Claudine Schmidt-Lainé (Grenoble) : "Nous voulons arriver à 30% de bacs techno en IUT à la rentrée 2016"

Erwin Canard
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Le campus GIANT, implanté sur la presqu'île grenobloise. ©GIANT
L'académie de Grenoble se caractérise par des établissements d'enseignement supérieur de très haut niveau. Paradoxe : "la poursuite dans le supérieur des jeunes est relativement faible", souligne la rectrice. // ©  GIANT
Améliorer la poursuite d'études des jeunes. Telle est la priorité de Claudine Schmidt-Lainé pour l'académie de Grenoble, qu'elle a rejoint en septembre 2015 après avoir été à la tête de celle de Rouen de 2013 à 2015.

Claudine Schmidt-Lainé, rectrice de Grenoble.Quelles sont les spécificités de l'académie de Grenoble ?

C'est une académie radicalement différente de celle de Rouen. Elle est beaucoup plus grande, les résultats sont bons, voire très bons, le contexte social est globalement favorisé, la démographie en hausse et la région dynamique. Les indicateurs sont au vert.

La difficulté est de ne pas s'arrêter à cette moyenne : l'académie présente de grandes disparités sociales et scolaires, notamment entre les trois principaux territoires que sont le sud (la Drôme et l'Ardèche) et les deux Savoie.

L'un des paradoxes, c'est que l'enseignement supérieur et la recherche ont atteint un très haut niveau, reconnus internationalement, mais que la poursuite dans le supérieur des jeunes est relativement faible, autour de 67%, en dessous de la moyenne nationale (71,7%).

Quelles sont alors vos pistes de travail ?

Il faut améliorer l'orientation des bacheliers professionnels vers les BTS et l'orientation des bacheliers technologiques vers les IUT, qui est la voie royale pour cette série. Il faut poursuivre dans le sens des seuils qui ont été créés dans l'académie, à partir d'un constat établi en 2013. Cette année-là, il y a eu 23% de bac pro en BTS et 21% de bac techno en DUT. L'objectif est d'arriver à 33% en BTS et 30% en IUT dès la rentrée 2016.

Au niveau des bacs généraux, il faut inciter les jeunes à faire des études longues. Dans l'académie, on ne remplit pas les classes prépas, ce qui est surprenant, alors que l'offre est riche et variée.

Nous devons également davantage "territorialiser" notre travail et améliorer les zones emploi-formation, travailler plus en lien avec la région et le secteur économique. Et renforcer les liens entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur.

Quels sont les liens avec le "super-recteur", ce recteur de région académique ?

Ils existaient déjà ici : les académies de Lyon et de Grenoble travaillaient déjà ensemble car elles sont situées dans la même région institutionnelle. C'est simplement quelque chose de plus formalisé désormais, qui se joue maintenant également avec l'académie de Clermont-Ferrand.

Nos équipes sont en lien au moins une fois par semaine, et nous travaillons sur les compétences partagées au niveau régional et même au-delà. Cela permet en outre une convergence de nos façons de travailler et d'en découvrir de nouvelles.

"Pas d'affaire", selon Claudine Schmidt-Lainé

Fin septembre 2015, "Paris Normandie" indiquait que l'ex-rectrice de Rouen était "visée par une enquête préliminaire portant sur de présumés détournements de fonds publics".
Claudine Schmidt-Lainé répond à EducPros : "Il n'y a pas d'affaire de détournement de fonds, c'est complètement à côté des choses. C'est simplement un terme utilisé par un journaliste à un moment donné. Il y a eu un audit comme dans toutes les chancelleries de France. Je n'ai aucune information là-dessus, je n'ai reçu aucun papier, aucune convocation."
Lire la biographie de Claudine Schmidt-Lainé

Erwin Canard | Publié le