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Affaire Fernando-Pessoa : Toulon et Béziers condamnés à fermer

Virginie Bertereau
Publié le
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Le Clesi, lié à l'origine à l'université portugaise privée Fernando-Pessoa, doit fermer. Ainsi en a décidé le tribunal de grande instance de Toulon. Mais la bataille juridique qui oppose depuis deux ans ce centre de Toulon et de Béziers aux syndicats d'étudiants et de professionnels de santé va continuer : l'établissement va faire appel. En jeu : le respect du numerus clausus dans les formations de santé françaises.

La justice a tranché : le Clesi (Centre libre d'enseignement supérieur international) a été condamné à la fermeture par le tribunal de grande instance de Toulon, le 18 septembre 2014. S'il ne cesse pas son activité, l'établissement sera contraint de verser 100 euros par jour de retard dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement par le greffe. Geneviève Fioraso, la secrétaire d'Etat en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, "a salué cette décision du tribunal" dans un communiqué daté du 30 septembre.

Une mutation juridique Incriminée

Grâce à une convention signée avec l'université portugaise privée Fernando-Pessoa, le Clesi proposait depuis 2012 à Toulon et depuis 2013 à Beziers des formations payantes en santé (pharmacie, odontologie, orthophonie, kinésithérapie) qui permettaient de contourner les numerus clausus. Mais, en mai 2014, la faculté portugaise a tourné le dos à l'établissement et rompu la convention... Celle-ci court toutefois jusqu'en 2017.

À ce jour, le Clesi n'a pas signé de nouvelle convention avec une autre université étrangère. Et n'est pas agréé par l'Etat français. "Le TGI a jugé que, en changeant de nom notamment, nous avions fait une mutation juridique, nous avions créé une entité juridique nouvelle non autorisée", rétorque Bruno Ravaz, le président de l'établissement. En réalité, le nom a changé, mais également l'objet social, les statuts et les dirigeants.

300 étudiants en attente

Après une longue bataille de deux ans devant les tribunaux, l'UJCD (Union des jeunes chirurgiens-dentistes), un syndicat professionnel  à l'origine de la requête, a donc marqué un point. Mais Bruno Ravaz ne s'avoue pas vaincu et va faire appel. "Je pense qu'on veut atteindre la confiance des étudiants. Pour le moment, les parents comprennent la situation", a indiqué le président juste avant d'entrer en réunion avec des familles. Que vont devenir les étudiants ? En septembre 2014, plus de 300 élèves ont fait leur rentrée à La Garde (près de Toulon) et à Béziers.


Virginie Bertereau | Publié le

Vos commentaires (5)

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Elsa.

les concours d'entrée en médecine en France est ultra sélectif et les étudiant sont classé au centième voir au millième de points .. beaucoup se ruinent dans des prépas privées en parallèle de leur PACES pour finir leur année avec 14 voir 15 de moyenne sans obtenir de place en 2eme année, et ce parfois deux ans d'affiler le CLESI permettait de proposer une formation sans ce concours bien trop sélectif faisant parfois intervenir la chance, je ne vois pas en quoi le diplôme y est "acheté", le cout sert a financer le salaire des professeurs et les locaux étant donné qu'il s'agit d'une enceinte NON LUCRATIVE, de plus, le diplôme n'est acquis que si le niveau est suffisant, payer ne suffit pas (de plus l'admission se fait sur dossier)

Edwige.

Le système de formation en règle générale a toujours été flou, il peu passer d'une méthode pédagogique conciliante à une méthode strictement académique. Les étudiants ne savent plus à quel Saint se vouer. Il n'existe des rapports que si l'on rentre dans les statistiques, pour d'autres, celles-ci seront jugées inopportunes. Le cas de Clési, il en existe certainement beaucoup d'autres mais qui jusqu'à présent passaient hors des champs de contrôle, là où justement dans certains cas les intermédiaires se confondent en compromis parfois douteux jusqu'à compromettre un équilibre social et économique. Heureusement, les lois se durcissent et nous font entrevoir un peu plus de clartés dans la définition des priorités favorables au bon fonctionnement des formations qui devront se définir par un emploi durable et garante d'une cohésion sociale.

