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Universités et écoles n'ont pas (encore) la tête dans le "cloud"

De notre correspondant à Montpellier, Guillaume Mollaret
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La mise en conformité de la protection des données dans l'enseignement supérieur n'est plus prise à la légère.
Cloud ou data center pour la conservation des données ? Les établissements du supérieur tâtonnent encore. // ©  ©Fotolia

Croissance des débits, des besoins de connexions, des échanges de documents... Les établissements du supérieur sont-ils suffisamment armés pour faire face au développement des usages ? Les Journées réseaux de l'enseignement supérieur, qui ont réuni les DSI à Montpellier du 8 au 11 décembre, ont avant tout montré des réalités hétérogènes.

Une croissance soutenue qui ne faiblit pas ! La consommation numérique augmente, en flux, dans une fourchette comprise, chaque année, entre 30 et 40%. Pour faire face à ces besoins, les établissements du supérieur investissent avec des stratégies divergentes en fonction de leur besoin.

"Face à cette augmentation du débit, deux enjeux majeurs se posent pour les établissements, comme pour le réseau Renater [chargé de fédérer les infrastructures de télécommunication dédiées à la recherche et à l'éducation en France] : la résilience [la capacité d'un réseau ou d'une architecture réseau de continuer de fonctionner en cas de panne] et la protection des données", résume Laurent Gydé, directeur technique de Renater, interrogé lors des JRES (Journées réseau enseignement supérieur) organisées à Montpellier du 8 au 11 décembre.

La protection des données : un défi majeur

La protection des données, c'est une des raisons qui freinent aujourd'hui les universités à se diriger vers le cloud alors que le marché du numérique pousse de plus en plus ses usagers à adopter de ces solutions. "C'est une décision politique du chef d'établissement. À tort ou à raison, nous avons, pour des raisons de sécurité, tout sur nos serveurs, mais rien sur le cloud", condense un informaticien d'une université parisienne.

A contrario, l'Université Paris-Sorbonne a fait le choix de tout externaliser dans un data center de la société Equinix, basée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). "C'est une solution plus souple pour l'installation et le développement d'applications, mais il est possible que nous revenions à l'adoption de serveurs physiques. En cas de problèmes, un souci de distance d'intervention entre Paris et Saint-Denis se pose", explique Manh-Hung Nguyen, ingénieur informaticien à l'Université Paris-Sorbonne.

Du tout au rien, il y a un juste milieu. À Toulouse, les établissements du supérieur, sous l'égide de la Comue, ont depuis quelques semaines la possibilité de faire migrer leurs messageries vers un cloud privé, mutualisé entre les différents établissements. Une démarche qui, notamment, a pour vocation de libérer de la place sur les serveurs de ces universités et écoles.

La nécessaire pédagogie des DSI

Sur la forme, les responsables informatiques de laboratoires et unité de recherche du CNRS considèrent également avoir un devoir de pédagogie en termes de bonnes pratiques : "Les chercheurs demandent, et c'est normal, la sécurité la plus stricte pour leurs données de recherche. Or, certains partagent certains documents sur Dropbox ou Google Drive, ce qui devrait être interdit", soulignent William Domingues Vinhas et Jérôme Colombet, tous deux responsables informatiques au CNRS.

D'une manière générale, les services informatiques regrettent que les personnels administratifs comme les enseignants ne les consultent pas plus en amont sur leurs choix numériques. "Nous avons notre part de responsabilité dans la non-communication", convient cependant l'informaticien d'une université parisienne.

"Le champ de l'informatique est devenu très vaste. Les gens des autres services ne comprennent pas toujours qu'un spécialiste réseau n'a pas les mêmes compétences que quelqu'un travaillant sur les applications ou l'infrastructure." La pédagogie ne s'arrête pas à la porte des amphis.


De notre correspondant à Montpellier, Guillaume Mollaret | Publié le

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