Ces entreprises et formations qui capitalisent sur leur territoire

Ophélie Colas des Francs
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Tandis que de nombreuses régions fondent leur développement sur les nouvelles technologies, d’autres s’appuient sur leur terroir, conciliant tradition et innovation pour rayonner à travers le monde...

C'était il y a dix ans, ou presque. En ce mois de septembre 2004, le gouvernement initie la politique des pôles de compétitivité. Et lance, dans la foulée, un appel à projets. Pour recevoir le label de ces clusters à la française et toucher une part du gâteau de 1,5 milliard d'euros mis sur la table par les pouvoirs publics, les territoires sont invités à favoriser les rapprochements entre entreprises, établissements d'enseignement supérieur et organismes de recherche. Avec, en ligne de mire, la promotion de l'innovation et la croissance.

Plus de cent dossiers sont déposés. Parmi eux, Grenoble mise sur les nanotechnologies avec Minalogic ; l'Ile-de-France, sur les biotechnologies avec Medicen Paris région ; l'Aquitaine sur l'optique et la photonique avec la SEML Route des lasers. Mais toutes les régions ne se tournent pas vers les nouvelles technologies. Cer­taines choisissent au contraire de s'appuyer sur leur histoire, leur terroir ou leur géographie, jouant, cherchant à concilier tradition et innovation. Leur stratégie ? Capitaliser sur la légitimité que leur confère leur identité pour bâtir une "marque" forte, valorisable au plan national et international.

C'est notamment le cas de Terralia (ex-PEIFL), pôle dédié à l'agronomie qui fédère PACA, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon et valorise les filières olives, vins et céréales en associant les PME agroalimentaires et les grandes écoles comme Polytech Montpellier ou l'Isara de Lyon. Le terroir est aussi l'axe de valorisation du Bourguignon ­Vitagora, spécialiste du goût et de la nutrition, ou du Normand Hippolia, spécialisé dans la recherche et l'innovation équine.

D'autres territoires se sont appuyés sur les industries traditionnelles, comme le Nord-Pas-de-Calais avec le textile. La région, confrontée à une forte délocalisation, a su rebondir en lançant le pôle de compétitivité UP-TEX, spécialisé dans les tissus techniques spéciaux, destinés à la médecine, à la sécurité ou encore au sport.
De son côté, Limoges, célèbre pour son émail depuis l'époque médiévale, s'est appuyée sur sa renommée en matière de fabrication de porcelaine pour développer le Pôle européen de la céramique. Au-delà des arts de la table, des recherches sont activement menées pour trouver des applications en électronique, en optique et en biologie. C'est donc tout naturellement dans les écoles locales (École nationale supérieure d'ingénieurs de Limoges, École nationale supérieure de céramique industrielle ou encore École nationale d'ingénieurs de Tarbes) que laboratoires et entreprises puisent leur matière grise.

Citons enfin les régions qui s'appuient sur leur géographie, comme la Bretagne et PACA, entrées dans le cercle restreint des pôles à vocation mondiale grâce à leur ancrage maritime. Ou encore Rhône-Alpes qui a misé sur son relief pour bâtir deux structures plus modestes mais dynamiques : le Cluster Montagne et Outdoor Sports Valley.


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