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Baptiste Coulmont (sociologue) : "La région parisienne reste très attractive pour les enseignants-chercheurs"

Olivier Monod
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Mobilité des maîtres de conférences et professeurs des universités en 2011 par Baptiste Coulmont
Mobilité des maîtres de conférences et professeurs des universités en 2011 par Baptiste Coulmont

Baptiste Coulmont, sociologue à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et habitué des cartographies sur son blog, s'intéresse aux mutations des enseignants-chercheurs. Avec un schéma qui souligne le poids de l'Ile-de-France dans le milieu de l'enseignement supérieur et la recherche, mais également des logiques locales particulières. Entretien.

Coulmont BaptisteVous avez compilé les mutations inter-académiques des maîtres de conférences et des professeurs des universités sur l’année 2011. Quelles conclusions tirez-vous de ce schéma ?

Premièrement, il apparaît que les académies de la région parisienne restent très attractives pour les enseignants-chercheurs. Les flux les plus importants s'orientent en effet vers Paris, Versailles et Créteil.

Ensuite, les groupes de couleur, identifiés par un algorithme de recherche de communauté dans les réseaux, font ressortir des ensembles d'académies entre lesquelles les mouvements d'enseignants-chercheurs ont été les plus importants.  Cela fait ressortir une région un peu particulière, unissant les académies du Sud-Est (Aix-Marseille, Nice, Montpellier) avec Lyon et Grenoble ; un autre groupe avec les académies de l'Ouest abrite beaucoup d'échanges de personnels.

Attention, il s’agit d’une exploitation des données d’une seule année (2011), dans laquelle je n’ai conservé que les flux de plus d’une personne. Il faudrait faire une étude plus poussée sur plusieurs années pour corroborer ces résultats.

Solde - académies - enseignants-chercheursVous avez également récolté des données sur la période 2004-2011 pour établir le "solde migratoire" des académies. Lille, par exemple, apparaît clairement déficitaire, suivie des académies de Nantes et de Nancy-Metz...

Oui. Il faut noter que, les mutations représentant un chiffre très faible par rapport aux recrutements, cela signifie que ces académies déficitaires sur les mutations font appel à plus de jeunes enseignants-chercheurs. Ce qui peut être positif pour leur potentiel de recherche car les jeunes chercheurs sont au sommet de leurs capacités. Mais handicapant pour l’encadrement des formations où l'expérience est importante.

Pourquoi avoir voulu vous intéresser à ce sujet des mutations, qui reste marginal ?

Je pense qu’elles mettent en lumière une réalité. En se penchant sur un phénomène minoritaire, on peut voir apparaître des comportements d'une communauté. L’attractivité de Paris, la cohérence de certaines régions, le caractère déficitaire de certaines académies. Le vrai niveau de compréhension nécessiterait d'avoir les données de chaque université, mais je n’ai accès qu’à celles des académies.

Vous dites d’ailleurs dans votre article que vous avez eu des difficultés à vous procurer ces données. Pourquoi ?

Il faut tout d'abord dire que le ministère publie d’excellents rapports (pdf) sur ce sujet. Mais il est vrai que j’ai dû recopier à la main les données du rapport, car le fichier source n'est pas accessible. On pourrait imaginer que ces tableaux soient rendus disponibles sur la plateforme d’open data Etalab par exemple...

A lire :
 - La note de blog de Baptiste Coulmont.
 - Le rapport source sur la "Campagne de recrutement et d'affectation des maîtres de conférences et des professeurs des universités" (pdf).

Olivier Monod | Publié le

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Olivier Bouba-Olga.

Lien vers un billet qui invite à la prudence dans l'interprétation des résultats : http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2013/06/08/la-mobilite-des-enseignants-chercheurs-paris-est-elle-attractive/

Aeres.

"Il faudrait faire une étude plus poussée sur plusieurs années pour corroborer ces résultats." Bref, peut mieux faire. Un étudiant de licence qui rend un travail pareil, il lui arrive quoi ?