Les écoles d’art structurent leur recherche de mécénat

Guillaume Mollaret
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Les écoles d’art structurent leur recherche de mécénat
L'École du Louvre vient de recevoir une dotation inédite de deux millions d'euros d'une fondation privée. // ©  Romain GAILLARD/REA
L’Ecole du Louvre vient de recevoir un don exceptionnel de plus de 2 millions d’euros de Majid Boustany, président de la Francis Bacon MB Art Foundation. Une dotation remarquable à l’heure où les écoles artistiques du supérieur cherchent à développer leurs partenariats et leurs ressources propres.

Face à un manque récurrent de moyens, les écoles d'art du supérieur se mobilisent pour développer le mécénat et récolter des fonds. Objectif ? soutenir le développement d'une école, investir dans des projets spécifiques, encourager la recherche dans l'art.

Une somme inédite pour l'Ecole du Louvre

En juillet, c'est l'Ecole du Louvre qui s'est distinguée en recevant une dotation exceptionnelle, à titre privé, de Majid Boustany, président de La Francis Bacon MB Art Foundation, basée à Monaco. Cette dernière annonce apporter un financement “supérieur à deux millions d’euros” à cet établissement d’enseignement supérieur placé sous tutelle du ministère de la Culture. Une somme inédite pour une école supérieure d'art.

Entre autres projets, cet argent servira à financer la création d’un centre de recherche dédié à l’histoire de l’art avec un espace d’accueil ouvert aux chercheurs internationaux, au réaménagement de la bibliothèque, et à la rénovation de la cafétéria.

Ce financement exceptionnel est le fruit d’une relation durable entre l’Ecole du Louvre et son mécène qui remonte à 2016. "J’ai conclu, à travers ma Fondation, un partenariat avec l’École du Louvre qui permet d’octroyer, tous les quatre ans, une bourse de recherche à un doctorant de l’école dont les travaux portent sur le peintre Francis Bacon ou ayant un lien direct avec l’artiste ”, explique Majid Boustany, fondateur et président de la Francis Bacon MB Art Foundation. Le nouveau financement doit permettre à la prestigieuse école du Louvre d’accroître sa réputation internationale.

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Financer des bourses, du mentorat ou des investissements

Si toutes les écoles d’art n’ont pas la chance de cet établissement, d'autres sont parvenues à s'allier à des mécènes d'envergure. C'est le cas de l’Ecole nationale supérieure de la photographie (ENSP) d’Arles qui s’est rapidement taillé une réputation au-delà de nos frontières. Pour aider à la levée d’argent frais, l’ENSP a créé voilà quelques années un fonds de dotation, présidé par la créatrice Agnès Troublé (alias Agnès b.).

Parmi ses mécènes, l'école arlésienne compte notamment des maisons telles que Christian Dior, la société d’investissement Eurazeo ou encore la banque Neuflize OBC qui proposent des bourses et du mentorat.

La banque subventionne également une nouvelle plateforme de l'école à hauteur de 13.000 euros. "Cette plateforme sera consacrée aux trois dernières promotions diplômées de l’ENSP. Elle comprendra un espace dédié à chacun présentant son travail, son actualité et assurant ainsi une meilleure visibilité qu’une publication papier", précise l'école.

Grâce à ces partenariats qui comprennent parfois des dons de matériel, l'école réussit à lever plusieurs dizaines de milliers d'euros par an.

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Investir dans le développement du mécénat

Une enveloppe proche de celle réunie par la Femis, l’Ecole nationale supérieure des métiers de l'image, qui reçoit 81.000 euros de mécénat chaque année pour un budget global de 10 millions d’euros. Ici, ce sont notamment des chaînes de télévision telles que TF1 ou des plateformes comme Netflix qui s’affichent en mécènes. Si ces financements semblent évidents, on confie, en interne, que la levée de fonds n’est pas proactive faute de temps et de moyens humains.

L’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT), installée à Lyon, s’est décidée en juillet à créer une fondation "Entrée en scène", en partenariat avec le théâtre national La Colline. Placée sous égide de la Fondation pour l’université de Lyon, cette fondation souhaite promouvoir la diversité et favoriser l’insertion professionnelle des diplômés de l’ENSATT. Un défi de taille dans un secteur théâtral qui, contrairement à la Femis avec la télévision et le cinéma, n’est pas adossé à une industrie fortement capitalistique.


Guillaume Mollaret | Publié le

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