Jean-Jack Queyranne (président de la région Rhône-Alpes) : "Nous devons franchir une nouvelle étape en constituant une université Rhône-Alpes"

Franck Dorge
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Jean-Jack Queyrane
Jean-Jack Queyrane
Le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, a rencontré les responsables de l’enseignement supérieur et de la recherche fin mars 2012. A cette occasion, il s’est prononcé en faveur d’une « université Rhône-Alpes ». Jean-Jack Queyranne revient pour EducPros sur ce projet et le rôle que compte jouer sa région.

Vous appelez de vos vœux la création d’une université Rhône-Alpes. L’échec aux IDEX des projets lyonnais et grenoblois a-t-il été l’élément déclencheur ?

Avec 108 projets retenus lors des investissements d’avenir, les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche de Rhône-Alpes ont prouvé leur excellence. Cependant, dans le même temps, l’échec aux IDEX a provoqué un certain désarroi. Les projets étaient scientifiquement bons mais n’ont pas été retenu en raison de la gouvernance choisie pour les porter. J’ai le sentiment que pour progresser sur ce point, nous devons franchir une nouvelle étape en constituant une université Rhône-Alpes.

Pourquoi la région Rhône-Alpes se positionne-t-elle sur cette question ?

Depuis de nombreuses années, nous avons mis en place une stratégie régionale en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. La Région est un partenaire majeur des établissements d'enseignement supérieur qui a contribué à hauteur de 930 millions d’euros à l’enseignement supérieur et à la recherche entre 2004 et 2012 en Rhône-Alpes. A ce titre, elle peut jouer un rôle de coordination entre les différents acteurs.

Pensez-vous que la communauté universitaire soit prête à la constitution d’une université Rhône-Alpes ?

"Il n’est pas question d’inciter les établissements à fusionner mais de réfléchir à une instance de coordination entre les PRES de Lyon et Grenoble"

Les communautés universitaires - de Lyon-Saint-Etienne d’une part et de Grenoble-Alpes d’autre part - n’étaient pas prêtes il y a trois ou quatre ans à envisager un tel projet. Cependant, des étapes ont été franchies. Nous partageons une communauté de destin qui doit nous pousser à dépasser les antagonismes pour partager une bannière commune. Il n’est pas question d’inciter les établissements à fusionner mais il s'agit de réfléchir à une instance de coordination entre les PRES de Lyon et de Grenoble.

Concrètement, quel  serait l’intérêt d’une telle instance  entre les PRES lyonnais et grenoblois ?

Cette université Rhône-Alpes pourrait permettre de développer les complémentarités en matière de recherche (biotechs de Lyon et nanotechs de Grenoble) et de formation des établissements rhône-alpins, d’accroître leurs relations avec le monde économique  (PME et grands industriels) mais également leur visibilité internationale avec 250 000 étudiants 47 000 enseignant-chercheurs, chercheurs, 600 laboratoires publics nous représentons un ensemble cohérent et dynamique.

Enfin, cela favorisera les démarches pluridisciplinaires où les sciences humaines peuvent avoir toute leur place. En ce sens, l’un des premiers projets de l’université Rhône-Alpes pourrait-être l’organisation en décembre 2012 d’Assises Internationales des sciences humaines et sociales.

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