Les grandes écoles françaises s’exportent au Maroc

Sylvie Lecherbonnier
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Les grandes écoles françaises s’exportent au Maroc
La conférence des Grandes Ecoles organisera son prochain congrès au Maroc en octobre 2008. L’occasion de voir comment les établissements d'enseignement supérieur français peuvent aider au développement économique d’un pays où les besoins de formation sont immenses. Ces derniers n’ont pas attendu cette manifestation pour s’installer au royaume de Mohammed-VI. Du simple partenariat à l’implantation d’une école en propre, de l’ESC Toulouse à l’EIGSI de La Rochelle, les grandes écoles françaises essaiment déjà leurs formations de l’autre côté de la Méditerranée. Et ce n’est qu’un début…

Les 9 et 10 octobre prochains, les écoles françaises de commerce et d’ingénieurs ont rendez-vous à Rabat au Maroc pour le congrès de la CGE (Conférence des grandes écoles). Une première pour cette manifestation qui a lieu tous les deux ans. « Nous souhaitons nous demander comment les grandes écoles françaises peuvent contribuer au développement du Maghreb. La proximité géographique et linguistique ainsi que le passé culturel commun facilitent les coopérations. Il serait dommage de laisser la place aux anglophones », estime Pierre Aliphat, président de la commission formation de la CGE. Une initiative qui tombe à pic. Le Maroc est lancé dans un fort développement de son enseignement supérieur pour répondre à sa croissance économique.

Diplômer 10 000 « ingénieurs et assimilés » par an d’ici 2010

Chez les scientifiques, le but est de diplômer 10 000 « ingénieurs et assimilés » par an d’ici 2010, alors qu’ils n’étaient que 4 400 en 2006. Un objectif qui devrait être porté à 15 000 en 2015. Mohammed Barkaoui, président de l’université Hassan II de Casablanca, le confirme : « le pays est conscient que la formation est le meilleur investissement à réaliser pour se développer mais le chantier est énorme ». Pour preuve, seuls 12% des 18-25 ans marocains poursuivent aujourd’hui des études supérieures.

Parmi les priorités, renforcer l’adéquation entre la formation et l’emploi. Le plan gouvernemental « Emergence » a identifié huit secteurs « moteurs de croissance » sur lesquels porter les efforts : l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, l’agroalimentaire, les produits de la mer, le textile et l’artisanat. « Il existe des besoins de formation à tous les échelons de la fusée marocaine. On trouve aujourd’hui de très bons cadres de haut niveau mais les cadres intermédiaires sont plus rares. Le niveau d’exigence des employeurs locaux va croissant. De plus, il ne se passe pas une semaine sans qu’une entreprise française nous contacte pour s’installer dans le Royaume », souligne Dominique Brunin, directeur général de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.

C’est sur ce volet que les grandes écoles françaises, réputées pour la qualité de l’insertion professionnelle de leurs étudiants, interviennent. Plusieurs d’entre elles n’ont pas attendus le congrès de la CGE pour s’installer au Maroc. L’ESIEA (Ecole supérieure d’informatique, électronique, automatique) a été l’une des premières à implanter une école à Casablanca. En 2002, elle a fondé l’EMIAE (Ecole marocaine d’informatique, automatique, électronique), en partenariat avec le groupe marocain Cegepec.

D'autres implantations dans le Maghreb

L’EIGSI (Ecole d’ingénieurs en génie des systèmes industriels) a, elle, ouvert son propre campus dans la capitale économique marocaine en 2006 (voir le reportage de notre journaliste ). Partenariat entre l’Institut télécom et l’INPT (Institut national des postes et télécommunications) de Rabat, mastères spécialisés communs entre Grenoble Ecole de management et l’ESCA (Ecole supérieure du commerce et des affaires de Casablanca)…

La liste des formations françaises présentes au Maroc s’allonge d’année en année. A la rentrée 2008, ce sera au tour de l’ESC Toulouse de dupliquer son programme grande école à Casablanca. Une école déjà présente dans le royaume chérifien avec un bachelor et des mastères spécialisés. Ce souffle pourrait conquérir le Maghreb dans son ensemble. Après le Maroc, l’ESIEA travaille ainsi à l’implantation d’une école à Alger.


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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