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Baromètre EducPros 2014. Le moral des universitaires à la loupe

Sophie Blitman, Olivier Monod et Camille Stromboni, avec Baptiste Legout
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Baromètre EducPros 2014. © Hervé Pinel
Baromètre EducPros 2014. © Hervé Pinel

Fiers mais inquiets de travailler dans l’enseignement supérieur et la recherche, les professionnels du secteur souffrent d'un profond manque de reconnaissance et crient leur mal-être. Voilà ce qui ressort du baromètre EducPros - Chercheurs d'actu 2014 sur le moral de la communauté universitaire. Retrouvez ici l'intégralité des résultats et des analyses.

EducPros et Chercheurs d'Actu ont lancé un baromètre du moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche. Plus de 2.000 réponses ont été recueillies. Retrouvez les principaux résultats ci-dessous.

La communauté universitaire entre fierté et inquiétude

82% des répondants affirment que leur travail est une source de satisfaction, tandis que quatre répondants sur cinq apprécient de travailler avec leurs collègues.
Intimement persuadés – à plus de 90% ! – que leur établissement est utile à la société, les trois quarts des sondés sont en outre fiers d'y travailler. Un sentiment qui prévaut quels que soient la discipline et le type d'établissement.

Et pourtant, le baromètre EducPros 2014 fait également ressortir une grande inquiétude qui traverse le secteur universitaire, exprimée notamment avec la pétition qui a réuni quelque 11.000 signatures contre la politique de Geneviève Fioraso en avril 2014. Deux tiers de nos 2.000 répondants affirment ainsi ne pas être enthousiastes pour l'avenir de leur établissement. Près de la moitié des répondants confient en outre leur démotivation dans le travail.

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Les enseignants-chercheurs au bord de l'explosion ?

"Il reste à savoir si ce mélange va mener vers de la résignation ou de la révolte ?", se demande François Sarfati, sociologue au Centre d'étude de l'emploi. Aux yeux du chercheur, le principal résultat du baromètre sur le moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche est le mal-être des enseignants-chercheurs.
"Il apparait clairement dans les réponses un engagement symbolique et matériel (par les heures supplémentaires). Mais cet engagement s'accompagne d'un manque de reconnaissance de la part de l'institution pour 64% des répondants, de la société pour 74 % d'entre eux et financier pour 72%".

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Baromètre EducPros 2014. Et si travailler dans l'enseignement supérieur nuisait à la santé © Hervé Pinel

L'enseignement supérieur, le mal-aimé de la société ?

Près des deux tiers des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche estiment que leur travail n'est pas reconnu à sa juste valeur. Au sein de leur établissement et encore davantage dans la société tout entière. Ce manque de reconnaissance sociale se révèle particulièrement criant dans les universités et parmi les enseignants-chercheurs, notamment en sciences humaines.

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La réussite étudiante aux oubliettes ?

Les enseignants et personnels administratifs se sentent peu soutenus pour leurs actions pédagogiques, pourtant la réussite étudiante est affichée, depuis le début du quinquennat Hollande, comme une priorité de Geneviève Fioraso la secrétaire d'Etat en charge de l'enseignement supérieur et la recherche.

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Baromètre EducPros 2014. Absence de reconnaissance de l'investissement envers les étudiants © Hervé Pinel

Les jeunes scientifiques ne vont pas bien

Les jeunes chercheurs sont motivés mais exploités. Laetitia Gérard, docteure en sciences de l'éducation s'est penchée sur les réponses des doctorants et post-doctorants au baromètre 2014 du moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Celles-ci "illustrent la dureté des conditions de travail, explique-t-elle. La moitié des répondants ne se sentent pas soutenus dans leur engagement pédagogique. Qu'ils s'investissent dans leurs cours ou qu'ils les bâclent, le retour de leur hiérarchie est le même : aucun. C'est préoccupant..."

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Enseignement supérieur et recherche, des personnels débordés

Doctorant en sciences de gestion, Romain Pierronnet prépare une thèse sur les personnels administratifs de l'enseignement supérieur et de la recherche. "A la lecture des résultats, synthétise-t-il, le personnel BIATSS (bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens de service et de santé) fait ressortir un problème de management dans l'enseignement supérieur et la recherche".
73% des BIATSS ne sont pas satisfaits de leurs possibilités d'évolution, la moitié se dit démotivée et est critique vis-à-vis de la direction de l'établissement.

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Baromètre EducPros 2014. Salaire - les universitaires manquent de temps et d'argent © Hervé Pinel

Moral de la communauté universitaire : le match France-Angleterre

Notre Baromètre EducPros 2014 sur le moral des pros de l'enseignement supérieur et de la recherche s'inspire d'une enquête menée par le Times Higher Education. Si les répondants anglais et français se retrouvent sur la satisfaction de travailler dans ce domaine, leurs avis divergent en ce qui concerne les salaires et la vision de l'avenir. Sur ces deux points, les Français sont plus pessimistes.

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Paroles de pros

Lourdeur administrative, instabilité permanente, un métier qui n'est plus ce qu'il était... La communauté de l'enseignement supérieur et de la recherche qui a répondu au baromètre EducPros a partagé ses inquiétudes et ses colères. Florilège.

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Baromètre EducPros 2014. L'enseignement supérieur le mal-aimé de la société ? © Hervé Pinel

Les sciences humaines ont moins le moral

Les 2.000 répondants au baromètre EducPros sur le moral dans l'enseignement supérieur n'ont pas toujours affiché le même point de vue selon qu'ils sont issus des humanités (arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales), des sciences "dures" et de la santé, ou bien du droit, économie, gestion.

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Les divergences entre enseignants-chercheurs, administratifs et chercheurs

Les personnels administratifs encore plus en manque de temps que les enseignants-chercheurs, les chercheurs davantage inquiets sur la précarité de leur emploi. Certaines questions de notre baromètre EducPros 2014 ont beaucoup divisé ces différentes catégories de sondés.

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Universités, écoles, organismes de recherche : à chacun son point de vue

Les personnels des universités particulièrement peu enthousiastes quant à l'avenir de leur établissement, ceux des écoles davantage satisfaits de leur salaire. Telles sont les différences que pointe notre baromètre EducPros 2014.

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Sophie Blitman, Olivier Monod et Camille Stromboni, avec Baptiste Legout | Publié le

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Tuffet Agnès.

Et quid des enseignants du second degré exerçant dans le supérieur?

Spach Gérard.

Je suis un ancien du CNRS et je suis étonné qu'il ne soit pas cité une seule fois! Il n'existe plus? Il n'y a plus de chercheurs?

Anne.

L'enquête porte sur les universitaires et l'enseignement supérieur, donc sur les enseignants et enseignants-chercheurs de l'enseignement supérieur. Il est du coup logique qu'elle ne porte pas sur les chercheurs (qui ne sont pas qu'au CNRS : IRD par exemple).