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Blandine Bastié (Cambridge): "L'APB britannique ne coûte rien à l'État"

Propos recueillis par Sophie de Tarlé
Publié le
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L'université de Cambridge
L'université de Cambridge

APB (Admission-postbac) n'est pas unique en son genre. La Grande-Bretagne possède son système d’inscription dans les universités depuis 20 ans. Responsable régionale de Cambridge English Language Assessment pour le Royaume-Uni et l’Irlande, Blandine Bastié explique à EducPros le fonctionnement de UCAS (Universities and colleges admissions service), alors qu'APB entre dans la phase de réponse aux candidats.

 

Blandine Bastié, directrice régionale de Cambridge English Language AssessmentPouvez-vous nous présenter UCAS ? Quelles sont les différences avec APB ?

 UCAS (Universities and colleges admissions service) est le système d’inscription dans les universités britanniques. Mais contrairement à APB, il n’est pas géré par le gouvernement et ne coûte rien à l’État. Indépendant, il a été créé par un organisme à but non lucratif fondé en 1994 pour gérer les demandes universitaires de façon centralisée. UCAS est financé principalement par les frais d’inscription payés par les étudiants, ainsi que par les honoraires versés par les établissements d'enseignement supérieur, pour chaque étudiant accepté.

Tous les établissements d'enseignement supérieur britanniques sont-ils membres d’UCAS ?

Presque tous. Tout étudiant souhaitant préparer un diplôme d’enseignement supérieur au Royaume-Uni doit passer par UCAS. Sont concernés les étudiants britanniques comme les étudiants étrangers, qu’ils soient membres de l’Union européenne ou non. Les candidats soumettent leurs vœux (cinq établissements maximum) via le site web de UCAS. Ils peuvent faire librement leurs voeux. Seule exception : ils ne peuvent pas postuler à la fois à Oxford et à Cambridge. Les choix demeurent confidentiels pendant tout le processus, et les établissements n’ont pas accès aux autres vœux du candidat. Les demandes doivent être complétées mi-janvier pour une réponse à partir du mois de mars, et jusqu'à fin mai.

Comment les universités choisissent-elles leurs étudiants ?

Les universités regardent le dossier scolaire des candidats.  Comme ils n’ont pas encore eu leurs notes de A-Level (l’équivalent du bac), ce sont les professeurs des lycées qui doivent estimer la note que l’élève a des chances d’obtenir. Le "personal statement"(lettre de motivation) est aussi extrêmement important pour se différencier des autres jeunes et faire ressortir sa personnalité et son caractère. Les britanniques accordent une grande importance aux activités extrascolaires comme le sport, le théâtre, la lecture ou les activités caritatives. La qualité des références (des lettres de professeurs ou de professionnels) aura aussi un impact majeur sur le succès de la candidature.

Les postulants peuvent aussi passer un entretien à l’université, et là aussi, la personnalité compte beaucoup. Ensuite, l’université va subordonner l’admission de l'étudiant à la note que l’élève obtiendra au A-Level. À partir de mars le candidat pourra avoir jusqu’à cinq propositions, mais il devra en accepter deux,  l’une sera "ferme", une autre constituera un choix de secours au cas où il n’aurait pas eu la note exigée au A-level (ou au bac).

Les britanniques  sont-ils satisfaits de ce système ?

Il y a de nombreux points positifs. L’avantage est qu’il s’agit d’une plate-forme unique, avec une seule démarche. Tous les établissements et toutes les formations sont sur le même site. Le point négatif est qu’il n’y a aucun conseil individualisé quant au choix de filières. C’est un outil purement administratif et déshumanisé.


UCAS (Universities and colleges admissions service) en bref

Quatre plates-formes en une : UCAS (Universities and colleges admissions service) undergraduate (entrée en licence), CUKAS performing art (conservatoires de musique, danse, théâtre), UCAS teaching training (master en enseignement), UCAS postgraduate (entrée en masters).
Nombre d’étudiants inscrits : 65o.000 étudiants à travers le Royaume-Uni et dans le monde, dont 4.000 français.
Établissements : 340 établissements d'enseignement supérieur.

Propos recueillis par Sophie de Tarlé | Publié le

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