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Xavier Rousselle, directeur d’Isart Digital : «Former aux jeux vidéo par le biais de l’alternance, le concept était révolutionnaire»

Propos recueillis par Sophie de Tarlé
Publié le
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X. Rousselle, Isart Digital
X. Rousselle, Isart Digital
Le monde du jeu vidéo est en perpétuelle évolution. Xavier Rousselle, le jeune directeur d’Isart Digital, l’a bien compris. Implantée à Paris, à deux pas de la Bastille, son école spécialisée dans le jeu vidéo a réussi à imposer ses formations en alternance alors que la formule était inédite dans ce secteur. Quatrième volet de notre série « Les entrepreneurs pédagogiques ».

Comment, à 31 ans seulement, avez-vous créé votre école ?

J’ai pu créer en 2001 Isart Digital grâce à la trésorerie dégagée sur mes activités précédentes, des spots publicitaires en particulier, et avec des emprunts auprès des banques. J’ai commencé à m’exercer à l’image de synthèse en autodidacte, parallèlement à une première année de prépa maths sup et à des cours du soir d’histoire de l’art. Cette même année, j’ai gagné le prix Images de synthèses spécial jury au concours organisé par les Beaux-Arts et le ministère de la Culture. Une entreprise m’a immédiatement recruté et j’ai fait le choix d’arrêter mes études pour me lancer dans cette aventure. J’ai commencé par être salarié de deux start-up de création d'images de synthèse, de spots publicitaires et de minijeux vidéo. Puis en 1999, à 29 ans, j’ai créé ma société. Deux ans plus tard, je fondais Isart Digital. Je suis parti du constat que les secteurs du jeu vidéo et du film d’animation 3D ne disposaient pas de suffisamment de personnes formées pour répondre aux attentes des entreprises.

Quelle était la particularité de votre école ?

L’école s’est tout de suite positionnée de manière originale en proposant une formation qui associe un contenu de cours de haut niveau et une insertion en entreprise à travers le contrat de professionnalisation. À l’époque, l’association des deux était révolutionnaire. Cela permettait ainsi d’ouvrir l’école à tous, notamment en termes financiers. L’alternance permet aux jeunes élèves motivés de financer leurs études. Dans le domaine spécifique du jeu vidéo, il faut par ailleurs souligner qu’il n’existait aucune formation. Le secteur était jeune et les professionnels étaient tous des autodidactes. Au vu du développement du secteur et de ses besoins, ce système atteignait ses limites et nécessitait la création de formations spécialisées. Nous sommes arrivés au bon moment ! Ensuite, la qualité du contenu des formations de l’école a été rapidement reconnue par les élèves grâce au bouche-à-oreille, aux forums et par les professionnels chez qui étaient placés nos élèves. Il est difficile de « tricher » dans les métiers artistiques, et la qualité de la formation reçue est au sens propre du terme « visible ». Par ailleurs, la formule d’une formation de haut niveau associée à un contrat de professionnalisation a tout de suite séduit élèves et entreprises.

Quels types de problèmes avez vous rencontrés ?

La première année a été évidemment difficile. En tant qu’établissement privé spécialisé dans des domaines artistiques, il a fallu doublement prouver le sérieux et la qualité de nos formations. Mais le contenu des cours, la motivation et la qualité de nos enseignants et enfin nos contacts avec les entreprises ont vite convaincu. D’ailleurs, les projets de nos étudiants ont tout de suite remporté des prix en jeu vidéo et en film d’animation 3D. Ces prix récompensent la qualité des jeux et des films 3D de nos étudiants. Ils récompensent également et surtout l'investissement de l'école et de ses professeurs.

Justement, comment choisissez-vous l’équipe pédagogique ?

Je suis sans arrêt en train de chercher de nouveaux professeurs et des talents. Pour le recrutement, c'est assez simple : je puise dans mes relations professionnelles qui sont nombreuses. Deux qualités me paraissent essentielles chez un enseignant : qu’il ait une expertise reconnue et une forte envie de transmettre. C'est la garantie d'un enseignement de qualité.

En quoi la manière d'enseigner diffère-t-elle des autres établissements ?

Isart Digital se distingue principalement par sa volonté d’associer une formation spécialisée de haut niveau et une insertion en entreprise réussie. L’école est sans cesse à l’écoute des besoins des entreprises et réagit rapidement aux évolutions des secteurs. Une veille stratégique est réalisée et, tous les ans, les cursus pédagogiques sont revus pour garantir une totale adéquation avec le marché du travail. Enfin, les professeurs sont tous des professionnels dont la réputation est reconnue dans leur domaine d’activité. L’école ouvre également ses élèves aux autres cultures et à des méthodes de travail différentes en favorisant les échanges avec l’international. Ainsi, l’école a noué un partenariat spécifique avec le Japon et en particulier avec NCC (Niigata Computer College), la meilleure école de jeu vidéo japonaise. Et nous avons fait venir régulièrement des professionnels de l’étranger. Ainsi, Jeremy Vickery de la société Pixar (Ratatouille, Cars…) est parrain d’une promotion. C’est un axe fondamental pour que nos élèves puissent s’adapter et évoluer dans le marché mondial du travail. L’école récolte aujourd’hui les fruits de cette politique d’enseignement tournée vers le monde professionnel et vers l’international. Le diplôme de l’école est reconnu par l’État (titre homologué de niveau II), et les projets des élèves ont remporté de nombreux prix : 26 prix en quatre ans !

Isart Digital en bref
École privée spécialisée dans le film d’animation 3D, le jeu vidéo et le Web
• Situation : Paris XIe
• Date de création : 2001
• Nombre élèves : 350
• Nombre de professeurs : 15 salariés + intervenants professionnels extérieurs.


Propos recueillis par Sophie de Tarlé | Publié le

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