Edwige.

Excusez-moi pour les fautes !...

dominique.

bravo le clési école pas plus chére que les autres quand on voit toutes les prépas 3000 euros l'année et souvent pas le meme programme plus les concours 150 euros par concours entre 6000 et 4000 éléves pour 30 à 60 places voir l'argent que se font les écoles sur notre dos de plus les écoles prennent les éléves qui ont fait leur prépa chez eux une honte je comprends les étudiants français qui fuient la France qui de plus a imposé un tirage au sort à la Belgique ou est l'Europe une honte alors bravo le clesi de tout cœur avec eux !!!!!!!!!!!

BEL AIR.

Le débat est lancé, et il a le mérite d'exister, et à la lecture de ces trois ou quatre messages, il s'avere que l'on peut tout dire et son contraire. Le clési n'était pas plus cher qu'une autre école du même type, les formations n'était pas plus galvaudées que dans certaines universités ou écoles avec grand fronton sur rue, les professionnels enseignants ne sont pas plus nuls que certains qui officient dans les mêmes écoles et qui souvent y viennent pour gagner un supplément.... Je pourrais lancer encore quelques exemples, mais j'arrête. Un petit supplément encore pour dire pourquoi je me permets d'être tolérant avec ce type de dispositif : je suis chef d'établissement public d'enseignement, ancien universitaire, parent d'étudiant de praticiens ayant suivi des études parallèles dans différents cursus, et connaissant particulièrement le clési et pessoa.

Anti mensonge.

De qui se moque t'on ? Les médias n'arrêtent pas de parler de la suppression du numérus clausus. Quelle hypocrisie... Certains préfèrent sans doute que les étudiants aillent se former à l'étranger pour revenir exercer en France... Les petits privilèges vont être perdus et cela ne plait pas à ces médecins, dentistes, kinés qui ont eu leur diplome parce qu'ils ont eu de la chance. Cette école permet à des jeunes n'ayant pas réussi l'extermination du concours PACES de pouvoir exercer le métier dont ils rêvent. C'est trop leur accorder. Et ce n'est pas une question d'argent. Combien coûte une bonne école de commerce, une bonne école d'ingénieur. La santé doit être en dehors du système ? pourquoi ?

Anti menteurs.

Cette université proposait des programmes incomplets. N'importe qui pouvait y entrer, il suffisait de payer (cher). Est-il vraiment pertinent de proposer à ceux qui en ont les moyens d'acheter un diplôme puis de soigner des gens, sans les compétences nécessaires? La santé doit rester une affaire sérieuse et les praticiens doivent être correctement formés, il ne suffit pas de sortir le portefeuille pour se proclamer medecin.

Marie.

On ne peut en aucun cas apporter une formation au rabais à des étudiants qui n'ont pas eu les capacités de réussir les examens d'aptitudes en dépit de leur motivation. L'école du Clesi était une aberration, elle profitait de la faiblesse des étudiants qui avaient échoué et qui étaient prêts à tout pour atteindre leur rêve. Cependant les formations proposées étaient bien loin de celles dispensées par les facultés et elles menaient donc tous ces étudiants vers un faux diplôme, sans aucune valeur dans le monde professionnel. Il faudrait certes peut-être revoir le système des concours dans les études médicales et paramédicales mais c'est un autre débat. Une étudiante en Orthophonie

chance?.

Depuis quand reçoit-on un diplôme par chance ? La réussite est résultat de nombreuses heures de travail, ils ont bien mérité leur diplôme et leurs revendications sont justifiés! Les professions de santé nne sont pas des professions comme les autres, elles nous concernent tous autant que nous sommes, les erreurs médicales arrivent si vite, manquerait plus que des praticiens sous-formés s'installent dans notre pays.

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