Newsletter

BAIP : les conditions de l’efficacité

Jean Chabod-Serieis
Publié le
Envoyer cet article à un ami

Les BAIP (Bureaux d’aide à l’insertion professionnelle) ont six ans. Confrontés à un manque criant de moyens, ils doivent impérativement travailler en réseau, clarifier leur image et s’intégrer à une direction élargie, dédiée, de la relation entreprises pour accomplir leurs missions efficacement. Interface donne quelques exemples de bonnes pratiques…

Dans la famille des services univer­sitaires dédiés à l'insertion professionnelle, je voudrais : les SCUIO (services communs universitaires d'insertion et d'orientation, nés en 1986) ; les bureaux des relations avec les entreprises (plus récents et non obligatoires) ; et enfin les BAIP, créés en 2008 par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Les BAIP complètent la mission d'insertion des SCUIO en favorisant un égal accès aux stages pour tous les étudiants, la préparation aux entretiens d'embauche et la collecte d'informations relatives à l'insertion professionnelle. Voilà pour l'ambition. Six ans après, les BAIP se trouvent confrontés à plusieurs problèmes :

1) La visibilité : une étude parue en avril 2012 et menée par l'IMS-Entreprendre pour la cité – une fondation regroupant 230 entreprises "engagées dans des démarches de responsabilité sociétale" – ­révèle que les BAIP et les SCUIO ne sont que la quatrième porte d'entrée spontanée des entreprises dans l'université (à 21,6 %). Une ­vision corroborée par une autre enquête de 2012 réalisée par le ministère de l'Ensei­gnement supérieur et de la ­Recherche (MESR) auprès des responsables de BAIP : 54 % d'entre eux estiment que leur visibilité auprès des entreprises est insuffisante et 40 % pensent que les partenariats avec celles-ci sont insuffisants.

2) La confusion des missions avec les SCUIO, parfois baptisés SCUIOP, SUIO ou SUIO-IP, ne facilite pas l'homogénéisation. Sur les 75 BAIP recensés en 2014 par le MESR, certains sont des SCUIO, comme à Nantes. D'autres portent le nom de BIPE (Le Havre).

3) Le manque de moyens financiers est unanimement reconnu. Compte tenu de toutes ces carences, quelles sont les conditions pour que les BAIP atteignent leurs objectifs et deviennent moteurs dans la ­relation avec les entreprises ? Revue des défis à relever...

Travailler en réseau

Un BAIP isolé est-il condamné à la mort ? "La mutualisation des BAIP apporte un plus", explique Béatrice Piazza, directrice des partenariats entreprises et de l'insertion professionnelle à Paris 1. L'université est membre du CEDIPRE (Cercle des directeurs à l'insertion professionnelle), un réseau qui réunit les 17 universités d'Île-de-France et six regroupements universitaires. ­"Ensemble, on a plus de force pour développer les outils numériques ou pour l'organisation d'événements. Car il est difficile de monter un forum dans chaque université : les établissements préfèrent participer à un événement commun."

L'association veut être un point de contact pour les entreprises et les syndicats professionnels. Ses membres sont directeurs des relations entreprises et de l'insertion, vice-présidents d'universités, responsables de BAIP. Les réunions bimensuelles leur permettent de rencontrer entreprises, fédérations et associations professionnelles.


Lire la suite de l'enquête sur Interface (payant)

Interface, la lettre des relations écoles-universités-entreprises

Comment optimiser sa récolte de la taxe d’apprentissage  ? Comment améliorer l’insertion professionnelle de ses jeunes diplômés ? De quelle manière établir des partenariats avec des PME ? La réponse est dans Interface, la nouvelle lettre bimensuelle qui facilite les relations entre l’enseignement supérieur et le monde économique.

Lancée par l’Etudiant-EducPros et l’Entreprise, Interface s’adresse aux professionnels des relations écoles-universités-entreprises (directeurs d’établissements, responsables des relations entreprises, BAIP, mais aussi campus managers, recruteurs, RH…).

Dans chaque numéro, huit pages de conseils, d’analyses et de bonnes pratiques mais aussi toute l’actualité du secteur, les manifestations et les nominations qui comptent.

Interface est disponible sur abonnement


Jean Chabod-Serieis | Publié le

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
Dir SCUIOIP.

SCUIOIP : Service Commun Universitaire d'Information, d'Orientation et d'Insertion Professionnelle. (le 1er I est pour Information et non Insertion comme indiqué dans l'article) Effectivement, la majorité des Universités n'a pas attendu 2008 et la LRU pour initier des actions accompagnant les étudiants vers l'IP. Ateliers "classiques" : CV, LM, Entretiens, ... ; modules d'exploration des projets professionnels ; forums emplois ; ... Cependant, la LRU, en affirmant dès son introduction que l'IP est une des missions de l'Université et que celle-ci doit mettre en place un BAIP a officialisé un état de fait. OUI, l'Université "fabrique" des diplômés qui savent s'insérer professionnellement (voir pour cela les enquêtes d'insertion. Vous soulevez des points tels que * les moyens : vous avez là entièrement raison. Après l'embellie du départ, force est de constater que les moyens humains et financiers ne suivent pas les ambitions légitimes des SCUIOIP dans l'accompagnement à la réussite. * la visibilité : BAIP=4è porte d'entrée dans l'Université. Est-ce important ? Il y a au moins 3 autres portes et le principal est que l'Entreprise sache entrer correctement dans nos établissements ; mais oui, le BAIP peut être LE point d'entrée lorsque l'entreprise n'a pas les clés. * la confusion des missions : Ne nous trompons pas. Lorsque les Présidents ont su faire confiance à leurs structures, ils ont majoritairement choisi de ne pas dissocier la fonction "orientation" de la fonction "accompagnement à l'insertion", clé de la réussite des étudiants, en installant leur BAIP au sein du SCUIOIP. Quant à la diversité des sigles, appellations, dénominations ... ; dont acte mais fondamentalement, il faut que les entreprises, dépassant leurs stéréotypes "figés" (!), sachent que, dans chaque université, un BAIP les attend -quel que soit son nom et leur donnera accès à un vivier de Talents.

Denos.

1 Non, les B.AI.P. n'ont pas six ans...ces activités existent depuis bien longtemps. 2 Comment expliquer que des Forums existent depuis 12 ou 15 ans ? Mystère. 3 Moyens : on a étouffé les B.A.I.P. depuis la LRU. 4 Il fallait sauver les SCUIO si mal en point .