campus and world transition), retenu en 2020 dans le cadre du PIA 3 (Plan d'investissements d'avenir). L'idée est de faire un campus expérimental dans le domaine de la transition énergétique et de la mobilité. Quatre thématiques ont été identifiées (santé, bien-être et inclusion ; campus durable ; alimentation et écosystèmes résilients ; préparation de l'université à sa propre transition) et permettent à différents projets de prendre forme.

"Nous aurons une forêt urbaine de 13ha, qui sera un outil de veille et d'analyse, en travaillant notamment sur l'adaptation des essences au changement climatique". L'Université de Bordeaux participe également, avec huit autres universités européennes, au projet Enlight, qui vise à promouvoir la qualité de vie, la durabilité et l'engagement citoyen par la transformation de l'enseignement supérieur.

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L’égalité des genres

Toujours en termes d'exemplarité, l'université a fait de l'égalité des genres une mission prioritaire depuis 2014. Elle est désormais coordinatrice du projet Reset, mené avec six autres universités européennes. L'objectif est de mettre l'égalité femmes-hommes au cœur de l'excellence scientifique et académique.

"Il y a un plafond de verre dans l'accès des femmes aux carrières scientifiques, constate le président. Il y a beaucoup de mécanismes insidieux qu'il faut traiter à la racine, et ce n'est pas simple". Par son action, l'Université de Bordeaux a déjà fait passer la proportion de femmes professeures de 16% en 2014 à 20% en 2020.

L'université veut aussi structurer la formation par la recherche, dès la licence, et de renforcer l'attractivité internationale. C'est avec cet objectif qu'elle a lancé le projet UGBRS 2.0, "école supérieure des jeunes chercheurs" qui a été retenu en 2020 dans le cadre du PIA 3."Les leaders devront de plus en plus appréhender des contextes incertains et complexes, prévoir ce qui n'est pas prévisible", explique Manuel Tunon de Lara. Dans le contexte de la crise sanitaire, cette vocation a du sens, mais ne devra pas rester un vœu pieux.


Sarah Nafti | Publié le

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