Newsletter

Michel Glize, directeur de Lisaa : « Les usines ferment partout : si nous voulons faire la différence, nous devons miser sur notre créativité »

Propos recueillis par Sophie de Tarlé
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Fondateur de L’Atelier de Sèvres à Paris, puis de LISAA , Michel Glize a su développer ses écoles en région (Paris, Rennes, Nantes, Strasbourg) et bientôt à l’étranger sur un marché porteur. Son secret de fabrication : un enseignement tourné vers les nouvelles technologies, une équipe pédagogique stable et une attention particulière portée aux étudiants. Nouveau volet de notre série « Les Entrepreneurs pédagogiques ».

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer une école d’art ?
Durant mes études, j’ai été énormément influencé par Otelleo Zavaroni, mon patron d’atelier aux Beaux-arts de Paris, où je faisais mes études d’architecture. C’était un professeur extraordinaire, qui m’a donné envie de rendre ce que j’avais reçu. J’ai ensuite poursuivi mes études en urbanisme, à l’école nationale des Ponts-et-Chaussées. A la sortie j’ai été nommé architecte conseil de la DDE (direction départementale de l’équipement) de La Rochelle et en parallèle j’ai ouvert une agence d’architectes à Paris. En même temps, j’ai créé à 32 ans en 1979, les Ateliers de Sèvres à Paris. L’idée était de créer un atelier préparatoire pour des étudiants qui souhaitaient préparer les concours des grandes écoles d’art. Fort de ce premier succès, j’ai créé LISAA en 1995 en proposant une formation en design d’espace et en design de mode.

Quelle est la spécificité de votre école ?
Notre structure s’est développée en s’appuyant, année après année, sur la qualité de nos enseignements et sur le suivi de nos étudiants dans le milieu professionnel. Aujourd’hui nous proposons des formations dans les quatre domaines des arts appliqués : mode, architecture intérieure, design d’environnement, graphisme web design et animation 2D-3D jeux vidéo.  Tous les ans, nous recevons 800 propositions de collaborations professionnelles (stages, emplois).

Comment expliquez-vous l’engouement actuel des jeunes pour les écoles d’art ?
Il y a eu un engouement pour les écoles d’art ces dernières années. Il y a trente ans,  il n’y avait que quatre écoles d’arts appliqués à Paris. Les études d’art étaient des études plus confidentielles. Et puis, ces cursus ont attiré chaque année de plus en plus de jeunes. On le voit bien quand on vient au salon des formations artistiques ! Je pense que cela correspond à une évolution de la société. La France fabrique de moins en moins, les usines ferment partout. Si nous voulons faire la différence, nous devons miser sur notre créativité.  


Lisaa s’est développé rapidement, quelle a été votre stratégie ?
Notre défi c’est de garder la confiance des étudiants et des familles chaque année, en offrant des prestations de qualité, avec un enseignement aux métiers artistiques modernes, qui a marqué notre positionnement dès le départ. Cela exige que les enseignants réactualisent sans cesse le programme. Nous avons aussi un parc informatique à la pointe et des contacts avec des professionnels. L’étudiant est par ailleurs au cœur de nos préoccupations. Cela passe en particulier par des locaux agréables, un accueil de qualité, et des écoles à taille humaine, qui ne dépassent jamais les 350 étudiants. Enfin, même si je me suis parfois trompé, j’ai misé sur une équipe de qualité, stable. La plupart d’entre eux comme la directrice du département mode par exemple, sont là depuis la création. Le recrutement d’un bon professeur, c’est un mariage entre le projet de la personne et le projet de l’école. Je regarde leur formation d’origine bien sûr, mais c’est surtout une rencontre.
 

Quels sont vos projets pour LISAA ?
Aujourd’hui LISAA est en négociation avec plusieurs pays : Chine, Inde, Chili, Pays du Golfe… Nos interlocuteurs souhaitent mettre en place les méthodes créatives de LISAA. Notre objectif est donc de développer l’esprit français « The French Touch » à travers un réseau d’écoles LISAA à l’étranger.
 

Lisaa en bref
Date de création : 1995
Sites : Paris, Rennes, Nantes, Strasbourg
Nombre d’étudiants : 2000
Nombre de professeurs : 200
Ecole reconnue par le ministère de la culture et de la communication


Propos recueillis par Sophie de Tarlé | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires