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Pierre-Louis Dubois (délégué général de la Fnege) : "L’évaluation des formations et des enseignants en sciences de gestion ne doit pas tomber dans l'académisme"

Propos recueillis par Fabienne Guimont
Publié le
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Pierre-Louis Dubois (délégué général de la Fnege) : "L’évaluation des formations et des enseignants en sciences de gestion ne doit pas tomber dans l'académisme"
La FNEGE (Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises) a renouvelé son équipe de direction en 2008. Michel Bon en est devenu le président, avec pour conseiller, Jean-Pierre Boisivon. Pierre-Louis Dubois a succédé à Jean-Claude Cuzzi comme délégué général. Pour Educpros.fr, ce professeur à Paris 2 et à l’ESCP-EAP, spécialiste du marketing, détaille la stratégie que cette fondation d’utilité publique veut développer au moment où elle vient de fêter ses 40 ans.

Après 40 ans de fonctionnement, comment veut évoluer la Fnege qui se définit comme la « maison commune des formations en gestion et en management » ?

La fondation a été créée initialement pour développer un corps professoral et la recherche en gestion des entreprises en France dans les années 1970, en envoyant des jeunes enseignants aux Etats-Unis pour se perfectionner dans le domaine du management et préparer leur doctorat. Il n’y avait quasiment pas à l’époque de corps enseignant permanent en gestion en France. Dans les années 80, la FNEGE a créé des programmes de soutien aux jeunes chercheurs, tels que le CEFAG, centre de formation à la gestion, destiné aux doctorants, a développé des programmes de Master et MBA à l’étranger en liaison avec les institutions d’enseignements universitaires ou consulaires et a aussi proposé des tests d’évaluation d’aptitude à la gestion, tels que le TAGE-MAGE.

Aujourd’hui, la Fnege se fixe trois axes de travail : participer activement à l’évolution de la communauté scientifique en science de gestion, promouvoir la connaissance de l’entreprise auprès de tous les publics et contribuer à accentuer le rôle de la communauté française en science de gestion dans les institutions scientifiques internationales (EQUIS-EFMD , AACSB , EIASM) .

Comment comptez-vous faire évoluer l’évaluation des enseignants-chercheurs en sciences de gestion ?

Avec l’internationalisation et les normes Equis et AACSB, l’enjeu est clairement l’évaluation des formations et des enseignants en sciences de gestion. Les enseignants-chercheurs en gestion se doivent de publier dans les revues référencées, ce qui est la norme internationale, mais ils ne doivent pas pour autant tomber dans l’académisme et se couper du monde de l’entreprise. Une réflexion s’impose sur l’identité et les modes d’évaluation des enseignants-chercheurs en gestion comme elle a été conduite dans le domaine des sciences de l’ingénieur.

Un groupe de travail a été mis en place par la Fnege sur ce thème sous l’autorité du Professeur Bernard Pras, de l’Université Paris Dauphine. Il présentera ses propositions dans six mois après de nombreuses auditions. Des questions telles que l’importance du livre, les participations aux conférences internationales, la prise en considération de la pédagogie et la participation aux activités collectives et administratives dans l’évaluation des enseignants-chercheurs seront posées. Ce groupe de travail présentera ses premiers résultats aux directeurs des institutions universitaires, consulaires et privées avant de publier un document indiquant les grandes orientations et en faisant des propositions dans ce domaine, tenant compte des diverses facettes du métier.

Par quels moyens voulez-vous promouvoir la connaissance de l’entreprise auprès du grand public ?

Avec le Cercle de l’entreprise et du management, créé il y a bientôt deux ans et qui réunit 25 professeurs des Universités et des Grandes Ecoles ayant ou ayant tous eu en charge des responsabilités d’Institutions ou de directions de programmes nous avons un but commun qui est de faire connaître le rôle fondamental de l'entreprise dans la société. Un test de connaissance de l’entreprise a été proposé par la FNEGE et le Cercle de l’entreprise et a fait l’objet d’un sondage LH 2 sur une population de 1000 personnes, représentative des Français. Les résultats montrent clairement la nécessité d’un effort important d’information et de formation. Ce test a été passé depuis par plus de 17 000 personnes !

Les sciences de gestion sont des sciences de l’action et de la décision.  Elles concernent toutes les organisations et l’entreprise en particulier. L’enjeu est  aussi de former plus d’enseignants-chercheurs à la recherche en gestion car les besoins sont très importants. Peu de personnes ont vraiment pris conscience du véritable nombre d’étudiants suivant des études supérieures en gestion ! Il importe que ces étudiants puissent avoir des liens étroits avec les entreprises et trouvent devant eux des enseignants-chercheurs bien formés, possédant une aptitude à comprendre et à faire évoluer les savoirs. Cela passe par l’aide à la recherche. Un projet de la Fnege est de contribuer au développement du doctorat en apprentissage.


Propos recueillis par Fabienne Guimont | Publié le

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