Newsletter

Patrick Baranger (président de la CDIUFM) : "Nous avons le sentiment que les vocations sont moins nombreuses que les années précédentes"

Propos recueillis par Céline Manceau
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Patrick Baranger (président de la CDIUFM) : "Nous avons le sentiment que les vocations sont moins nombreuses que les années précédentes"
"Confusion et incohérence"... sont aujourd'hui les termes de la CDIUFM (Conférence des directeurs des instituts universitaires de formation des maîtres) pour évoquer la masterisation. La réforme a été repoussée d'un an, mais la situation n'est pas pour autant plus claire entre le statu quo annoncé pour la rentrée prochaine et les négociations en cours entre les syndicats et Xavier Darcos. Les directeurs d'IUFM déplorent depuis plusieurs mois l'absence de débat public sur la formation des enseignants. Leur Conférence, présidée par Patrick Baranger, a donc pris l'initiative d'organiser, à la mi-mai 2009, des états généraux sur ce sujet, comme l'explique ce dernier.

Que reste-t-il aujourd'hui de la masterisation ?

Concrètement rien ! Beaucoup d'annonces ont été faites, mais aucun texte officiel n'a été publié. À l'exception d'une note de service de la DGES (Direction générale de l'enseignement supérieur) sur les nouvelles maquettes de master, en septembre 2008. Ce qui fait foi et loi pour la CDIUFM, c'est la lettre de Xavier Darcos à la FSU qui repousse la réforme d'une année et propose, en attendant, un statu quo. Nous demandons qu'il s'applique à 100 % et que, pour les étudiants, rien ne change en 2009-2010, mais, dans le même temps, des propositions nouvelles affluent tous les jours.

Parmi les différentes annonces, quelles mesures sont acquises ?

La réforme n'est pas remise en cause mais reportée. La suppression de l'année postconcours en IUFM semble donc acquise. Le fait que les enseignants ne travaillent pas à plein temps l'année qui suit l'obtention du M2 ferait aussi consensus. Ils passeraient un tiers de leur temps en formation continue et seraient suivis par un tuteur. Sur les postes offerts aux concours, le gouvernement a également pris l'engagement qu'ils seraient, en 2010, au moins égaux à ceux de 2009, mais quel sera l'impact de cette mesure en 2011 si les lauréats de la session 2010 conservent le bénéfice de leur concours pendant un an, comme le prévoit la lettre du ministre ?

Qu'attendez-vous des négociations à venir ?

Le gros morceau, ce sont les deux années de master. Il reste aussi à déterminer les épreuves des concours. Pour l'instant, seules les instances se sont exprimées (CDIUFM, CPU, UFR, associations de spécialistes, syndicats...). C'est pourquoi la CDIUFM a pris la décision d'organiser des "états généraux de la formation des enseignants", courant mai, afin d'ouvrir, sur cette question, le débat public qui n'a jamais eu lieu. D'aucuns diront qu'il est peut-être un peu tard, mais ce sera toujours mieux que rien.

Cette année de confusion a-t-elle des conséquences sur les candidatures aux concours de l'enseignement ?

Nous avons le sentiment que les vocations sont moins nombreuses que les années précédentes, mais est-ce que les étudiants diffèrent leur inscription ou ont-ils opté pour un plan B ? Je les entends dire que c'est compliqué pour eux et beaucoup se demandent s'il ne faut pas attendre un an de plus. Pour autant, même si rien ne change cette année, il faudra quand même régler le sort des étudiants inscrits en M1 qui passeront un concours en 2010. Tous les cas de figure ne sont pas résolus aujourd'hui.

Et comment la CDIUFM s'en sort-elle ?

La mort annoncée des IUFM n'a pas eu lieu, contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là. Mais cette année laissera des traces dans les universités, alors que l'heure a toujours été au dialogue avec l'appui de la CPU. La méthode employée est laminante. Les informations sont communiquées par strates successives, avec des fuites organisées. Finalement, vous n'avez plus aucune certitude et finissez même par vous demander si vous ne prenez pas vos désirs pour des réalités. Intellectuellement, c'est épuisant et très peu enrichissant.


Propos recueillis par Céline Manceau | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires