Newsletter

François Cornut-Gentille : "Pour l'X, le statu quo est désormais impossible"

Propos recueillis par Céline Authemayou
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Un élève de l'École polytechnique, lors de la commémoration de l'armistice, le 11 novembre 2013
Un élève de l'École polytechnique, lors de la commémoration de l'armistice, le 11 novembre 2013 // ©  Christophe Guibbaud / pool / REA

Ouverture au recrutement postbac, suppression de la rémunération des élèves... L’économiste Bernard Attali vient de rendre un rapport choc sur l'École polytechnique. François Cornut-Gentille se réjouit de l’initiative. Le député UMP de la Haute-Marne, auteur d’un rapport parlementaire sur l’école en septembre 2014, milite désormais pour une réforme bâtie sur le dialogue.

François Cornut-Gentille, député UMP de la Haute-Marne.Les premières orientations du rapport Attali, qui ont filtré vendredi 5 juin 2015, sont plutôt radicales. Polytechnique doit donc subir une mue en profondeur...

Lorsque j'ai publié mon rapport, en septembre 2014, certains se demandaient encore si un tel travail était utile. Le rapport Attali confirme qu'au sujet de l'École polytechnique, le statu quo est désormais impossible. Le débat ne peut plus se refermer, le travail de réforme devra aller jusqu'au bout.

J'attends d'avoir le détail des propositions pour me prononcer. Mais sur certains points évoqués par vos confrères, comme par exemple la proposition de ne plus rémunérer les élèves et d'instaurer un système de bourse, je trouve la méthode assez bonne. Je suis content d'avoir ouvert certaines pistes de réflexion.

Voilà maintenant plusieurs années que Polytechnique est le sujet de rapports d'études, d'analyses. Ne serait-il pas temps que des décisions concrètes soient prises ?

Aujourd'hui, je demande à la tutelle d'éviter deux choses : l'enlisement et la précipitation. Si je posais des questions, Bernard Attali apporte des réponses intéressantes. Mais il faut prendre le temps de les analyser et d'en discuter. L'erreur, à mon sens, serait de publier très vite un projet de loi. Il faut encore une étape pour affiner, valider les propositions. C'est pourquoi je milite en faveur de l'organisation d'assises autour de Polytechnique, nourries notamment par des débats parlementaires. Jean-Yves le Drian semble privilégier cette voie.

Je milite en faveur de l'organisation d'assises.

Pourquoi, selon vous, l'École polytechnique suscite-t-elle autant d'intérêt et soulève-t-elle tant de questionnements passionnés ?

Il y a tout de même un prestige particulier attaché à l'école. Un prestige historique, qui est aujourd'hui mis à mal car la société française n'est pas très à l'aise avec la question des élites. Ma conviction est que ces dernières ne sont ni bonnes, ni mauvaises, là n'est pas la question. Mais il faut que leur place soit justifiée, que leur rôle soit compris. Aujourd'hui, si cette élite est mise en cause, c'est qu'on ne voit pas bien à quoi elle sert...


Propos recueillis par Céline Authemayou | Publié le

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
Frida.

Grace à l'entropie, il n'y a jamais de statu-quo

Céline Authemayou.

Bonjour @Six, il s'agit bien de Bernard Attali. Cordialement.