Sciences et technologies : comment séduire les filles ?

Leila Minano
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Autocensure, manque de confiance dans leurs capacités, clichés sur les métiers, les bachelières boudent les filières scientifiques et technologiques. Pour bousculer les obstacles autant que les préjugés, les entreprises, les universités et les associations se mobilisent. Un tour d’horizon des initiatives mises en place pour changer la donne au sommaire d'Interface.

"Un domaine complexe et difficile d'accès, qui permet difficilement de concilier vie privée et vie professionnelle." C'est de cette manière que les Françaises de 15 à 25 ans voient la science, selon un sondage TNS-Sofres. "La longueur des études, la peur de ne pas réussir et la perception d'un univers trop masculin" découragent les candidates qui pourraient embrasser les carrières scientifiques et technologiques. Au point que seules 20% d'entre elles s'orientent vers ces métiers et que le nombre de femmes ingénieures stagne depuis dix ans (17%).

Pourtant, les filles représentent près de la moitié (46%) des effectifs en terminale S. Où, soit dit en passant... elles réussissent mieux que leurs homologues masculins. Mais les clichés ont la peau dure... "Les hommes sont considérés comme compétitifs, rationnels et bons en maths, alors que les femmes sont plutôt réputées pour leur sensibilité, leur émotivité et leurs compétences en lettres", analyse l'association Femmes et sciences.

Aider les jeunes femmes à dépasser les clichés

Ces stéréotypes intégrés dès l'enfance génèrent un manque de confiance et "des mécanismes d'autocensure" qui les conduisent à renoncer aux filières scientifiques à la sortie du lycée. Ainsi, elles ne représentent qu'un quart des effectifs des écoles d'ingénieurs. Au grand dam des entreprises qui cherchent en permanence à se féminiser. "Nous essayons d'avoir des équipes les plus mixtes possible car la moitié de nos clients sont des clientes, notre entreprise doit être à l'image de la société", explique ainsi Isabelle Schaefer, directrice de l'égalité professionnelle pour le groupe Orange. Alors, pour aider les jeunes femmes à ­dépasser les clichés et atteindre la parité, les entreprises, les écoles d'ingénieurs et les universités, avec l'appui de plusieurs associations, travaillent de concert. Voici un panorama des actions lancées ces dernières années pour ­tenter de bousculer les idées reçues.

Intervenir en amont : de l'école au lycée

"Si le problème de la sexualisation des filières doit être géré globalement dans l'ensemble de la société, c'est avant tout une question d'éducation", analyse Vincent Berger, président de l'université Paris Diderot-­Paris 7, la seule université en France à disposer d'un service dédié à l'égalité hommes-femmes. C'est pourquoi les associations comme ­Elles bougent et Femmes ingénieures, qui militent pour l'accès des femmes aux métiers scientifiques, encouragent les entreprises à prendre la parole dans les établissements scolaires, à tous les niveaux.

La multinationale Thalès intervient auprès des filles dès l'école primaire. Objectif : "faire rêver" et déclencher des vocations. Munis d'un kit ludique, les ­salariés du géant de l'électronique se rendent dans une trentaine d'écoles pour remettre en cause les idées reçues. Par ailleurs, le groupe a également tissé un réseau de "campus-manager" composé d'anciens des écoles d'ingénieurs. Ces derniers interviennent dans leur ancien établissement. "Il y a au moins une femme qui prend la parole par équipe, affirme Alix de Giacomoni, directeur juridique RH pour Thalès. C'est important de prouver que les métiers techniques ne sont pas réservés aux garçons".

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