Université de Bordeaux : la fusion adoptée

De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort
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Université Bordeaux Segalen - le site de la Victoire © Université Bordeaux Segalen - L. Lizet
Université Bordeaux Segalen - le site de la Victoire © Université Bordeaux Segalen - L. Lizet
La création de l'université de Bordeaux devrait faire l'objet d'un décret à l'été 2013, mais laisse des questions en suspens. En parallèle, le PRES (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur) va s'élargir à l'Aquitaine.

Une fusion, mais pas forcément des effusions. Après de nombreuses péripéties, le principe de dissolution de Bordeaux 1, 2 et 4 dans l'université de Bordeaux (UB) a été entériné par ces trois établissements, fin mai 2013.
Un projet qui a reçu une forte légitimité avec un vote positif à 75% sur les trois conseils réunis. Le nouvel ensemble devrait représenter environ 45.000 étudiants et 550 M€ de budget annuel, selon Manuel Tunon de Lara, président de Bordeaux 2-Ségalen.

Lisibilité internationale, mise en cohérence des offres de formation et de la recherche… Les atouts de la fusion sont mis en avant par leurs promoteurs. Pour autant, quelques sérieux bémols ont entaché le processus, notamment à la fin 2012 lorsque Sciences po et l'Institut polytechnique se sont retirés du projet.

Le lien formation-recherche en question

D'autres inquiétudes se sont ajoutées plus récemment. À Bordeaux 1, quatre des cinq directeurs d'UFR ont cosigné une lettre pour soulever plusieurs questions qui n'ont pas reçu de réponses selon eux, dans un calendrier trop heurté.
En particulier, le lien entre la recherche et la formation ne serait plus assuré dans la nouvelle gouvernance. Un véritable problème également pour deux conseillers de Bordeaux 1 qui ont démissionné le jour du vote, le 30 mai.

En fait, les composantes de la future université seront de deux types : les collèges pour la formation et les départements de recherche. Au dernier échelon de la gouvernance, les UFR seront remplacées par des "unités de formation", perdant au passage le "R" de recherche.

"Cet aspect mérite en effet d'être discuté. Mais je veux souligner que nous avons justement prévu l'intégration de la recherche et de la formation au travers, notamment, d'un bureau élargi. Parmi ses membres, cette instance comptera tant les directeurs de collèges que de départements", argue Manuel Tunon de Lara.

Les UFR seront remplacées par des "unités de formation", perdant au passage le "R" de recherche

Une communauté d'universités, mais toujours des déficits

Avec ce projet de fusion, le PRES Université de Bordeaux (qui rassemble les quatre universités bordelaises, l'Institut polytechnique de Bordeaux, Bordeaux Sciences Agro et Sciences po Bordeaux) va logiquement élargir ses missions à l'Aquitaine. Et devrait prendre la forme d'une communauté d'universités et d'établissements d'Aquitaine, baptisée CUAQ, si la nouvelle loi le permet.

Dans cette perspective, Jean-Paul Jourdan, président de Bordeaux 3-Montaigne, prévient que la future université de Bordeaux aura un poids considérable au sein du regroupement.
De son côté, Mohamed Amara, président de l'UPPA (université de Pau et des Pays de l'Adour), s'inscrit complètement dans la future CUAQ. "En revanche, le problème de fond est toujours le même : les finances. Est-ce que la création de ce regroupement et la mise en place d'un contrat pluriannuel unique aideront chacun des établissements, dont beaucoup sont en déficit ?" questionne-t-il.

Prochaines étapes : la présentation du projet de décret de création de l'université de Bordeaux au CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche), à la mi-juillet. Juridiquement, les trois universités continueront d'exister jusqu'au 1er janvier 2014, date de lancement prévue pour la nouvelle entité.


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